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La marche
La marche
Sauver le nomade qui est en nous
Pascal Picq
Collection les grands mots
Editions Autrement
| Et si ce qui faisait l’homme c’était la marche bipède ? |
Présentation de l’éditeur
L’être humain est un bipède, un animal qui marche. Et c’est avec la marche que la pensée prend forme. Intimement lié à la pensée et à l’imagination, l’exercice physique de la marche est souvent à l’origine même de l’oeuvre des plus grands philosophes, de Socrate à Emmanuel Kant.
Pascal Picq prend ici le chemin de la philosophie et s’interroge : « Est-ce que je marche, donc je suis ? » Ou faut-il dire : « Je suis, donc je marche » ? Dans nos sociétés toujours plus sédentaires, le geste de la marche est menacé d’oubli. Pourtant, la survie de notre espèce et notre liberté en dépendent.
Hominides.com
Un livre presque disruptif sur la bipédie, spécificité que l’on attribuait à l’Homme ou exclusivement au genre Homo. La lecture de cet ouvrage vous montrera que l’Homme n’est pas le seul hominidé à savoir marcher sur deux jambes !
Pascal Picq livre une analyse d’abord philosophique et historique en faisant appel aussi bien à Socrate que Darwin ou Rousseau démontrant par la même que cette aptitude passionne les plus grands chercheurs et penseurs depuis les débuts d l’humanité.
Le corps principal du livre est basé sur l’anthropologie de la marche avec la vision de l’auteur sur l’évolution de l’espèce humaine mais aussi sur la façon dont cette évolution a été découverte, reçue par les spécialistes et le public à travers de multiples polémiques au cours du temps. Pour l’auteur, la marche est l’un des principaux moteurs de l’évolution humaine. Si notre espèce était restée sédentaire nous ne serions jamais allé en Eurasie, sur le continent américain, ou la banquise…
C’est d’ailleurs ce qui doit nous interroger car notre espèce perd de plus en plus cette capacité à marcher, que ce soit dans la vie quotidienne ou lors de pérégrinations estivales… Comme dans le dessin animé Wall-e ou les humains y sont totalement passifs, obèses et rivés à leurs écrans au point de ne plus marcher par eux-mêmes, assistés en tout par des robots.ce sont toujours des marcheurs qui ont changé le monde. C’est la marche qui a fait de nous des humains. Or, depuis le début du 20ème siècle, nous nous sommes sédentarisés; notre espèce est en danger par l’entrave à la marche exercée par le contrôle des machines (syndrome de la planète des singes). Beaucoup de références philosophiques et littéraires illustrent cet ouvrage vraiment très intéressant.
La fin de l’ouvrage est consacrée à la marche comme besoin vitale pour l’espèce humaine… pour sauver le nomade qui est en nous !
Et vous, vous en êtes ou avec la marche ? Plutôt stationnaire fiché sur son portable dans les escalators ou randonneur avec le sac à dos sur les épaules ?
L’auteur de La marche
Pascal Picq est paléoanthropologue. Après une thèse à l’université Paris VI et des études postdoctorales à l’université Duke (États-Unis), il a introduit l’éthologie dans le champ de l’anthropologie évolutionniste et poursuit désormais ses travaux sur l’évolution en cours de l’Humanité. Il est l’auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels Le monde a-t-il été créé en sept jours ? (collection Champs Flammarion) et 2017 de Premiers Hommes ainsi que sa version illustrée Premier Homme, et une version pour les enfants Premier Homme, les dernières découvertes scientifiques expliquées aux enfants (Flammarion, 2017). Il publie en 2019, L’Intelligence artificielle et les chimpanzés du futur (Odile Jacob).
Sommaire de La marche
Préambule Je marche, donc je pense Introduction A la recherche des pas perdu Première partie : Des idées, des mythes et des bipédies 1 Le carnaval des animaux qui marchent 2 La marche infranchissable des grands singes Deuxième partie : La longue marche des bipédies et de la pensée 3 On a marché sur la Terre 4 Comment la marche a fait l’Homme Conclusions Redevenir nomade et penser à pied Epilogues Bibliographie de référence |
Un extrait du livre La marche
Balades autour du DAC
Revenons au pied de l’arbre phylogénétique des hominoïdes en nous plaçant sur la branche de la lignée humaine séparée de celle des chimpanzés. Ce sont les hominidés africains. Nous sommes, théoriquement, après le DAC (dernier ancêtre commun) aux chimpanzés et aux hommes actuels mais confrontés à un problème de taille : comment était la grosse branche avant cette dichotomie ? Difficile à dire pour la période de la fin du miocène entre neuf et six millions d’années, si ce n’est pour quelques fossiles africains tout aussi épars que fragmentaires et la possibilité d’une migration issue de la lignée européenne, mais tout aussi imprécise. Et pour l’heure, tous les fossiles connus, et découverts récemment, marchent debout. Alors, garde à vous et revue de détail !
Toumai ou Sahelanthropus tchadensis. Du prétendant pour l’heure le mieux placé à l’origine de la lignée humaine, Toumai ou Sahelanthropus tchaden-sis, on ne connaît qu’un superbe crâne accompagné de diverses mandibules et de leurs dents. Comment savoir alors s’il marchait debout ? Grâce à la base de son crâne. Ce qu’on appelle le basicrâne est la clé de voûte entre le cerveau, la face et le squelette locomoteur (on dit aussi, non sans quelque mépris, squelette postcrânien…), en l’occurrence le sommet de la colonne vertébrale avec sa première vertèbre appelée si pertinemment l’Atlas et qui nous permet de dominer le monde de notre tête haut perchée. Chez Toumaï, la base du crâne est relativement courte et fléchie, avec un trou occipital – le foramen magnum – là par où la moelle épinière s’échappe de la boîte crânienne pour descendre vers le bassin, plus porté vers l’avant par rapport aux grands singes actuels. Tous les paléoanthropologues s’accordent sur la signification adaptative de tous ces caractères en relation avec la marche debout.
C’est à partir de telles observations que Raymond Dart, qui invente l’espèce des australopithèques en 1924, argumenta pour dire que le crâne de l’enfant de Taung indiquait une marche bipède. On a vu comment cette découverte a été récusée par la communauté scientifique de l’époque, mais pas sur des arguments scientifiques. Et pourtant, quelques années plus tard, Dart et ses collaborateurs mettent au jour un squelette postcrânien sur le site de Sterkfontein en 1935 et qui n’a rien à envier à celui de la célèbre Lucy révélé quarante ans plus tard. manque certainement une chanson… Néanmoins les contempteurs de l’australopithèque de Dart faisaient valoir un argument pertinent : chez les jeunes enfants des grands singes actuels, la base du crâne est plus fléchie et le trou occipital se place plus en avant.
Puis, au cours de l’ontogenèse, la base s’ouvre tandis que le foramen magnum migre vers l’arrière. En attendant, tous les fossiles de la lignée humaine découverts depuis l’enfant de Taung à Toumaï, qu’ils soient australopithèques, hommes ou autres, possèdent une base du crâne fléchie et un trou occipital situé en avant. On souhaite à Michel Brunet et ses collaborateurs de trouver un squelette locomoteur de Toumai comme cela advint pour Raymond Dart...





Pascal Picq







Brigitte Senut avec Michel Devillers




