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Livre - Archéologie, science humaines - Jean Guilaine- Actes Sud / errance

Archéologie, science humaine
Entretiens avec Anne Lehoërff
Jean Guilaine


Que serait un pays sans mémoire ? Un amnésique sans repères chronologiques ni conscience de son vécu. La place serait alors ouverte à de simples fables mythologiques, à des explications incontrolées, à l'obscurantisme.



Archéologie, science humaine de Jean Guilaine

Présentation de l'éditeur
L'archéologie fascine, fait rêver.
Les enfants à la recherche de trésors. Les grands que le mystère attire. Mais quelle est-elle ? Depuis le XIXe siècle, l'archéologie a connu de profonds changements, tour à tour collecte de beaux objets, support d'une histoire des " civilisations ", examen de traces plus modestes laissées par l'homme et que des méthodes de plus en plus performantes permettent de comprendre. Les découvertes qui se sont succédées depuis deux siècles, parfois extraordinaires, souvent moins spectaculaires l'ont nourrie, construite, rendue omniprésente dans la société d'aujourd'hui. Les vestiges encore enfouis sous nos pieds sont si nombreux qu'il ne se passe pas un jour sans une découverte.
L'archéologie est science humaine. Telle est la conviction profonde de l'un de ses acteurs, Jean Guilaine. Fort d'une longue expérience de chercheur, d'homme de terrain, de professeur, de professeur, il s'en explique dans un entretien avec une autre archéologue, Anne Lehoërff. Les différentes facettes d'une archéologie qui permet d'écrire l'histoire de l'homme dans toutes ses dimensions sont ainsi abordées à travers un itinéraire personnel où la part du rêve n'est pas absente et dans un dialogue qui met l'accent sur l'objet d'étude de l'archéologie, sa situation actuelle au terme d'une longue histoire et son avenir possible.

244 pages
11,5 x 21,6
Editions errance

Notre avis
Mais que viens faire l'archéologie dans un monde ou seuls les profits, la croissance, l'intérêt supérieur dominent ? Pourquoi s'intéresser au passé alors qu'une grande part de la population ne vit que dans le présent ?
Jean Guilaine dit ce qu'il pense, pas de manière agressive, mais simplement, avec sérénité et calme. C'est clair, sans apriori, sans concession.
Bravo et merci !

Les auteurs,
Jean Guilaine Né le 24 décembre 1936 , Jean Guilaine est un archéologue spécialisé dans l'étude du Néolitique et de la Préhistoire récente. Après une carrière exemplaire au CNRS il est, depuis 1994, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire de Civilisations de l'Europe au Néolithique et à l'Age du Bronze.
Derniers ouvrages :
- Sépultures et Sociétés
- Cain, Abel et Otzi l'héritage néolithique
Il est l'également l'auteur d'un roman : Pourquoi j'ai construit une maison carrée

Anne Lehoerff est maître de conférences à l'Université de Lille, responsable du laboratoire de Métallurgie et coordinatrice du projet européen " BOAT 1550 BC ". Elle a publié différents ouvrages et notamment L'artisanat du Bronze en Italie centrale, Le métal des dépots volontaires.


Sommaire Archéologie, science humaine

Avant propos

Converser avec Jean Guilaine (Anne Lehoërff)

Rêves d'archéologie

Itinéraire personnel

L'archéologie aujourd'hui

La construction des archéologies

L'archéologue et son objet d'étude

L'archéologie de demain dans la société

Sélection des principaux travaux de Jean Guilaine

Notices biographiques des noms cités dans le texte



Un extrait de Archéologie, science humaine

L'archéologie est désormais omniprésente dans la société française grâce à des fouilles obligatoires, de routes, de parkings, de zones industrielles, etc. Bien loin de se souvenir d'une éventuelle fascination de l'archéologie datant de leur enfonce, certains voient ces fouilles de manière très négative. L'archéologie est parfois accusée de coûter cher et de ralentir l'activité économique. Que répondre à ces préoccupations ancrées dans l'immédiateté et non la longue durée ?
La place que l'archéologie occupe au sein de la société française est le résultat d'un long combat, jamais terminé. Si on laissait faire les aménageurs guidés par le binôme gain de temps/gain d'argent, la plupart des témoignages de notre passé disparaîtraient sans laisser de traces. Or, ce sont les archives du sol qui nous permettent d'écrire (ou de réécrire de façon plus précise) de nouveaux chapitres de notre histoire. Que serait un pays sans mémoire? Un amnésique sans repères chronologiques ni conscience de son vécu. La place serait alors ouverte à de simples fables mythologiques, à des explications incontrôlées, à l'obscurantisme. Or, la connaissance du passé d'une nation doit être perçue comme l'expérience d'une vie, enrichie par chaque épisode, succès ou échec. Chaque événement doit en être analysé le plus finement possible pour toujours mieux co connaître la trame. [histoire mérite qu'on la respecte, non qu'on la nie ou qu'on la défigure. Elle est constitutive de notre essence. Or, cette histoire n'est pas faite que de textes conservés dans des entrepôts d'archives. Elle est aussi constituée de traces matérielles hors-sol, visibles (restes de monuments, vestiges matériels) ou "négatives" (structures agraires, fossés, cavités artificielles), parfois ténues, sinon "invisibles" (reconstitution des paysages du passé par les pollens). C'est ce patrimoine tangible ou reconstituante à travers diverses analyses qui est en permanence menacé sinon détruit par la remodélisation incessante des paysages urbains ou ruraux.
Les archéologues sont des gens responsables. Ils savent bien qu'on ne peut fOU! conserver, aussi font-ils des concessions aux inévitables destructions (c'est d'ailleurs aussi le cas pour les archives écrites). Ils ne sont pas, comme le prétendent certains élus à courte vue, "contre l'économie". Mais ils demandent qu'avant route disparition de sire ou de lieu de mémoire, une fouille puisse leur permettre d'archiver pour étude le maximum de données. Il s'agit d'éviter que coure trace disparaisse irrémédiablement sous les bulldozers sans que les enseignements fournis en soient consignés. Les aménageurs doivent certes participer financièrement à cette quête puisqu'ils sont les destructeurs mêmes de ces archives. Voir les archéologues comme des passéistes, des amoureux romantiques d'un passé révolu, est ridicule. Ce sont souvent ceux que gêne la recherche d'une plus grande objectivité historique, ou qui n'en ont cure, qui tiennent de tels propos. L'archéologie est facteur de progrès intellectuel puisque enrichissement du savoir humain. Que des aménageurs pressés et intéressés, parfois même des politiques, fassent preuve de cécité devant l'histoire ne doit pas déstabiliser ces éclaireurs que sont les archéologues. Et je rends hommage aux collectivités territoriales qui ont su créer des services archéologiques, prenant conscience qu'on peut accorder nécessités économiques, choix politiques et insertion du passé historique dans les cités d'aujourd'hui. Je pense que tout visiteur d'une ville éprouve du plaisir lorsqu'il peut tout à la fois en saisir la modernité et la vie, combinées à la conservation intelligente de monuments (ou de parties de monuments) qui en scandent l'Histoire. Passé et présent se conjuguent alors dans une même harmonie. Que seraient nos villes si toutes les deux à trois générations, les édifices publics étaient systématiquement rasés pour laisser fleurir les seules architectures du moment 1 C'est précisément cette déclinaison architecturale des divers temps d'une ville qui en fait un raccourci de l'histoire et en fortifie la citoyenneté.


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Mise en ligne le 01/12/11