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La Chaire-à-Calvin – Abri
Abri de la Chaire-à-Calvin
Une frise préhistorique magdalénienne
Site préhistorique – Mouthiers-sur-Boëme
Charente
De l’art rupestre accessible au public
Le gisement archéologique de La Chaire-à-Calvin est situé le long du Gersac, petit ruisseau qui se jette dans la Boëme, affluent de la Charente, sur la commune de Mouthiers-sur-Boëme (Charente). Il s’agit d’un abri-sous-roche qui s’ouvre vers le sud. Il semble que ce soit le principal fouilleur des lieux, P. David, qui lui ait trouvé ce nom, en inventant de toute pièce une légende qui relaterait la présence de J. Calvin sur place pour prêcher sa réforme religieuse (Delage et Porte, 2015).
Cette probable invention serait un artifice donnant un peu de spectaculaire à une frise préhistorique assez effacée et à l’écart des circuits paléolithiques.


https://journals.openedition.org/rao/3614#tocto1n1
Découverte et fouilles du site de la Chaire-à-Calvin

© Musée l’Angoulême
L’abri aurait été découvert dès 1863, probablement par P. de Vibraye, avant de faire l’objet d’une première exploration sommaire menée par Alphonse Trémeau de Rochebrune l’année suivante (Trémeau de Rochebrune, 1865). Des fouilles de plus grande ampleur furent ensuite conduites par P. David entre 1926 et 1933. Cette phase de recherche fut marquée par la mise au jour (en 1927) de la frise sculptée ornant la paroi de l’abri. En août 1929 c’est un bloc effondré qui est remarqué de par les gravures profondes qui laissent voir une tête de félin.
Après la Seconde Guerre mondiale, P. David reprit les investigations de 1947 à 1959 (David, 1957), aboutissant à la fouille de la quasi-totalité du site, incluant l’essentiel de l’abri et le talus associé. À son invitation, D. de Sonneville-Bordes et F. Bordes continuèrent les fouilles en 1960 et 1961, au cours desquelles trois mètres carrés du témoin conservé à l’extrémité orientale furent prélevés. Les dernières opérations de grande envergure, dirigées par J.-M. Bouvier entre 1966 et 1972, qui proposa une attribution chrono-culturelle du site à la fin du Magdalénien. L’abri a été classé monument historique le 11 août 1986.
Plus récemment, le gisement a fait l’objet d’interventions ciblées : entre 2005 et 2008, Geneviève Pinçon et son équipe ont réalisé de nouveaux relevés, notamment une numérisation 3D. Enfin, à la fin de l’été 2009, le nettoyage de la coupe stratigraphique sagittale issue des fouilles Bordes et Bouvier a permis d’effectuer de nouvelles observations, en particulier d’ordre géoarchéologique (Delage, 2010 ; Delage et al., 2010).
Les sculptures magdaléniennes de la « Chaire-à-Calvin », les hypothèses

La frise préhistorique de la Chaire-à-Calvin est une remarquable œuvre gravée sur la paroi de l’abri rocheux de Mouthiers-sur-Boëme. Découverte au XIXᵉ siècle, elle date du Paléolithique supérieur, vers 15 000 ans avant notre ère. Selon les chercheurs la frise de la Chaire-à-Calvin peut être décrite de manière totalement différente.
En 1947 Pierre David écrit à la SPF : » J’ai découvert une frise sculptée ; c’étaient les premières sculptures trouvées en Charente. J’ai achevé de les dégager, elles représentent un bovidé sans tête faisant face à une jument gravide qui précède un accouplement de chevaux. En 1929 j’ai rencontré… sur un bloc isolé, une tête de bovidé vue de face ».
Pour Jean Airvaux « Cet ensemble illustre, en trois étapes, le cycle de reproduction chez le cheval. De droite à gauche : scène d’accouplement ; jument gravide au gros ventre ; jument au ventre creux avec à environ un mètre en arrière, une petite tête renversée de poulain. »
Denise de Sonneville-Bordes en 1965 décrit « la frise comporte de gauche à droite : un animal sans tête, qui est peut-être un bovidé, en profil droit ; lui faisant face en profil gauche un cheval ; à la suite deux chevaux superposés en profil gauche, interprétés par P. David comme l’accouplement d’un étalon et d’une jument. Un peu plus haut que la frise et située à l’écart à gauche : une figuration de bison… un bloc isolé avec une figuration ébauchée d’une tête de félin a été recueilli par P. David ».
Geneviève Pinson propose également une autre interprétation sur un site internet dédié à la Chaire-à-Calvin. La première grande figure à gauche serait un bouquetin acéphale affronté à un autre animal. Ce second animal (46,7 x 69,2 cm) de profil gauche serait également un bouquetin. La troisième figure ne serait pas une scène d’accouplement mais un animal hybride, composé d’un avant-train de cheval (tête, encolure, crinière) et d’un arrière-train caractéristique de bison (corps massif, ligne de dos pourvue d’une forte voussure, croupe anguleuse, pattes minces et courtes). La petite figure à gauche est identifiée comme une tête de cheval renversée.

En détails de gauche à droite
Une tête de cheval ou de félin ?
Certains chercheurs y voient une tête de cheval (ou de poulain) renversée (19,2 x 13,3 cm) présentée de profil. Ils distinguent particulièrement le chanfrein, les oreilles et l’œil en amande. Il est en revanche difficile de comprendre pourquoi le graveur a basculé son œuvre ce qui la rend peu lisible.
Pour Louis Duport cette gravure représente une tête de félin vue de face dont la partie droite serait presque totalement effacée.


Un bouquetin ?
Ce bovidé acéphale (54,6 x 69,3 cm), affronté à un autre animal, est figuré de profil droit. Il présente un tronc épais, une ligne ventrale rebondie et une croupe anguleuse dépourvue de queue. Ses pattes, fines, sont jointes par paire. La morphologie générale de cette figure est caractéristique du bouquetin, détermination renforcée par les analogies qu’elle présente avec l’étagne du Roc-aux-Sorciers. Si elle n’est pas originelle, l’acéphalie pourrait résulter de détériorations récentes.
Un cheval ou un bouquetin ?
Cet animal (46,7 x 69,2 cm) de profil gauche est affronté à un quadrupède. La tête, dont la surface porte des coups métalliques, ne présente plus de tracé ancien. De plus, sa forme atypique, ne peut être considérée comme originale. Le tronc épais et le ventre bombé, la boucle du poitrail, élément de style présent sur les bouquetins du Roc-aux-Sorciers, ainsi que les comparaisons entre les modèles 3D des deux sites confortent l’attribution de cette figure à un bouquetin.
Accouplement ou animal hybride ?
Ce sujet (92,2 x 57 cm), de profil gauche, a souvent été interprété comme une scène d’accouplement de chevaux, inédite dans l’art paléolithique. La position de l’étalon dont la tête se trouve au niveau du cou de la femelle avec une patte avant repliée au niveau du thorax de la femelle montre que l’hypothèse de l’accouplement semble renforcée. Pour d’autres scientifiques Il s’agit d’un animal hybride, composé d’un avant-train de cheval (tête, encolure, crinière) et d’un arrière-train caractéristique de bison (corps massif, ligne de dos pourvue d’une forte voussure, croupe anguleuse, pattes minces et courtes)….

La frise représente plusieurs animaux — chevaux, bisons et bouquetins — gravés avec finesse dans la roche calcaire. Les artistes préhistoriques ont utilisé des lignes précises pour rendre le mouvement et les formes. Cette composition témoigne d’un haut niveau de maîtrise artistique. Elle illustre aussi les croyances et la vie symbolique des chasseurs de l’époque. La frise de la Chaire-à-Calvin est aujourd’hui considérée comme un trésor de l’art pariétal en France. Il faut également prendre en compte que ces abris sculptés se distinguent par leur relative rareté – moins d’une dizaine actuellement répertoriés pour le Magdalénien.
Le mobilier archéologique de la « Chaire-à-Calvin »
Un siècle de recherches archéologiques menées sur le gisement de la Chaire-à-Calvin a permis de mettre au jour, dans les 2 mètres de remplissage de l’abri, un mobilier particulièrement abondant et diversifié. L’industrie lithique est représentée par un large éventail d’outils, parmi lesquels figurent de nombreux burins et grattoirs, témoignant d’activités variées liées à la production, à la transformation et à l’entretien des matériaux. Toutes ces découvertes dans le sol archéologique font de La Chaire-à-Calvin un site d’habitat. C’est dans la stratigraphie que les archéologues ont effectuer une datation entre
15 100 et 13 400 BP.

Photo Kroko pour Hominides.com


Photo Kroko pour Hominides.com
L’industrie osseuse est également bien documentée, avec la découverte de pointes de sagaie, de baguettes à rainure, d’aiguilles et de bâtons percés, illustrant un savoir-faire technique élaboré et une exploitation maîtrisée des matières dures animales. À cet ensemble s’ajoutent des objets liés à l’éclairage et aux activités domestiques, tels que des lampes en grès, ainsi qu’un godet en stéatite, matériau dont l’utilisation reste relativement rare dans ce contexte.
Une partie significative de ce mobilier, accompagnée d’un bloc sculpté attestant de pratiques artistiques, est aujourd’hui conservée et présentée au Musée d’Angoulême, où elle contribue à la compréhension des occupations humaines et des comportements symboliques associés à ce site majeur du Paléolithique supérieur.


© Alienor.org, Musée des Beaux-Arts d’Angoulême
Les abris sculptés sur Hominides.com
Roc de Sers
Roc aux sorciers
Cap blanc
La Chaire-à-Calvin
La Chaire-à-Calvin en pratique
Adresse
26 Chemin de la Chaire-à-Calvin
16440 Mouthiers-sur-Boëme
Horaires d’ouverture :
Tous les jours, visite libre en plein air, à partir de mars-avril.
Sources
Mouthiers-sur-Boëme – La Chaire-à-Calvin
Les abris sculptés de la préhistoire
Les sculptures pariétales magdaléniennes du Roc-aux-Sorciers (Vienne) et de la Chaire-à-Calvin (Charente) : oeuvre d’un groupe culturel magdalénien ou d’un seul et même artiste
G. Pinçon, C. Bourdier, O. Fuentes
L’abri de la Chaire-à-Calvin
La chaire à Calvin en bref…
| Type | Techniques employées | Périodes | Occupation | Restes Humains |
| Abri sous roche | Sculptures | – 15 000 ans | Magdalénien (voir solutréen) | Non |
| Dimensions | Nombre de représentations | Outils / Artefacts | ||
| Abri sous roche de 12 m de large, 4,5 m de hauteur et 7,5 m de profondeur | Frise de plus de 3 mètres de longueur 4 unités graphiques: figures animales | Oui | ||
| Localisation | Accessibilité | Date découverte | Particularités | |
| Mouthiers-sur-Boëme Charentes | Pour tous | 1866 | La technique de la sculpture sur paroi est très rare au Paléolithique |
Musée d’Angoulême


T Félix, J-L Aubarbier, J-P Bouchard

J Buisson-Catil, J Primault.

Collectif

R. Jussaume, JP Pautreau , Préface Y. Coppens


Les gravures de la grotte de la Marche




Laurent Carozza, Cyril Marcigny

de François Djindjian (Sous la direction de)










