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Solutréen - Les cultures lithiques de la Préhistoire

Le Solutréen

Solutréen

Entre 22 000 et 17 000 ans BP environ, Homo Sapiens développe en Europe occidentale une culture, le Solutréen, qui se distingue autant par la qualité de ses productions que par les incertitudes qui subsistent quant à ses origines et à son devenir…


Une culture "orpheline"
C’est un éperon calcaire appelé la Roche de Solutré, situé près de Mâcon, en Saône-et-Loire, et dominant un important gisement archéologique, qui a donné son nom à cette culture lithique. Un baptême dû au préhistorien Gabriel de Mortillet, vers 1870. Les débats concernant l’origine du Solutréen ne sont pas clos : Europe centrale, développement indigène en France ou en Espagne, apport de populations originaires d’Europe du nord chassées par la glaciation, Maghreb… ?


 
Des sites géographiquement concentrés
Peut-être à cause des températures rigoureuses – c’est l’époque de la dernière glaciation – qui confinent les populations dans les régions au climat plus clément, la culture solutréenne est très localisée. Les sites se trouvent dans la moitié sud de la France (Laugerie-Haute ou le Fourneau du Diable  en Dordogne, Roc de Sers en Charente, d’autres en Ardèche, dans le Gard, les Pyrénées…), en Espagne (Cueva de Ambrosio) et au Portugal.
Roche de Solutré
Roche de Solutré
Roche de solutré
Détail de la Roche de Solutré

Feuille de Laurier
L’art de tailler la pierre

Les archéologues s’accordent à considérer l’industrie solutréenne comme l’apogée de la taille du silex. Un raffinement dans les retouches permet d’obtenir des lames très efficaces – et accessoirement esthétiques – telles que les « feuilles de laurier » et les « feuilles de saule », finement retouchées sur les deux faces, au bord finement crénelé, qui complètent la panoplie de grattoirs, burins ou lamelles plus « classiques ».  Ces retouches sont obtenues en utilisant de nouvelles techniques : chauffage du silex préalable, enlèvement par pression – plutôt que par percussion – à l’aide d’un outil tendre en os ou en bois de cerf adapté à la paume de la main.
A droite Feuille de Laurier présentée au Musée de Préhistoire des Eyzies-de-Tayac   

Des ingénieurs et des artistes
À la fin du Solutréen sont inventés le propulseur,  sorte de hampe munie d’un crochet servant à démultiplier la force de lancement d’une sagaie, et l’aiguille à chas, sorte de passe-lacet, qui permettra de coudre hermétiquement les peaux pour confectionner les vêtements, aménager les habitats et fabriquer des outres.

Sur le plan artistique, les hommes du Solutréen nous ont laissé de belles œuvres. Dans la grotte Cosquer (19 000 ans BP, près de Marseille), ils ont peint ou gravé 177 animaux – notamment des poissons, des cétacés et des phoques – ainsi que des signes abstraits. Les bas-reliefs de bisons, chevaux, bouquetins et hommes de Roc de Sers (Charente) et du Fourneau du Diable (Dordogne) sont célèbres et annonce l’art de Lascaux (Dordogne). L’attribution des œuvres de la grotte de Lascaux (Dordogne) au Solutréen est parfois avancée. Mais l’unique couche archéologique de la caverne est  riche en objets du Magdalénien ancien et dépourvue de tout objet solutréen.
Gravure Roc-de-Serre Chevaux de la Grotte Cosquer
Gravure Roc-de-Sers
Musée des Antiquités nationales - St Germain en Laye
Chevaux
Grotte Cosquer

Une théorie audacieuse…
Depuis quelques années, des chercheurs américains, très controversés, ont émis l’hypothèse que les Solutréens auraient pu traverser l’Atlantique – à l’époque largement pris par la banquise – pour arriver en Amérique, où leurs descendants auraient fondé la civilisation de Clovis (Nouveau-Mexique, 13 à 11 000 ans BP environ). S’appuyant sur des similitudes entre faciès lithiques, racines linguistiques, voire origines génétiques – toutes choses contestées – entre les deux cultures (ou leurs héritières), étayée par les techniques de cabotage et de survie connues chez les Inuit, cette idée reste cependant marginale au sein de la communauté scientifique, notamment à cause des milliers de kilomètres d’océan et des 5 000 ans séparant les deux groupes et des données récentes de l’ADN… 

F. Belnet

Pointe à cran du Solutréen
Feuilles de laurier - solutréen
Feuilles de laurier
Pointe à cran - Solutréen
Musée de Préhiistoire Eyzies-de-Tayac


Cultures lithiques

Hominides.com remercie Brigitte et Gilles Delluc pour leur participation à la rédaction de ces pages.
Photos copyright Kroko pour Hominides.com excepté Grotte Cosquer Jean Clottes.

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