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De l’ADN humain conservé sur les parois des grottes préhistoriques
De l’ADN humain peut être conservé sur les parois des grottes préhistoriques
Une étude de l’art pariétal sur des grottes en Espagne et au Portugal a révélé la présence d’ADN humain. Sans ossements ou artefacts, les chercheurs ont pu isoler sur les parois les traces génétiques humaines.

Dans le cadre du projet First Art
Une équipe internationale de chercheurs venant de différentes institutions (Portugal, Espagne, Angleterre, Chine et Allemagne) s’est donnée comme objectifs de dater et d’analyser la composition chimique des œuvres d’art pariétales en Espagne et au Portugal. Avec le concours de l’Institut Max Planck d’anthropologie évolutionniste les chercheurs ont ouverts le champs d’analyse sur les possibles traces d’ADN déposé sur les parois.
Il faut des conditions spéciales pour que l’ADN ancien se conserve sans trop d’altérations. On peut le trouver « caché » dans les ossements ou les dents des paléolithiques ou il est conservé sans pollution extérieure. Sans ossements à percer les chercheurs peuvent également le retrouver sur des artefacts qui ont été manipulé par des humains. En 2017 les chercheurs ont mis au point une méthodes pour identifier du matériel génétique dans les sédiments d’un gisement préhistorique. Ils sont le plus souvent mélangés avec les restes d’animaux ayant fréquenté également les lieux (ours ou blaireau par exemple).
Une étude dans onze grottes

© Alberto Martínez Villa ; extrait de : Bossoms Mesa et al., Nature Communications (2026)
Les recherches ont porté sur 24 panneaux d’art pariétal provenant de onze grottes, incluant de simples signes, des mains négatives, ainsi que des morceaux de pigments s’étant naturellement détachés de certaines peintures de la célèbre grotte d’Altamira.
Sur les 120 prélèvements, ce sont seulement cinq qui se sont révélés génétiquement positifs. Les chercheurs ont pu identifier de l’ADN mitochondrial humain ancien :
– le premier situé dans une croûte de calcite pigmentée provenant du panneau 11 de la grotte d’Escoural,
– deux prélèvements de paroi de grotte non pigmentés provenant d’une galerie plus profonde de la grotte d’Escourbal,
– deux prélèvements non pigmentés adjacents à des peintures pariétal à Covarón.
De l’ADN humain
Les chercheurs ont remarqué que deux de ces fragments de parois ne présentaient aucune trace d’ADN mitochondrial faunique, une découverte exceptionnelle qui suggère que l’ADN a été déposé directement par des êtres humains par la salive, la sueur ou un autre fluide corporel. En revanche, les trois autres échantillons de paroi non pigmentés contenaient à la fois de l’ADN humain et faunique, suggérant un dépôt indirect, probablement par transfert de sédiments ou par mouvement d’eau, plutôt que par contact direct.
« Nous savons que certaines œuvres ont été réalisées en soufflant ou en frottant des pigments sur les parois. Compte tenu de l’extrême sensibilité des techniques actuelles d’analyse de l’ADN ancien, nous avons voulu vérifier si ce type de contact pouvait laisser des traces génétiques sur l’art rupestre, nous permettant ainsi d’obtenir les profils génétiques de ses créateurs », explique l’archéologue Hipólito Collado Giraldo, docteur en art parietal (Universidad de Extremadura).
Parmi les échantillons analysés, trois proviennent de femmes, un d’un homme et un autre n’a pas pu être attribué avec certitude à un sexe en particulier.
L’analyse plus poussée des deux échantillons de parois de grottes non pigmentées de Covarón a révélé que leur ADN appartenait à l’Homo sapiens, l’ADN nucléaire les classant dans le groupe génétique des chasseurs-cueilleurs occidentaux. Ce résultat concorde avec les observations faites sur d’autres populations ibériques anciennes.
Les artistes ont-ils laissé une « signature » génétique ?
Il pourrait être tentant de relier l’ADN humain et la proximité des œuvres pariétales mais rien ne permet d’affirmer la concomitance de l’art parietal et les traces humains porteurs d’AD
« Bien que nous ne puissions établir de lien direct entre les traces d’ADN humain ancien trouvées et la création de l’art rupestre, il s’agit de la première preuve de la conservation d’ADN humain sur les parois des grottes pendant des milliers d’années », explique la généticienne Alba Bossoms Mesa, première auteure de l’étude menée à l’Institut Max Planck d’anthropologie évolutionniste. « C’est passionnant de penser que nous avons peut-être découvert une nouvelle façon d’étudier la présence humaine préhistorique. »
« Ce n’est qu’un début », ajoute le biologiste Matthias Meyer (Department of Evolutionary Genetics, Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology) . « Nous savons désormais que les parois des grottes sont de véritables archives de la présence humaine passée. La prochaine étape consistera à analyser davantage de sites, de styles artistiques et de techniques, notamment les empreintes de mains négatives et l’art figuratif dans les grottes présentant de bonnes conditions de conservation moléculaire, toujours dans le respect des limites d’un échantillonnage minimalement invasif. » Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour l’étude des comportements humains préhistoriques sans perturber les sites archéologiques. L’analyse de l’ADN préservé dans les parois de la grotte permettra de mieux comprendre ses habitants, notamment leur sexe biologique et leur ascendance génétique.
Sources
Investigating ancient human DNA preservation on cave walls and in rock art
Alba Bossoms Mesa, Elena Essel, Louisa Jáuregui, Aurore Galtier, Elena I. Zavala, Kevin Nota, Merlin Szymanski, Julia Zorn, Hugo Gomes, George H. Nash, Pierluigi Rosina, Virginia Lattao, Luiz Oosterbeek, Carlos Carpetudo, Nelson A. Almeida, Carmen de las Heras, Pilar Fatás, Alfredo Prada, Lucía M. Díaz-González, M. Elena Sánchez-Moral, Alberto Martínez Villa, Mario Menéndez Fernández, José Julio García Arranz, Genevieve von Petzinger, …Matthias Meyer
Un proyecto arqueológico impulsado por la Junta de Extremadura revela que el ADN humano puede preservarse en las paredes de las cuevas
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Espagne
- Musée de l’Evolution Humaine – Museo de la Evolucion Humana – Burgos
- Atapuerca – Sierra de los Huesos
- Tito Bustillo – Grotte
- Centre d’art rupestre de Tito Bustillo
- El Castillo – Grotte
- Musée de Préhistoire et d’Archéologie de Cantabrie
- Musée et centre de Recherche d’Altamira
- Altamira – Grotte
- Ekain – Grotte
- Ekainberri, la réplique


