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Lucy était bipède mais avait-elle abandonné les arbres ? (03/01/13)

Lucy l’australopithèque savait-elle encore monter aux arbres ?
Nouvelle démonstration dans la contreverse qui oppose les tenants d'une Lucy uniquement bipède contre ceux d'une Lucy pratiquant plusieurs moyens de locomotion.

On peut être bipède et grimper aux arbresDécouverte en 1974, Lucy, le premier squelette de l’espèce Australopithecus afarensis, fait partie des espèces à qui les scientifiques attribuent un mode de locomotion bipède. Toutes les études convergent dans le même sens d’un bipédie, certes plus « chaloupée » que celle de l’homme actuel, mais utilisée majoritairement pour se déplacer. Une nouvelle étude tente de démontrer que Lucy, il y a 3,5 millions d’années, pouvait également grimper aux arbres.

Autralopithecus afarensis, une bipédie évidente, mais...
La bipédie de Lucy est très documentée : un bassin avec les ilions courts et tournés vers l’avant, les points d’attaches des muscles fessiers positionnés sur le côté, les fémurs convergeant (vers le bas)... Pourtant d’autres éléments montrent que afarensis avait, notamment au niveau des mains et des épaules, des capacités arboricoles et de suspension.
"Australopithecus afarensis possédait une cheville rigide et un pied non préhensile avec une voûte plantaire», écrivent Nathaniel Dominy et ses co-auteurs de l’étude publiée dans les PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences. )  «Ces traits sont interprétés comme étant fonctionnellement incompatibles avec les pratiques arboricoles… » explique Dominy, professeur associé d'anthropologie à Dartmouth.

Certains humains actuels sont de très bons grimpeurs
Muscle du mollet : gastrocnémienMalgré ces évidences les scientifiques ont voulu étudier comment certaines populations humaines actuelles (donc bipèdes) arrivent à grimper relativement facilement aux arbres.
Leurs recherches les ont amenés en Ouganda où vivent des tribus de chasseurs-cueilleurs (les Twas) et des agriculteurs (les Bakiga), mais également jusqu’aux Philippines avec des chasseurs-cueilleurs (les Agtas) et des agriculteurs (les Manobos).
Les Twas et les Agtas sont de très bons grimpeurs qui vont habituellement chercher des nids d’abeilles afin d’en récolter le miel, source nutritive essentielle.
Les scientifiques ont pu observer que ces « grimpeurs », dont le corps est parallèle au tronc, avancent (ou « marchent ») en appliquant complètement la partie inférieure du pied. Ils avancent ainsi en alternant les mouvements des bras et des jambes.

L’équipe de scientifiques a donc étudié les pieds et les chevilles de ces grimpeurs par rapport aux deux autres populations proches mais qui ne montent pas aux arbres. Si les os et les ligaments sont identiques dans les 4 populations, les fibres musculaires du muscle gastrocnémien (muscle du mollet, voir schéma à droite) sont significativement plus longues chez les grimpeurs. « Ces résultats indiquent que l'escalade pratiquée régulièrement par les hommes de Twa et d’Agta modifie l'architecture musculaire associée à la dorsiflexion de la cheville, ce qui démontre qu’un pied et une cheville adaptés à la bipédie n'excluent pas l'escalade du répertoire comportemental de l'homme des chasseurs-cueilleurs, ou de Lucy », écrivent les scientifiques.

Effectivement la démonstration est donc faite que Lucy pouvait avoir un squelette adapté à la bipédie et également des possibilités de grimper aux arbres… Mais rien ne prouve que c’est comme cela qu’elle le pratiquait, ni tout simplement qu'elle le faisait…

C.R.

Source :
ScienceDaily


L’équipe scientifique  : Vivek Venkataraman et Thomas Kraft (étudiants diplômés en écologie et de biologie évolutive, soutenus par la National Science Foundation) et Nathaniel Dominy (Professeur d’Anthropologie à Dartmouth)


A lire également :

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Lors d'une précédente étude le chercheur David Raichlen a démontré que la bipédie telle que l'homme moderne la pratique est la solution la plus économique d'un point de vue énergétique.

En mars 2010, une précédente étude comparait les traces de pas laissées à Laetoli pour déterminer également le type de bipédie des australopithèques.



 

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