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La bipédie humaine - ancestrale - initiale - originelle

La bipédie
Les premières traces de pas d'hominidés à Laetoli

La bipédieLa bipédie... une vieille histoire de 3,6 millions d'années (au moins) !
C'est à Laetoli en Tanzanie que Mary Leakey a découvert le plus ancien témoignage de bipédie : préservées dans la cendre volcanique, les empreintes de pas d'un hominidé adulte sedoublent de celles d'un enfant marchant dans ses traces !
Il y a quelques 3,5 millions d'années, tous deux se dirigeaient vers le Nord, traversant les cendres d'un volcan voisin. Leurs traces se perdent ensuite, recouvertes par les scories d'autres éruptions.
Elles sont attribuées à Autralopithecus afarensis.
Mars 2003 - Les récentes traces de pas trouvées à Roccamonfina (Italie) ne datent que de - 350 000 ans (Paléolithique)... Si elles sont les premiers témoignages de bipédie en Europe, elles ne sont pas (et de loin !) les plus anciennes. Elles sont attribuées, selon le Muséum de Science Naturelle de Trente, à nos ancêtres européens Homo erectus ou heidelbergensis.
Mais les origines de la bipédie sont plus anciennes...
Un peu d'histoire...
Au début du siècle dernier, la chose était entendue... ce qui différencie l'homme de l'animal... c'est qu'il marche sur ses deux jambes...
Cela permettait une différenciation simple et rapide, voire rassurante : je marche donc je suis un homme et donc je ne suis pas un animal !
Le premier bipède connu est un reptile !
Eudibamus cursoris vivait il y a
290 millions d'années
Eudibamus cursoris
Eudibamus cursoris
Découvert en 1993 à Gotha en Allemagne, cet herbivore de la fin du Permien devait mesurer 26,1 cm et pouvait atteindre une vitesse de 24 km/h (selon David Berman du Carnegie Museum of Natural History).
On suppose qu'il utilisait cette faculté pour échapper à ses prédateurs.
Eudibamus cursoris prouve que la bipédie est apparue au moins plusieurs fois au cours de l'évolution dans des classes différentes...
 

Une première hypothèse abandonnée... l'environnement aurait provoqué la bipédie.
Les premiers scientifiques étudiant la bipédie humaine ont tout d'abord pensé que la nécessité fait force de loi.
Le changement de milieu serait à l'origine de cette évolution, les australopithèques seraient passés de la forêt à la savane... Ils se seraient redressés afin d'avoir un angle de vision supérieur et d'anticiper d'éventuelles agressions, ou pour trouver plus facilement des proies. En se redressant ils pouvaient également impressionner leurs éventuels adversaires.
La bipédie libérant les mains, nos ancêtres pouvaient plus facilement transporter des outils ou des armes.
Cette hypothèse, où l'individu évolue (et devient bipède) sous la pression de l'environnement, n'est plus développée. De plus, les exemples d'animaux utilisant des outils sans être pour autant bipèdes sont nombreux...
(image : comparaison gorille / Homo sapiens)

 
Une deuxième hypothèse : la bipédie... c'est pas nouveau !
Une simple observation de la faune actuelle nous montre que l'homme n'est pas le seul à utiliser la bipédie comme moyen de locomotion. Les grands singes comme les chimpanzés, les bonobos ou les gorilles marchent régulièrement sur 2 jambes (avec leur style propre !).
La bipédie n'est donc pas une évolution mais un trait commun à tous les hominidés. Cette faculté n'est pas utilisée par tous à la même fréquence, mais elle est commune.

On peut faire remonter les premières traces de bipédie à Orrorin Tugenensis (6 millions d'années) qui nous a laissé un squelette explicite sur ses aptitudes à la marche : un fémur très long, couronné d' une tête épaisse. Avec les Australopithecus anamensis c'est la première lignée de vrais bipèdes annonçant l'arrivée de l'Homo ergaster et enfin de l'homme moderne.
Une autre lignée regoupe les australophitèques (afarensis et africanus). Si elle conserve les aptitudes au grimper et à la suspension, elle possède également les traits morphologiques pour la bipédie. Cela nous indique un mode de locomotion mixte et varié... suivant la situation !

La bipédie existe depuis plus de 6 millions d'années, elle est utilisée aussi bien par nos ancêtres que par de grands singes actuels... Chez les hominidés, cette aptitude s'est amplifiée au fur et à mesure du temps pour devenir chez les hommes modernes l'unique moyen de locomotion, ce n'est donc pas un trait de différenciation.

(image : premières traces de pas découvertes à Laetoli, Tanzanie, par Mary Leakey)
 
Une nouvelle hypothèse : la bipédie originelle.
A contre courant de la pensée générale (et du politiquement correct !), plusieurs scientifiques ne voient plus la bipédie comme une acquisition récente des hominidés. Ils avancent la théorie que nous avons, au contraire, un ancêtre dont la bipédie était le principal mode de locomotion. Deux idées en découlent naturellement :
- les grands singes actuels utilisent moins la bipédie que leur (notre) ancêtre commun, et sont devenus arboricoles .
- la lignée humaine n'a pas adopté ce mode de locomotion puisque nos ancêtres le maîtrisaient déjà...

Yvette DeloisonYvette Deloison, chercheur au CNRS, s'est spécialisée dans l'analyse de la mécanique des membres inférieurs des hominidés. S'appuyant sur les études de l'anatomie de nos ancêtres mais aussi des grands singes, elle tire les conclusions suivantes :
- la main humaine n'a jamais pu être une patte (elle est beaucoup plus primitive que celle des grands singes)
- le pied humain est lui, au contraire, très spécialisé pour une marche bipède.
Ces éléments, en tenant compte de la loi de Bollo (irréversibilité de l'évolution) amènent Yvette Deloison à proposer un ancêtre doté d'une attitude bipède redressée : le protohominoïde.
De petite taille et vivant dans un milieu semi-aquatique, il aurait vécu il y a 15 millions d'années (sans que nous ayions encore trouvé de restes fossiles)
.
Yvette Deloison a pour la première fois publié cette hypothèse en 1999 dans la revue Biométrie humaine et anthropologie", 1999, 17, p. 147 - 150.
Lire la communication : L'homme ne descend pas d'un primate arboricole, Yvette Deloison


Pascal Picq (paléoanthropologue au Collège de France) remet lui aussi en cause le principe d'acquisition de la bipédie. Il a déclaré, le 10 août 2003, lors d'une émission consacrée aux bonobos (sur France Inter) : "... la bipédie, les bipédies sont certainement plus anciennes qu'on ne le pense... j'avais fait l'hypothèse... la bipédie est ancestrale" .

Conseils de lectures


    Préhistoire du piéton
Yvette Deloison
  Et le singe se mit debout
Brigitte Senut
 
   
L'ouvrage de référence sur l'évolution de la bipédie enfin réédité en 2013.A ne pas manquer !
Et le singe se mit debout - les origines de l'homme selon Brigitte Senut
A partir de son travail sur les hominidés et les grands singes, Brigitte Senut nous propose sa vision de la bipédie humaine. En savoir plus sur Et le singe se mit debout.
   
 
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A lire également sur la bipédie :

Dossier: indices de bipédie décelés sur un fossile.
On pourrait logiquement croire que les indices d'une marche bipède se trouvent uniquement dans les membres inférieurs du squelette.
Ce n'est pas le cas, et c'est toute l'architecture de notre squelette qui est impactée par la station debout et la bipédie. On peut considérer que c'est une chance, car ces indices multiples sont complémentaires et il est extrêmement rare de trouver un squelette fossilisé complet.
Les preuves de la bipédie d'un squelette fossile sont donc multiples et on peut, suivant les restes mis à jour, estimer la probabilité de la marche bipède.

English version Cet article existe également en langue anglaise (traduit par Claude Ayme) : Bipedalism

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Une étude permettant de comparer les empreintes de pas humains aux fameuses traces de pas de Laetoli. La bipédie des australopithèques prouvée par l'étude d'un os du pied. Empreintes de pas retrouvées en Angleterre et datées de - 780 000 ans    

 
Dossier réactualisé le 14/08/09