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Gestes d’Éternité
Gestes d’Éternité
Du 4 avril au 8 novembre 2026
Musée national de Préhistoire,
Les Eyzies (Dordogne)
Exposition organisée par le Musée national de Préhistoire et le Grand Palais RMN
Les pratiques mortuaires et funéraires attestent depuis au moins 100 000 ans de pensées symboliques spécifiques tant chez les premiers hommes anatomiquement modernes (Homo sapiens) que chez les néandertaliens. Cela relève d’une capacité d’abstraction que l’on retrouve aussi dans l’attrait pour les beaux objets, la production des parures, l’usage des matières colorantes, le développement des productions graphiques. Ces phénomènes témoignent de l’émergence de la pensée dite symbolique.
Du paléolithique au mésolithique parcourez les salles du Musée pour découvrir les premières sépultures

Musée National de Préhistoire – Les Eyzies
Du 4 avril 2026 au 8 novembre 2026
Hominides.com
Il y a presque 20 ans, en 2008, le Musée National de Préhistoire programmait une exposition intitulée Première Humanité. Elle était centrée sur les sépultures attribuées aux Néandertaliens.
Cette année la nouvelle équipe du MNP élargit le champs d’étude à plusieurs espèces d’homininés depuis le paléolithique : celles dont on pense qu’elles ont eu des pratiques funéraires. Homo sapiens et Homo néandertalensis biens sur mais également Homo heidelbergensis…
Les indices de gestes funéraires sont nombreux dans les sépultures en France c’est pourquoi un grand nombres des vitrines de l’exposition permanente sont mobilisées pour cet évènement. Les fossiles sont parfois difficiles à voir comme la sépulture de Qafzeh dont une partie est en contrejour.
La réalité virtuelle fait son entrée au musée avec la visite numérique de la grotte de Cussac. C’est une réussite totale et vous pouvez aller voir plusieurs locus.
La partie exposition temporaire permet de voir certains éléments et admirer des artefacts qui sont sortis des réserves pour l’occasion… ils viennent parfois de très loin et sont uniques.
Un grand bravo pour cette exposition pour la richesse des artefacts, des reconstitutions et des fossiles. Une richesse dont vous ne découvrirez qu’une partie sur cette page : il a fallu faire des choix !
Bonne visite !
C.R.
L’exposition Gestes d’éternité en photographies
Les très jeunes enfants du Périgord préhistorique dans la partie permanente du Musée
L’enfant du Roc de Marsal
Cet enfant, de sexe indéterminable et d’un âge compris entre 2 et 4 ans est découvert par J. Laville en août 1961 dans la grotte du Roc de Marsal à Campagne de Buge en Dordogne
Datation : Paléolithique moyen, il y a entre 60 000 et 70 000 ans.
Le squelette est quasiment complet. Le corps du jeune néandertalien reposait dans une dépression du sol de la grotte, jambes repliées vers l’arrière.
La très bonne préservation du squelette et le fait que les os sont en connexion anatomique, plaide en faveur d’une inhumation intentionnelle avec un dépôt du corps, non pas dans une fosse creusée mais dans une dépression naturelle.
L’histoire remarquable du nouveau-né du Moustier
Découvert par Denis Peyrony en mai 1914 dans l’abri inférieur du Moustier, le squelette provient d’une fosse clairement délimitée. aux limites claires ayant la forme d’un cône tronqué de 40 cm de profondeur et 50 cm de diamètre.

Retrouvé en 1996 dans les réserves du musée, il est alors étudié en laboratoire par Bruno Maureille, grâce aux méthodes les plus actuelles de l’archéoanthropologie. Il s’agit d’un nourrisson décédé sans doute autour de sa naissance. Il a été intentionnellement inhumé il y a un peu plus de 40 000 ans.
Les enfants de Cro-Magnon
La sépulture multiple de l’abri Cro-Magnon
L’ensemble a été daté d’il y a 31 000 ans environ, ce qui place ce dépôt sépulcral au cœur du Gravettien.
En 1868, lors des travaux d’accès à gare des Eyzies, des ouvriers mettent au jour les premiers vestiges d’Homme moderne préhistorique à l’abri Cro-Magnon.
Au total ce sont les restes de 8 individus, 4 adultes et 4 très jeunes enfants qui ont fait l’objet d’un dépôt funéraire au fond de l’abri. Les recherches permettent aujourd’hui d’affirmer qu’il y avait 4 très jeunes enfants, âgés d’environ un an, 6 semaines, 2 semaines et d’un nouveau-né.
On ignore si l’ocre présent sur les ossements se trouvait sur les corps, les vêtements, ou s’il a été répandu sur une zone plus large.

Photo Kroko pour Hominides.com

Photo Neekoo pour Hominides.com
Des sépultures étonnantes
Qafzeh, une double sépulture
Découverte en 1933 dans le nord d’Israël, la grotte de Qafzeh, (« le précipice » en arabe), a livré une stratigraphie puissante renfermant des dépôts datant du début du Paléolithique moyen à l’époque byzantine: 14 individus du Paléolithique ont été identifiés sur le site, tous relevant d’une première vague d’humains modernes sortant d’Afrique il y environ 90000 ans.
Cette double sépulture primaire d’un enfant âgé d’environ 6 ans et d’un très jeune adulte de 15 à 19 ans en photo ci-contre constitue un ensemble remarquable.
Bien qu’un lien de parenté entre les deux défunts puisse être supposé, l’absence d’ADN préservé rend actuellement impossible toute affirmation.
En revanche, l’étude des pathologies visibles sur le squelette montre que l’enfant était atteint d’une lésion osseuse ayant affecté le développement de son crâne, entrainant certainement la mort, ainsi que d’une tumeur sur le fémur droit.
Rentrez dans la grotte sépulcrale de Cussac… en 3D
La grotte de Cussac représente l’une des plus anciennes manifestations attestées d’un système symbolique élaboré articulant espace souterrain art parietal et pratiques funéraires. Elle témoigne de formes complexes de spiritualité et de cohésion sociale chez les groupes gravettiens, fondées sur des gestes répétés, partagés et hautement codifiés
Venez découvrir cet ensemble de témoignages rares lors de votre visite, à mi-parcours de l’exposition.
Une vingtaine de minutes dans la cavité interdite au public !

Photo Neekoo pour Hominides.com

Photo Neekoo pour Hominides.com
L’exposition temporaire « Gestes d’éternité »

Gestes funéraires
Les gestes mortuaires et funéraires des société de la Préhistoire : une lente reconnaissance scientifique
A la fin du 19è siècle, les premières découvertes des vestiges humains permettent d’établir des caractéristiques biologiques des populations anciennes et certains chercheurs considèrent déjà que ces vestiges révèlent des pratiques funéraires.
Les populations du paléolithique au mésolithique ont chercher à « escorter » les défunts vers l’inconnu.
La Sima de los Huesos, les premiers gestes funéraire ?
Il est difficile d’établir avec certitude l’apparition des premiers gestes relatifs à une attention portée aux défunts, d’autant que certaines pratiques peuvent n’avoir laissé aucune trace.
Le site de Sima de los Huesos (Espagne), daté d’il y a 430 000 ans fait parfois débat : les restes d’une trentaine d’individus, adolescents ou jeunes adultes, ont été découverts dans un gouffre souterrain.
Cette accumulation et la présence d’un très beau biface (surnommé Excalibur) a conduit certains chercheurs à considérer qu’il pourrait s’agir d’un ensemble sépulcral.
La transformation des dents et des ossements humains… Pour quels usages ?
La première preuve de l’utilisation de l’os humain comme matière première pour fabriquer des outils est datée de plus de 50 000 ans. Il s’agit d’objets appelés retouchoirs servant par percussion à finir de façonner des outils de pierre. Cette utilisation technique très particulière, mise en œuvre par des néandertaliens, est attestée sur plusieurs sites à travers l’Eurasie, y compris en association avec des preuves de cannibalisme, comme à Goyet (Belgique) et Les Pradelles (Charente). Ces pièces pouvaient également avoir une fonction symbolique.


Photo Kroko pour Hominides.com

Photo Kroko pour Hominides.com
Plus généralement, des restes humains transformés par découpes, raclages, etc… peuvent aussi attester de pratiques liées au cannibalisme comme cela a été attesté sur le site du Placard (Charente) il y a environ 20 000 ans.

Paléolitique récent, Magdalénien, Abri Lafaye, Bruniquel (Tarn-et-Garonne) Photo Kroko pour Homùinides.com
La « Dame de Bruniquel » : une illustre inconnue
Mis au jour en 1885 dans l’abri sous roche de Lafaye, au bord de l’Aveyron, dans un contexte riche en sites d’habitats, ce crâne provient d’une sépulture du Magdalénien associant un squelette de femme adulte à celui d’un enfant de 3-4 ans.
La position de la femme, sur le côté, les membres fléchis, fait écho à cinq autres sépultures Individuelles contemporaines que sont celles de Laugerle-Basse (1872), Chancelade (1888), Saint Germain-La Rivière (1934), le Cap Blanc (1912), et plus récemment celle de la Red Lady del Miron en Espagne (2010),
Sépulture de bébés jumeaux sur le site de Krems (Autriche)

(Autriche) Collections régionales de la Basse-Autriche,
En dessus – Scapula de mammouth Paléolithique récent, Gravettien, il y a 31000 ans Krems (Autriche)
Photo Neekoo pour hominides.com
Fouillé à partir de 1999 le site archéologique de plein air de Krems-Watchberg daté du Gravettien, il y a 31 000 ans, se présente comme un grand sol d’occupation paléolithique structuré autour d’un foyer. En 2005 deux sépultures de très jeunes enfants ont été mises au jour. La première est une sépulture associant deux bébés déposés dans une légère fosse, l’un contre l’autre, têtes au nord et visage tourné vers l’est. Les squelettes sont recouverts d’ocre rouge. Cette matière colorante se trouvait peut-être sur un linceul de peau les enveloppant. Des éléments de parures sont associés à cette sépulture : 53 perles en ivoire de mammouth, des coquilles de mollusques et des dents percées de renard. Une omoplate de mammouth venait protéger l’ensemble.
L’enclos Laborde à Casseneuil, une sépulture double du Mésolithique
Le site de lencios Laborde (Lot-et-Garonne), près de la confluence de la Lède et du Lot, a livré un témoignage plutôt rare de certaines pratiques tuneraires du Mésolithique, époque des derniers chasseurs-cueilleurs d’Europe occidentale, il y a entre 11 000 et 8 000 ans.
Il a été fouillé au cours de l’hiver 2021 par une équipe scientifique de l’INRAP, ils ont découvert un premier individu, décédé après l’âge de 40 ans, inhumé en position presque assise dans une fosse ovalaire.
Les restes d’un deuxième individu décédé après l’âge de 30 ans, qui ont été installés entre les jambes du premier : crâne, quelques os longs, plusieurs petits os de ses mains et pieds.
Les geste funéraire dans le site d’habitat de l’abri Pataud
Abri orné et site d’habitat du Paléolithique supérieur ancien (-40 000 et -27 000 ans av. notre ère), l’abri Pataud correspond à une succession d’abris effondrés. Les chercheurs ont identifié le dépôt de 6 corps à même le sol (2 femmes et un homme adultes, 1 enfant de 5-7 ans et 2 nourrissons), qui font l’objet de prélèvements post-mortem de certaines parties anatomiques, par exemple les os longs des jambes des adultes.
Ce « moment » mortuaire complexe est à rapprocher d’autres sites gravettiens comme les grottes de Cussac, Vilhonneur et l’abri Cro-Magnon.


Photo Kroko pour Hominides.com

Photo Kroko pour Hominides.com
Communiqué par le Musée National de Préhistoire :
Exposition temporaire
Du 4 avril au 8 novembre 2026
Musée national de Préhistoire,
Les Eyzies (Dordogne)
Exposition organisée par le Musée national de Préhistoire et le GrandPalaisRmn
Commissaires
Nathalie Fourment
Directrice du Musée national de Préhistoire
Brad Gravina
Ingénieur en charge des collections du Paléolithique ancien et moyen
Chargée d’exposition
Maïwenn Courcelle, Musée national de Préhistoire
Exposition « Gestes d’étèrnité » en pratique :
Du 4 avril 2026 au 8 novembre 2026
Horaires
Juillet et août : sans interruption de 9h30 à 18h30, tous les jours
Juin et Septembre : sans interruption de 9h30 à 18h, fermé le mardi
Octobre à mai : de 9h30 à 12h30 et de 14h00 à 17h30, fermé le mardi
Fermé le 25 décembre et le 1er janvier.
Dernière entrée 45 minutes avant chaque horaire de fermeture
Accès libre à l’exposition temporaire après acquittement du droit d’entrée aux collections permanentes du Musée.
Tarifs spécifiques durant l’exposition :
Droit d’entrée :
Plein tarif individuel : 10 €
Tarif réduit individuel : 8,50 €
Gratuit pour les enfants et les étudiants de moins de 26 ans ressortissants de l’UE (18 ans hors UE), et pour tous, le 1er dimanche du mois
Lieu de l’exposition :
Musée National de Préhistoire des Eyzies
1, rue du Musée 24620 Les Eyzies-de-Tayac
Information et réservation :
Tél : 05 53 06 45 65
Fax : 05 53 06 45 67
reservation.prehistoire@culture.gouv.fr
www.musee-prehistoire.fr
Site officiel







Les sciences de l’Homme et la violence collective (XIXe-XXIe siècles)

Alain Beynex



Gisements préhistoriques















