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Pourquoi les faces des primates sont-elles aussi différentes ? (17/01/12)

L’évolution du visage des Primates

Capucin à poitrine jaune
Mise en ligne en janvier sur le site de Proceedings of the Royal Society B., une étude américaine, première du genre, portant sur divers singes d’Amérique du Sud, a établi un lien entre les ornements faciaux qui caractérisent chaque espèce et des facteurs comme leur degré de divergence évolutive, leur milieu naturel ou leur structure sociale.
  

L’étude
Des biologistes de l’Université de Los Angeles (UCLA) ont étudié les visages de 129 mâles adultes de primates d’Amérique centrale et du Sud, en fonction de divers paramètres phylogénétiques (évolution des lignées), biogéographiques (climat, biotope, espèces voisines…) et sociaux (importances des groupes). Ils en déduisent une évolution – au cours des 24 derniers millions d'années – vers un visage plus ‘dépouillé’, facilitant la lecture des  expressions faciales, chez les espèces très sociales.


Quantifier le qualitatif
Les scientifiques ont divisé (sur le papier !…) la face de chaque singe en 14 régions dont ils ont codé la couleur (y compris les poils du crâne et la peau), et étudié l'anatomie et les caractéristiques du visage, donnant à chacun d’eux une ‘note de complexité’. Ils ont également analysé des variables environnementales, et utilisé la longitude et la latitude des habitats comme expressions chiffrées de l'exposition au soleil et aux différentes températures. Enfin, ils ont utilisé les statistiques pour évaluer les degrés de divergence évolutive entre espèces. Le rapprochement de tous ces paramètres, ainsi que l’étude des systèmes sociaux de ces singes, leur a permis d'appréhender la façon dont les couleurs et aspects du visage évoluent.

Visages de primates, différents en terme de couleur et de complexité
Les visages de primates mâles adultes d'Europe centrale et Amérique du Sud. Des couleurs plus chaudes indiquent une plus grande complexité dans les modèles de couleur du visage.
Les espèces indiqués sont: (1) Cacajao calvus, (2) Callicebus hoffmansi, (3) Ateles belzebuth, (4) Alouatta caraya, (5) Aotus trivirgatus, (6) Cebus nigritus, (7) boliviensis Saimiri, (8) Leontopithecus Rosalia, (9) Callithrix kuhli, (10) Saguinus martinsi, et (11) Saguinus imperator; crédit: Stephen Nash

Plusieurs axes de découvertes
Un premier résultat intéressant : les singes côtoyant, dans leur habitat, des primates d’espèces étroitement apparentées, possèdent des faciès plus complexes : une façon de reconnaître les individus d'autres lignées, même très proches, et d’éviter ainsi les croisements ‘contre nature’, selon les auteurs.
Sur le plan éthologique et social, « nous avons constaté (…) que les espèces vivant en groupes plus importants ont des visages qui deviennent plus simples, plus clairs. Nous pensons que c'est lié à leur capacité à communiquer en utilisant des expressions faciales. Un visage plus clair pourrait permettre aux primates de transmettre plus facilement les expressions. Initialement, nous pensions qu'au contraire, dans de grands groupes, des visages qui varient plus et ont des caractères plus complexes permettent d'identifier chaque individu (…), [mais] ce n'est pas ce que nous avons trouvé. (…) Vivre dans une plus grande proximité met une pression plus forte sur l'utilisation des expressions du visage », explique Sharlene Santana, doctorante en écologie et biologie évolutionnaire.

Et chez l’homme ?
« Les êtres humains ont des visages plutôt nus, ce qui peut nous permettre de voir les expressions faciales plus facilement que si, par exemple, nous avions beaucoup de couleurs sur nos visages », continue la chercheuse.
« C'est un bon début vers la compréhension de la diversité des visages. On n'avait pas une idée claire, avant, sur la façon dont tel aspect de la face est impacté par telle pression évolutive. Sharlene a été capable de dire comment la complexité sociale, le comportement et l'écologie façonnent les visages », conclut Jessica Lynch Alfaro, directrice de l’étude, qui souligne par ailleurs que ces travaux suggèrent le caractère réversible de la plupart de ces évolutions.

F. Belnet  

Sources :
ScienceDaily,
www.earthtimes.org/nature


Photo haut de page : Capucin à poitrine jaune (Cebus xanthosternos) - Vallée des Singes. Copyrignt Kroko pour Hominides.com

 



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