| L'art préhistorique,
théories d'explication |
Art paléolithique et
néolithique
Le champ de l’art
avant l’histoire est vaste. Il se divise en deux sections
correspondant aux deux grandes périodes chronologiques.
-
L’art paléolithique comprend l’art
pariétal localisé dans la profondeur
des grottes, hors de portée de la lumière
du jour et l’art mobilier sur support organique
ou minéral.
Découvrez, sur plus de 77 000 ans, la
chronologie de l'art pariétal...
- L’art néolithique dit rupestre se manifeste dans des abris sous roche peu profonds, à la lumière du jour.
(Page à venir)
|
 |
| |
Chronologie - Art pariétal |
A noter, ce bel ordonnancement
a d’être perturbé par la découverte
de sites rupestres, à la lumière du jour mais
d’âge paléolithique : en France, rocher de
Fornols-Haut, en Espagne, Siega-Verde, au Portugal, Foz-coâ9…
Les différentes
théories d'explication de l'art préhistorique
|
| L'art pour l'art |
Le pouvoir magique |
Le chamanisme |
Cette théorie un peu désuette présente un peu les hommes préhistoriques comme des esthètes à la recherche du "beau"... L'art pour l'art... l'art fait pour être vu...
Malheureusement la grande majorité de l'art pariétal est située dans des grottes, souvent au fond de galeries et toujours sans lumière naturelle ! Comment, dans ce cas, imaginer que cette recherche et cette création de décoration (d'ornements) soit quasiment inaccessible ? |
C'est l'abbé Breuil qui imagine que les représentations d'animaux ou de scènes de chasse étaient censées aider les hominidés dans leur recherche de nourriture. En attribuant aux images un pouvoir surnaturel, les hommes préhistoriques pouvaient ainsi exorciser leurs démons, et se "garantir" une chasse fructueuse.
Ce pouvoir magique est contredit par les nombreuses représentations d'animaux ou d'éléments sans rapport avec la chasse (mains, figures humaines...).
Lire Les bases magiques de l'art préhistorique du Comte Henri Begouen. |
Jean Clottes présente la grotte comme un lieu de passage entre le monde des hommes et un monde parallèle.
La grotte est donc un sanctuaire dans lequel le chaman, reconnu par sa tribu, entre en transe pour restaurer l'harmonie entre l'homme et la nature...Les représentations seraient donc là pour créer une ambiance fantastique (quasi religieuse).
Cette théorie est fortement critiquée par de nombreux préhistoriens qui n'y voient qu'une imagination débordante... |
Art pour l'art, totémisme et chasse magique
Avant de comprendre il faut
accepter. En 1834 Brouillet découvre au Chauffaud
(Vienne) 2 un os portant deux biches gravées. Ce
qui, bien plus tard, deviendra la première manifestation
connue de l’art paléolithique ne retient
pas l’attention. Au fil des ans les découvertes
s’accumulent et peu à peu il faut bien admettre
que cet ancêtre, sauvage presque animal, cela semblait
aller de soi, avait des capacités artistiques qui
méritaient quelque attention malgré leur
caractère dérangeant.
Les premières interprétations font référence
à l’art pour l’art, au totémisme
et à la chasse. La première de ces théories,
résurgence assez inattendue du « bon sauvage
» de Rousseau, n’est en fait que le reflet
des idées anticléricales, parfois violentes,
de certains préhistoriens de l’époque,
Gabriel de Mortillet entre autres, elle
ne leur survivra pas. Le totémisme a été
souvent évoqué. Dans cette perspective à
chaque clan correspond un animal totémique objet
de prohibitions, alimentaires en particulier, et parfois
d’une sorte de culte. Ceci impliquerait une variabilité
du bestiaire qui ne correspond pas du tout à la
réalité archéologique. D’autre
part un nombre limité, mais certain, d’animaux
est porteur de flèches ou de blessures incompatibles
avec la prohibition propre aux animaux totémiques.
De surcroût sur le versant ethnologique les idées
ont évolué, le totémisme n’est
plus une entité unique susceptible de faire l’objet
d’une théorie unique mais un fait ethnologique
complexe regroupant artificiellement sous une seule dénomination
des faits disparates. La troisième hypothèse
aura plus de succès, grâce au soutien actif
de l’abbé Breuil (1877-1961) elle durera jusqu’aux années
cinquante ou soixante. Fin du bon sauvage l’ancêtre
est présumé être un chasseur affamé,
certains animaux paraissent atteints par des flèches,
les figures mi-animales mi-humaines sont vues comme des
chasseurs travestis pour approcher le gibier. Au-delà
des techniques cynégétiques on parle également
de pratiques magiques. L’abbé Breuil et le Comte H. Begouën reprennent cette théorie de la chasse magique,
ce sera la magie sympathique soutenue par l’Abbé
jusqu’à la fin de sa vie, il lui est en effet
plus facile d’admettre une magie qu’une religion
primitive, pour autant il n’hésite pas à
parler de Chapelle Sixtine de la Préhistoire à
propos de Lascaux. La magie dite sympathique suppose une
relation d’identité entre l’image et
son sujet. Le bison dessiné est symboliquement
tué avant de l’être réellement.
Quelques animaux paraissent effectivement blessés
par des flèches, l’ours modelé de
Montespan a été lardé de coups de
sagaie… En fait les animaux blessés ne sont
pas très nombreux, surtout les fouilles montrent
que le bestiaire représenté ne correspond
pas à ce qui était réellement consommé
par les paléolithiques (échantillon culinaire).
A partir des années soixante cette théorie
tombe progressivement en désuétude.
Le structuralisme
A
cette époque A. Leroi-Gourhan
(1911-1986), après Max Raphaël
et A. Laming-Emperaire, ouvre une perspective
nouvelle de type structuraliste. Derrière le désordre
apparent de l’art pariétal il existe un ordre,
une structure, que la statistique doit permettre de faire
apparaûtre. A. Leroi-Gourhan s’attachera avec
une remarquable rigueur à étayer cette théorie.
Il existerait ainsi une structuration de la grotte dans
son ensemble avec des figures d’entrée
et de fond, une organisation des panneaux avec des figures
centrales et périphériques, et surtout une
dualité fondamentale femelle / mâle représentée
par le couple symbolique bison-aurochs / cheval, à
la fois opposé et complémentaire. Cette
théorie nouvelle est, au départ, très
fraûchement accueillie, elle vaudra même à
A. Leroi-Gourhan de se faire traiter d’obsédé
sexuel par l’abbé Breuil alors que manifestement
il s’agit là, plus de genre que de sexe.
Par la suite la perspective structuraliste s’impose
au point de devenir la perspective de recherche dominante
voire unique. Une cinquantaine d’années s’est
maintenant écoulée sans que la structure
tant cherchée n’ait pu être mise en
évidence de manière sûre. Bien au contraire
A. Laming-Emperaire qui a poursuivi ses recherches de
son côté a abouti à une dualité bison / cheval
mais de polarité sexuelle inverse.
Le
chamanisme
En
1996 Jean Clottes et D. Lewis- Williams
réouvrent le dossier du chamanisme.
Selon eux cette pratique très répandue
chez les chasseurs-cueilleurs expliquerait la plupart
des particularités de l’art paléolithique.
L’attrait pour les grottes profondes et pour les
détails de leurs parois serait le reflet d’une
cosmogonie à étages et de la croyance
en un monde autre souterrain. Les chevauchements de
figures, l’absence de sol comme d’horizon
ou de contexte écologique, les animaux en position
normale…seraient des évocations des images
hallucinatoires vécues pendant la transe. Dans
l’ensemble cette thèse a été
fort mal reçue. Elle a suscité un énorme
silence qui n’est pas sans évoquer celui
qui a accueilli la publication de Sautuola, c’est
en effet un véritable attentat au préhistoriquement
correct, structuraliste, du moment. Elle a suscité
aussi quelques réactions de préhistoriens
ou d’ethnologues d’une surprenante violence.
A lire
|
|
|
L'art préhistorique
Alain Roussot
|
Au
coeur de la Préhistoire
Denis Vialou
|
La France préhistorienne
Arnaud Hurel
|
Un grand livre dans un petit format !
Panorama très complet
de l'art dans la préhistoire : techniques utilisées, type de représentations, théories pour expliquer l'art pariétal, rupestre et mobilier...
L'art préhistorique |
Petit
prix et format de poche pour cet ouvrage de la collections
Découvertes Gallimard.
Une première approche mais tres complète pour
s'initier aux hommes préhistoriques et à leur mode de vie.
Plusieurs rééditions, une valeur sûre... CR |
De 1789 à 1941, comment la Préhistoire est devenue une science ? L'auteur nous raconte l'histoire de la Préhistoire, les premiers préhistoriens amateurs, la prise de conscience de l'Etat pour sauvegarder notre patrimoine... En savoir plus sur
La France préhistorienne |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
| |
|
|
Pourquoi l'art préhistorique ?
Jean Clottes |
Chamanismes et arts préhistoriques Lorblanchet - Delluc |
La Préhistoire
Denis Vialou |
| De toutes les hypothèses que Jean Clottes recense dans cet ouvrage, c'est celle du chamanisme qui lui paraût la plus féconde, car elle explique, pour lui, le plus de faits. En savoir plus sur Pourquoi l'art préhistorique |
Une vision critique du chamanisme par une équipe internationale de scientifiques dont Michel Lorblanchet et Gilles Delluc.
En savoir plus sur Chamanisme et art préhistorique |
Initialement publié en 1991, La Préhistoire de Denis Vialou a joué un rôle novateur dans l'analyse descriptive des représentations préhistoriques.
|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
|
|
19/07/04 revue le 06/01/12
CR et ZAF |
| |
|