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Dossiers > Origine du vin - Nectar des Dieux

Les Origines du vin

Origine et histoire du vin
Dossier r�alis� par le Mus�e des Tumulus de Bougon
� l'occasion de l'exposition Le vin, nectar des Dieux


Aux origines du vin
Apparu il y a huit mille ans dans le berceau fertile du Proche-Orient, le vin a travers� les plus grandes civilisations de l'Antiquit� : m�sopotamienne, �gyptienne, grecque, �trusque, romaine, celte...
Des premi�res villes n�olithiques � la chute de l'Empire romain, de No� � Dionysos, il incarne LA civilisation donn�e aux Hommes. La culture du vin s'est propag�e sur des milliers de kilom�tres, jusqu'aux c�tes de l'Atlantique et de l'Oc�an Indien. Le vin a inspir� de tr�s grands chefs-d'oeuvre. Son histoire est celle des peuples de l'Antiquit�. Elle t�moigne des �changes culturels, des voies commerciales, des progr�s technologiques et sociaux.

Sur hominid�s
Exposition Le vin Nectar des dieux

G�nie des hommes
Les premiers chapitres de l'Histoire du vin se sont d�roul�s au Proche-Orient, berceau de l'agriculture et de l'�criture. Les textes mentionnent tr�s t�t son existence : ainsi dans l'Ancien Testament, No� en r�gale d�j� les ouvriers charg�s de construire l'Arche.
Dot� d'un plus fort taux d'alcool, le vin se conserve mieux que la bi�re, issue de la fermentation des c�r�ales : froment, orge, bl�, seigle ou encore avoine.
Selon l'agronome romain Columelle, on agr�mentait le raisin d'ingr�dients divers tels que du mo�t, du sel, du gypse, du marbre, des aromates, de la r�sine ou de la poix.
Le vin des Anciens surprendrait le palais d'un amateur du XXIe si�cle !

Le premier vin de l'Humanit�
" L'invention " du vin est sans doute due au hasard. Il est produit � partir du fruit de la vitis vinifera, dont le jus fermente naturellement.
Son histoire commence au N�olithique. La vigne sauvage est alors domestiqu�e et des solutions trouv�es pour limiter la fermentation du raisin.
La pr�sence de r�sine de t�r�binthe, identifi�e dans des c�ramiques d�couvertes en Iran, a permis d'authentifier les premiers vins. En effet, cet agent conservateur qui parfume le vin, l'emp�che surtout de tourner en vinaigre.
Il y a 8000 ans, les hommes produisaient, stockaient, consommaient et �changeaient d�j� du vin dans les r�gions montagneuses du Moyen-Orient.

Plaisir des vivants
Son go�t incomparable et l'ivresse qu'il procure font du vin le symbole des plaisirs terrestres ou c�lestes : au banquet, � la table des Rois et des Dieux, bonne ch�re rime avec volupt� de la chair.
Tr�s t�t, les exc�s qu'il engendre obligent � r�glementer sa consommation : selon les lieux et les �poques, le vin est bu pur ou m�l� d'eau, en commun ou en solitaire, r�serv� � une poign�e de privil�gi�s ou interdit aux femmes.
Dans l'Antiquit�, le bon usage du vin distingue les cultures " civilis�es " des peuples " barbares " : Perses, Thraces ou Celtes, incapables de juguler leur soif tels les satyres de la mythologie grecque.
Coupe attique
Coupe attique, Gr�ce, VIe si�cle av. J.-C.,
Mus�e Vivenel, Compi�gne

Coupe en argent, Egypte
Coupe en argent, Egypte, Ve si�cle av. J.-C.,
Mus�e des Beaux-Arts, Agen

Instrument de pouvoir
Le vin ressemble au sang, liquide vital qui symbolise les liens d'h�r�dit� et d'alliance. A ce titre, il est le privil�ge des divinit�s et des puissants. Boire, partager le "sang de la terre ", permet de s'approprier une part de l'immortalit�. D'Osiris au Christ, en passant par Dionysos, le vin est l'embl�me des Dieux qui renaissent.
Offert en libation ou gracieusement dispens� lors des festins, il est l'instrument du pouvoir.
Le souverain et les �lites se distinguent par la possession de somptueux services � boire, exhib�s de leur vivant lors de banquets et emport�s dans le secret de leur tombe.
Nectar des Dieux
Donner � boire aux Dieux et aux morts est un devoir pour tous les hommes, riches ou pauvres. Pour �tancher leur soif, le vin coule � flots dans les temples et les n�cropoles.
Tout repas, tout sacrifice s'accompagne de libations de vin. Le geste consiste � " sacrifier " une part du liquide avant de le consommer. Soit il est d�vers� dans la terre, pour abreuver les divinit�s souterraines
qui favorisent la fertilit� du sol, soit il est br�l� sur l'autel, pour acc�l�rer sa mont�e vers l'Olympe. Dans les deux cas, la libation s'effectue � l'aide d'une coupe h�misph�rique (phiale) orn�e d'un ombilic central symbolisant l'origine du monde.
Situle �trusque utilis�e pour les
libations aux Dieux,
Bronze, Ve si�cle av. J.-C.,
Mus�e des Antiques, Toulouse
Situle �trusque


De l'Orient � l'Occident

L'EGYPTE
Le vin des Pharaons
Une fois domestiqu�e, la vigne peut quitter son milieu naturel et le vin, conqu�rir de nouveaux territoires (et de nouveaux adeptes). Partie du nord du Croissant Fertile, la viticulture se d�veloppe vers le sud
jusqu'en Egypte.
Pour les Egyptiens, le vin est d'abord un produit d'importation r�serv� aux souverains et � leurs proches : les premiers pharaons en emportent dans l'au-del�, mais les ouvriers des pyramides boivent de la bi�re.
Progressivement, le vin est produit sur place entra�nant une d�mocratisation de sa consommation. Il ne devient pas pour autant la boisson nationale. Il est plut�t celle des envahisseurs : Hyksos, Grecs ou Romains qui importent m�me le vin �gyptien.
A partir de la M�sopotamie et de l'Egypte, la viticulture se diffuse dans les �les de L'Eg�e : Cr�te, Chypre, Asie Mineure.

LA GRÈCE
Le vin des Grecs
En Gr�ce, la culture de la vigne est synonyme de Culture, celle des hommes " civilis�s " qui savent exploiter la terre et cultiver ses fruits avec la b�n�diction des Dieux. Comme l'olivier ou le bl�, la vigne est un cadeau divin qui d�signe un peuple �lu, charg� d'une mission civilisatrice.
Le vin est omnipr�sent dans la litt�rature. Il inspire de nombreux mythes anim�s par Dionysos et son cort�ge (compos� de Pan, de Sil�ne, de nymphes, de m�nades, de satyres et de centaures).
Les grands crus grecs sont r�put�s tout autour de la M�diterran�e. Source de plaisirs, le vin est aussi un poison mortel qu'il convient de doser, de diluer en le m�langeant � de l'eau. Le r�cipient utilis� � cet effet, le crat�re, grand vase � deux anses, est l'embl�me de la culture du vin en Gr�ce.

Dionysos
N� de la cuisse de Zeus uni � S�m�l�, Dionysos apporte le vin aux peuples qui ne le connaissent pas encore. Il parcourt la M�diterran�e avec son joyeux cort�ge de satyres et de m�nades au son d' “�voh�”, “� boire” !
De tous les Dieux de l'Olympe, Dionysos est le plus proche des hommes et de leurs d�fauts ! Du vin, il incarne � la fois les plaisirs et les exc�s : � l'image du buveur, il peut se montrer violent, difficile � ma�triser. La vengeance qu'il r�serve � ceux qui l'ont offens� est terrible. Pour l'avoir rejet�, le roi Lycurgue p�rit �touff� par la vigne. Les orgies qu'il pr�side entra�nent des d�rives sanguinaires : Orph�e et le roi Penth�e, qui refusaient de reconna�tre sa supr�matie, furent mis en pi�ces par des m�nades.
Amphore � col avec cort�ge dionysiaque,
Gr�ce, C�ramique attique, VIe si�cle av. J.-C.,
Mus�e Vivenel, Compi�gne
Amphore Dyonisos

Du bon usage du vin
Chez les Grecs, qui le placent � l'origine de leur civilisation, le vin est aussi per�u comme un danger. L'ivresse s'attaque aux principes fondateurs de la cit� : la loi, l'ordre et la mod�ration qui permettent aux citoyens de vivre en d�mocratie. Sa consommation est r�glement�e. Sur la voie publique, elle n'est tol�r�e que dans des occasions particuli�res, comme dans les Dionysies, processions annuelles d�di�es
au Dieu du vin.
En priv�, le vin est bu au symposium, la " f�te du boire ensemble " qui r�unit les buveurs apr�s les repas. Il se d�roule selon des r�gles pr�cises, destin�es � contr�ler les effets de l'ivresse.

Le symposium
D'abord r�serv� � l'aristocratie, ce passe-temps r�solument bourgeois et masculin se pratique couch� sur des liti�res (klin�s), rang�es le long des parois d'une pi�ce.
L'�galit� entre les convives est symbolis�e par un grand vase (crat�re, lebes, stamnos) qui tr�ne au centre de la f�te. On y m�lange le vin et l'eau dans des proportions fix�es d'un commun accord entre les convives. Puis� � l'aide de louches (simpulum), le breuvage est servi � parts �gales dans des vases � boire de diff�rentes formes (skyphos, canthare, kylix, phiale, rhyton).
Somptueux services � boire, mobiliers et �toffes de prix, peintures murales, essences parfum�es, dialogues philosophiques, jeux de soci�t�s et prostitu�es contribuent ensemble aux jeux du corps, des yeux et de l'esprit.
Rhyton � t�te de b�lier
Rhyton � t�te de b�lier
ou corne � boire grecque,
C�ramique, IVe si�cle av. J.-C.,
Mus�e des Antiques, Toulouse

L'ITALIE
Le vin des autres
Si les Grecs n'ont pas invent� le vin, ils ont �t� les principaux artisans de sa diffusion en M�diterran�e : en Thrace, en Italie du Sud, en Etrurie ou en Gaule celtique. D�s le VIIe si�cle avant notre �re, amphores de vin, services � boire en m�tal, vases peints et monnaies circulent dans toute l'Europe.
A partir des comptoirs fond�s par les colons grecs, ils p�n�trent dans l'arri�re pays. Bien avant de produire du vin, les peuples l'importent � grand frais et adoptent les rites du symposium.

Dionysos en Occident
Pendant des mill�naires, la culture du vin est rest�e limit�e � la moiti� orientale du bassin m�diterran�en. Au VIIIe si�cle av. J.-C., elle s'implante en Occident avec la fondation des premi�res colonies grecques en Italie du Sud. Les premiers crus italiens voient le jour d�s 700 avant notre �re, en Calabre,
en Sicile et en Campanie. Ils sont consomm�s dans des vases import�s de Corinthe ou d'Ath�nes ou de plus en plus souvent, fabriqu�s localement � la mode grecque. Ces ateliers produisent �galement de grands vases en bronze utilis�s pour le service du vin au banquet.
Certains crat�res monumentaux s'exportent jusqu'en lointaine Gaule celtique...

Le vin des Etrusques
Voisins des Grecs d'Italie du Sud, la soci�t� �trusque adopte un style de vie semblable � celui du monde hell�nique. Elle lui emprunte le go�t du vin et des banquets.
Les Etrusques d�veloppent leur propre vignoble, dont le produit est export� par bateaux vers la Gaule et l'Espagne dans de petites amphores en forme de toupie.
Les fastes de leurs banquets n'ont rien � envier au symposium grec dont ils s'inspirent largement. M�me s'il s'agit toujours d'un luxe r�serv� � la classe aristocratique, la principale diff�rence r�side dans le r�le des femmes au banquet. Cellesci sont d�sormais convi�es aux agapes en qualit� d'�pouses et de ma�tresses de maison.

Amphore Fos
L'amphore
L'amphore est l'emballage perdu de l'Antiquit�. Elle appara�t au VIIIe si�cle av. J.-C. en M�diterran�e orientale pour transporter le vin sur de longues distances. Pour cela, elle est int�rieurement enduite de r�sine ou de poix (utiles autant pour �viter que le vin ne tourne que pour assurer l'�tanch�it�), ferm�e par un bouchon de li�ge et scell�e par du mortier de chaux.
La forme des amphores, diff�rente et caract�ristique selon les r�gions et les �poques, est un pr�cieux indicateur chronologique et commercial. De la m�me fa�on que l'on distingue aujourd'hui un vin de Bordeaux d'un Bourgogne, une amphore de l'Italie tyrrh�nienne est reconnaissable tout comme celle de l'Italie adriatique.
Amphore � vin de type dressel,
Port antique de Fos
Forme d�riv�e des amphores rhodiennes

Commerce international
H�ritiers des Grecs et des Etrusques, les Romains poursuivent l'expansion des vignobles d'Italie. Au IIIe si�cle avant notre �re, la c�te tyrrh�nienne - Campanie, Latium, Etrurie - se couvre de grands domaines viticoles.
Ce vin italien est principalement destin� � l'exportation. Son commerce est favoris� par la domination politique et militaire de Rome sur la M�diterran�e, � partir de la fin du IIIe si�cle.
Il voyage sur des navires qui sillonnent les c�tes et remontent les fleuves de la Gaule. Certains de ces navires peuvent transporter jusqu'� dix mille amphores de 25 litres. Le vin est consomm� d'un point � l'autre du monde, connu � l'�poque des c�tes de l'Inde � celles de la Manche.

Commerce du vin sous l'�poque romaine III�me siecle
Commerce du vin

Argenterie et grands crus
Les auteurs latins nous renseignent sur la hi�rarchie des crus : du vinaigre consomm� par la pl�be aux grands vins mill�sim�s, d�gust�s par les patriciens dans leurs riches demeures.
Un vin de Falerme, mis en amphore en 121 avant notre �re, reste consid�r� comme le meilleur mill�sime de l'Antiquit�. Dans la tradition du symposium, les banquets de l'aristocratie romaine rivalisent de luxe tant par la vaisselle pr�cieuse qu'ils utilisent que par la d�coration de la pi�ce o� ils se d�roulent.

royaume de Carthage colonies grecques colonies �trusques

LA GAULE
La soif celtique
Le go�t immod�r� des Gaulois pour le vin est soulign� par de nombreux t�moignages grecs et romains. On le boit en respectant les rites indig�nes, � la mani�re de la bi�re en utilisant parfois des r�cipients particuliers pour sa pr�paration, comme les seaux en bois d'if. Consomm� pur, il intervient dans les sacrifices.
La mani�re de boire des Gaulois n'a plus � voir avec le symposium grec. Aux IIe et Ier si�cles avant notre �re, la Gaule est le principal march� du vin romain en Occident : il est import� par milliers d'hectolitres, sur des navires retrouv�s par centaine au large des c�tes de Provence, mais son commerce est s�v�rement
contr�l� par les chefs gaulois.

Le vin des morts
Dans l'Antiquit�, le vin entretient toutes sortes de lien avec le monde de la mort. En Gaule, comme en Egypte, en Gr�ce, � Rome, des amphores sont souvent d�pos�es aupr�s du mort, avec des services � boire et des aliments divers, destin�s � assurer sa survie dans l'au-del�.
Consomm� lors de c�r�monies fun�raires ou utilis� pour laver les cendres recueillies sur le b�cher, le vin accompagne les �mes d�funtes et leur facilite le passage dans l'autre monde. Il est enfin un moyen de communiquer avec les anc�tres, en accomplissant une libation sur leur tombe.

Cratere de la princesse de Vix
Crat�re de Vix, Bronze,
VIe si�cle av. J.-C., Mont Lassois,
Mus�e du Ch�tillonnais, Ch�tillon-sur-Seine

Le vin des princes celtes
En Gaule, le vin n'appara�t que vers 600 avant J.-C., date � laquelle les Grecs fondent la colonie de Marseille et plantent du vignoble dans l'arri�re pays. Ce vin est commerc� en faibles quantit�s, dans des amphores dont les tessons pars�ment le long du cours du Rh�ne et de la Sa�ne.
Il est accapar� par les " princes " gaulois, qui s'efforcent d'adapter les rites du symposium grec aux coutumes locales. Rare et exotique, le vin est un breuvage que l'on se doit de boire aux yeux de tous dans une luxueuse vaisselle import�e (vases en bronze fabriqu�s en Italie, c�ramiques � figures rouges et noires provenant de Gr�ce). Mais il est �galement emport� dans sa tombe, � l'instar de la princesse de Vix qui se fit accompagner pour son dernier voyage par le plus extraordinaire crat�re en bronze fabriqu� par des artisans grecs.

Les symboles du vin ou " Entre figuration et abstraction "
A la diff�rence des vases grecs, la vaisselle � boire utilis�e par les aristocrates celtes ne comporte pas d'images figur�es. Le vin et ses effets sont �voqu�s d'une fa�on plus symbolique : les artisans gaulois imitent, puis d�tournent les d�cors observ�s sur la vaisselle m�diterran�enne. Sur les vases en or, en bronze ou en terre cuite, les motifs de la palmette et du rinceau sont d�multipli�s � l'infini, telle la vigne de Dionysos. Satyres, m�nades et autres repr�sentations narratives sont remplac�s par des figurations ambiguës, cr�atures contorsionn�es, � moiti� imaginaires, semblant accomplir des danses fr�n�tiques et refl�tant les croyances celtiques.
Ces motifs t�moignent d'un rapport particulier � la boisson et � l'ivresse qu'elle procure, tendant vers un but pr�cis : la transe qui rapproche l'homme des divinit�s � travers la consommation et la libation du vin.

Amphores sacrifi�es et puits rituels
En Gaule comme en Gr�ce, le vin occupe une place importante dans la vie religieuse. Les sanctuaires gaulois livrent des milliers d'amphores, consomm�es dans le cadre des rituels.
Les libations accomplies par les pr�tres ob�issent aux m�mes principes que dans le monde m�diterran�en : d�di�es aux divinit�s souterraines, les amphores sont d�vers�es sur le sol ou pr�cipit�es dans des cavit�s creus�es apr�s avoir �t�
" sabr�es ".
Entre Toulouse et Agen, des centaines de puits ont re�u sur leur fond des d�p�ts intentionnels d'objets plus ou moins riches contenant des amphores, de la vaisselle, des objets li�s � la vie militaire. Il pouvait s'agir de puits fun�raires ou de puits � offrandes, espace de communication entre le monde des vivants et celui des morts.

Le vin gaulois
Ce furent sans doute les Grecs de Marseille qui implant�rent le premier vignoble en terre gauloise, au d�but du VIe si�cle av. J.-C. Apr�s avoir fait l'objet d'un commerce florissant pendant plusieurs si�cles, ce vin subit la concurrence du vin de l'Italie romaine � partir du IIIe si�cle av. J.-C.
Aux IIe et Ier si�cles av.J.-C., la Gaule est le principal d�bouch� du vin romain. V�ritable " Eldorado ", la Gaule c�da � Rome de l'or et de l'argent en quantit�s immenses pour satisfaire sa soif.
Les gaulois ne commenc�rent en effet � produire du vin en abondance qu'apr�s la conqu�te romaine de 52 av. J.-C. En t�moignent des installations viticoles nombreuses, r�parties aux quatre coins du territoire ainsi que de multiples ateliers de fabrication d'amphores. C'est donc aux premiers si�cles de notre �re qu'il faut faire remonter l'origine de nos grands vignobles.
Monnaie Celtique en or
Monnaie celtique (stat�re arvernes),
Or, vers 58-52 av. J.-C.,
Mus�e des Beaux-Arts, Lyon

Les styles et les formes de la c�ramique grecque

La c�ramique attique
Plusieurs styles d�finis par le d�cor et la technique de fabrication pr�c�dent la c�ramique
attique. Ce sont :
- la p�riode proto-g�om�trique (1050 - 900 av. J.-C.)
- la p�riode g�om�trique attique (900 - 650 av. J.-C.)
- la p�riode orientalisante (650 - 550 av. J.-C.) caract�ris�e par la c�ramique ionienne et corinthienne.
En 550, la c�ramique attique supplante la c�ramique corinthienne.

Amphore - Vase Attique Amphore attique,
C�ramique, VIe si�cle av. J.-C.,
Mus�e des Antiques, Toulouse

Les vases attiques de style � figures noires :
Les d�tails sont marqu�s par des incisions au burin accompagn�es de retouches de rouge et de blanc sur le fond orang� de l'argile cuite. Vers 560, ce style atteint son apog�e. La c�ramique attique affirme sa supr�matie.
Les th�mes pr�f�r�s des peintres sont les moments tragiques tir�s des po�mes sur la guerre de Troie, des sc�nes religieuses mythologiques et de combat, mais aussi des sc�nes de la vie quotidienne : banquets...

Les vases attiques de style � figures rouges :
Vers 530, l'id�e d'inverser le syst�me de bichromie va donner un nouveau souffle � une cr�ation qui s'enlise. L'artiste pr�f�re d�sormais remplir le fond avec du noir laissant appara�tre les figures dans la couleur naturelle de l'argile.
Ainsi, il n'est plus oblig� d'inciser les d�tails, mais il peut les dessiner ou les peindre, et obtenir des effets d�coratifs plus attrayants.

Oenocho�Oenocho�,
C�ramique attique, VIe si�cle av. J.-C.,
Mus�e des Antiques, Toulouse


Techniques :
Les vases sont le r�sultat d'un long travail o� interviennent de nombreux ouvriers. Il faut extraire l'argile, la p�trir, l'affiner, tourner les pi�ces, les d�corer une � une, chauffer longuement le four, surveiller, minutieusement la cuisson. A chaque �tape peuvent intervenir des malfa�ons. C'est pourquoi les potiers se placent sous la protection
d'Ath�nes.

Les vases � figures noires :
Dans un four, les vases en argile sont chauff�s jusqu'� ce que celle-ci passe du brun au rouge. Puis du bois vert est mis dans le foyer et les vases deviennent enti�rement noirs. Apr�s refroidissement, les parties vernies (avec de l'argile tr�s fine m�lang�e � de la cendre de bois), c'est-�-dire les figures, restent noires. Les autres parties, le fond repassent au rouge.

Les vases � figures rouges :
C'est la m�me technique, mais invers�e. Le fond est enduit de vernis et donc restera noir � la fin de la cuisson.

 

Glossaire
Amphore :
grand r�cipient � deux anses, dont le pied peut �tre remplac� par une pointe se fichant dans le sable, utilis�e pour le transport et le stockage de diff�rentes denr�es : vin, huile, poisson, sauces, c�r�ales.

Bacchus :
Dieu romain de la vigne, du vin, de la v�g�tation, de la danse ainsi que des plaisirs de la vie, fils de Jupiter et de la mortelle S�m�l�. Il est parfois nomm� Liber car le Dieu du vin d�livre l'esprit de tout souci.

Bucchero :
terme italien qui d�signe la c�ramique �trusque � vernis noir brillant, imitant les formes et les apparences de la vaisselle de bronze.

Canthare :
vase � boire avec un pied �vas� et deux anses verticales. C'est un attribut de Dionysos.

Crat�re :
grand r�cipient � deux anses utilis� pour le m�lange de vin et d'eau. Leur large embouchure permettait d'y puiser facilement. Il existe plusieurs types de crat�res qui doivent leur nom soit � la forme de leurs anses : crat�re � colonnettes, crat�re � volutes ou � la forme de leur panses : crat�re en calice, crat�re � volutes.

Dionysos :
Dieu grec de la vigne, du vin, de la v�g�tation, de la danse ainsi que des plaisirs de la vie, fils de Zeus et de la mortelle S�m�l�.

Libation :
offrande de liquide (lait, vin ou m�lange de vin et de miel) effectu�e � l'aide d'une phiale faite � une divinit�, d�vers� sur le sol ou br�l� sur l'autel, lors d'une f�te, un d�part, un �v�nement ou un culte familial ou en l'honneur des morts.

M�nades :
personnages f�minins divins ou semi divins appartenant au cort�ge de Dionysos.

Oenocho� :
vari�t� de vase en terre cuite mais aussi en m�tal pr�cieux servant � transvaser le vin. Sorte de cruche, elle comporte une anse sur�lev�e et une embouchure trilob�e. Elle pouvait �galement servir pour les libations et figure parmi les offrandes fun�raires.

Phiale :
coupe h�misph�rique utilis�e pour les libations, sans anse ni pied, pourvue � l'int�rieur d'une saillie centrale (ombilic) symbolisant l'origine du monde.

Rhyton :
corne � boire d'origine cr�toise, en m�tal ou en c�ramique dont l'extr�mit� a la forme d'une t�te animale ou humaine.

Satyres :
cr�atures de la mythologie grecque qui incarnent la force vitale de la Nature. Ils font partie du cort�ge dionysiaque. Leur repr�sentation la plus courante montre une cr�ature mi-humaine mi-animale (oreilles pointues, deux cornes au front, corps velu, queue de cheval ou de ch�vre). Ce sont des �tres paisibles, mais poss�d�s par l'amour du vin et la lubricit�.

Situle :
r�cipient de m�tal, en forme de seau �troit et haut, muni le plus souvent d'une anse mobile et servant principalement dans le transport de l'eau. Le terme situla a donn� le mot fran�ais seau.

Skyphos :
vase � boire, sorte de bol, pourvu de deux anses g�n�ralement horizontales.

Stamnos :
grand vase � boire ouvert, tenant � la fois de l'amphore et du crat�re, pourvu de deux anses horizontales et g�n�ralement pourvu d'un couvercle. Il est employ� pour conserver le vin.

Titulus pictus (pl : tituli picti) :
inscriptions peintes habituellement en latin sur le col d'une amphore. Anc�tre de l'�tiquette, indiquant le vignoble d'origine du vin ainsi que l'ann�e de sa r�colte, voire le nom d'un n�gociant ou d'un destinataire.




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03/07/07