| Les Vénus : où, combien et pourquoi ?
L’aire de répartition est extrêmement vaste, plus vaste que celle de l’art paléolithique. Elle comprend : la France (Pyrénées et Dordogne), l’Angleterre (un seul exemplaire actuellement égaré), l’Italie, l’Allemagne, plusieurs ex pays de l’est, la Russie y compris la Sibérie. Une exclusion importante est à noter, l’Espagne, qui jusqu’à présent, malgré des fouilles nombreuses, n’a donné qu’une ou deux statuettes, douteuses de surcroît.
Le nombre de Vénus paléolithiques connu est très important : près de 250. André Leroi-Gourhan a décrit une organisation schématique (fig. 22, 23,24) : inscription de l’ensemble dans un losange à grand axe vertical et des seins de l’abdomen et des fesses hypertrophiées dans un cercle.
Cette formule, si elle s’applique effectivement à nombre de statuette,s ne peut pas être généralisée. Un certain nombre de caractères généraux peut cependant être dégagé :
· La partie centrale du corps : seins, ventre, fesses, cuisses et sexe est toujours sur-représentée.
· Les mains, les pieds, les membres supérieurs et, à un moindre degré, les jambes sont négligés.
· Les traits du visage ne sont pas représentés sauf deux exceptions : la Dame de Brassempouy (fig. 29) et la tête de Dolni Vestonice (fig. 39).
· La fonction exacte de ces statuettes n’est pas connue. Quelques unes présentent un trou de suspension au niveau de l’extrémité des membres inférieurs et ont été employées comme objets de parure. D’autres ont été trouvées dans un contexte archéologique évocateur de rituels. Ces deux hypothèses, objets de parure ou de culte ne sont d’ailleurs pas exclusives.
Lire aussi l'intervention d'Alain Testard sur la signification des Vénus.
La Vénus de Lespugue
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La plus célèbre, l’une des plus belles (fig. 25, 26, 28), et des plus intéressantes. Cette statuette haute de 147 mm, taillée en ronde- bosse dans une pièce d’ivoire de mammouth est conservée au Musée de l’Homme de Paris. Elle a été découverte en 1922 à l’extrémité d’un niveau Gravettien de la grotte des Rideaux, à Lespugue en Haute-Garonne. Elle s’inscrit bien dans le schéma de Leroi-Gourhan (fig. 22) et présente toutes les particularités propres aux Vénus paléolithiques.
Cette pièce est également remarquable par sa stylisation extrême qui lui donne un saississant accent de modernité. |
26   28 |
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Une théorie originale
Luquet et surtout Y. Coppens(1989) ont fait une observation originale : vue de dos la Vénus de Lespugne montre une sorte de pagne et surtout à la base du sillon inter-fessier une protubérance triangulaire assez incongrue. Il suffit de retourner la pièce et le pagne devient une chevelure, la protubérance devient le sacrum. La Vénus serait ainsi une sorte de carte à jouer en relief présentant la même image féminine de face et de dos après retournement (fig. 27 et 27a). |
27   27a |
La Dame de Brassempouy (29)
Ce minuscule fragment d’ivoire sculpté (36,5 mm) a acquis grâce à la photographie un statut d’œuvre d’art majeur. Il représente, dans un style réaliste en contraste total avec la Vénus de Lespugne, une tête de jeune femme, soigneusement coiffée, presque un portrait si la bouche n’avait pas été omise. Et cette omission, compte tenu de la virtuosité du sculpteur, n’est pas un oubli. Il donne à cette œuvre un caractère troublant, énigmatique ou mystérieux qui n’est pas étranger à l’attrait qu’elle exerce. Voir le Musée de la Dame de Brassempouy.
(Grotte du Pape - 21 000 ans avant J.-C.)
Laussel - L
a Vénus à la corne (30).
Une autre célébrité conforme au schéma de Leroi-Gourhan. Ce haut-relief de grandes dimensions (54 cm x 36 cm) a été détaché de la paroi pour le mettre à l’abri. Cette figure inaugure une catégorie nouvelle de notre exploration : celle d'images plus intéressantes que belles, tout au moins à nos yeux.
La Vénus de Monpazier (31).
Tout à fait hors norme, trouvée en 1970 à la surface d’un labour. L’état de grossesse très avancé n’est pas discutable, la taille extravagante de la vulve serait une allusion à un accouchement proche.
Laugerie-Basse. La Vénus impudique (32).
Une dernière française ne répondant pas à la norme Leroi-Gourhan. Ivoire de mammouth, 8 cm |
La vénus de Sireuil 
Visible au Musée d'Archéologie Nationale
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31
- La Vénus de Monpazier |
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Deux Vénus italiennes
Grimaldi. Le losange (33).
La station de Grimaldi près de la frontière française a produit un dizaine de statuettes féminines. Le Losange (61mm) en stéatite verte est l’une d’entre elles.
Savignano (34).
Découverte par hasard, à 1 mètre de profondeur sous une pierre plate, sa datation est imprécise, mais malgré une forme générale étrange elle reprend les canons des statuettes gravettiennes. Elle est taillée dans un bloc de stéatite et par sa taille (225 mm) c’est lune des plus grandes sculptures paléolithiques.
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| 33
- Grimaldi. Le Losange |
34
- Savignano |
Des Vénus autrichiennes et Est-européennes.
Willendorf.
La Vénus (fig. 35).
Cette statuette, haute de 110mm en calcaire oolithique, fait partie des plus connues malgré son obésité manifeste.
Weinberg.
Découverte en place en 1948, taillée dans un calcaire dur, recouverte d’ocre, elle est formée par une paire de fesses surmontée d’un phallus, la vue supérieure montre nettement le méat urinaire. Cette pièce assez extraordinaire n’est cependant pas tout à fait unique.
Dolni Vestonice.
La Vénus (fig. 36)
110 mm, terre cuite.
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35 - Willendorf |
36 - Dolni Vestonice |
Weinberg |
La Vénus 12 (fig. 37)
Ce petit objet, 3,3 x 3,3 x 1,8 cm., en ivoire de mammouth, habituellement décrit avec les Vénus est une pendeloque, il présente au revers un anneau de suspension. Il a l’étrange particularité de se prêter à une triple lecture (par ordre de vraisemblance décroissante) : deux cuisses, un triangle pubien et sa fente traditionnelle à l’époque surmontés par un torse minuscule, deux seins et un torse enfin plus inattendu deux testicules surmontés d’un phallus.
La Vénus 15 (fig.38)
Ivoire 46 mm. L’un des très rares visages portraits.
La tête (fig.39)
Peut-être un homme, peut-être un faux, mais d’un saisissant réalisme.
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| 38 - Dolni Vestonice - La Vénus 15 |
37 - Dolni Vestonice - La Vénus 12 |
39 - Dolni Vestonice - La tête |
Les Russes et sibériennes.
Malgré la distance les pièces russes montrent la même opposition entre celles qui entrent bien dans le schéma Leroi-Gourhan (fig. 40 et 41) et celles qui s'en écartent manifestement (fig. 42).
Kostienki (fig. 40)
En calcaire, portant des traces de coloration rouge, elle fut retrouvée brisée.
Avdeevo (fig. 41)
Ivoire, 98 mm. Elle a été découverte non brisée dans une fosse en compagnie de deux autres statuettes de morphologie voisine.
Bourret 42
Ivoire
Les encoches de cette statuette pourraient bien représenter un vêtement de fourrure. |
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40
- Kostienki N° 83-2 |
42
- Bourret
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41
- Avdeevo N° 76 |
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