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Des races humaines suivant la couleur de la peau ?

Y-a-t-il des races humaines ? Pourquoi autant de couleurs de peau ?

La couleur de peau et les races humainesSommes-nous tous de la même race ?
Depuis plusieurs siècles, l’homme a tenté d’ordonner la nature et les êtres vivants en établissant des catégories, des groupes, des ordres. Dans un premier temps les seules différences anatomiques suffisaient à comparer deux populations, ce qui faisait classer les chauves-souris dans l’ordre des oiseaux sur le simple fait que les deux étaient dotés d’organes pour voler… !
Appliquée à Homo sapiens, cette méthode allait marquer pour longtemps les esprits ! La couleur de la peau, notamment, est toujours un sujet de conversation et parfois de conflits entre différentes populations...
Les anciennes tentatives de classification de l'espèce humaine basées sur des pratiques culturelles ou anatomiques continuent malheureusement d'alimenter aujourd'hui des théories racistes...

Historique des tentatives de classification humaine
Dans la Bible les hébreux classaient déjà les animaux selon des critères pratiques : purs et impurs, comestibles ou pas...
En 1684 le médecin français François Bernier fut le premier à imaginer qu’il existait quatre races d’hommes avec une méthode très simple et géographique : à chaque continent son type d’homme.

En 1758 Carl Von Linné proposa dans Systema Natura quatre variétés d’Homo sapiens, leur attribuant des caractéristiques peu scientifiques :
- les Americanus : rouge, colérique et droit
- les Europeus : blanc, sanguin et musculaire
- les Asiaticus : jaune pâle, mélancolique et rigide
- les Afer : noir, flegmatique et décontracté
Il distinguait également deux autres variétés fantaisistes : les monstrosus (êtres velus) et ferus (les enfants sauvages).
Carl Von Linné fut malgré tout l'un des premiers à tenter d'établir une recension des espèces.

En 1775, le naturaliste Johann Friedrich Blumenbach proposa, en s'appuyant sur Linné, une nouvelle classification des Homo sapiens : De generis humani varietate nativa. En 1795, il adopta définitivement la taxinomie suivante : la variété caucasienne à peau pâle (l'Europe), la variété mongole (Chine et Japon), la variété éhiopienne à peau sombre (Afrique), la variété américaine, et la variété malaise (Polynésiens, Aborigènes...).
La grande nouveauté de Blumenbach c'est qu'il établit une hiérarchie entre les variétés. Il place la variété caucasienne à l'origine des autres selon un critère très personnel : c'est le peuple le plus beau ! Les autres variétés sont une dégénérescence par rapport à cette population originelle (il faut prendre en compte qu'il emploit le mot dégénérescence dans le sens "écart par rapport à").
Il indique toutefois que toutes les variétés d'hommes correspondent à une seule et même espèce : il défend le principe d'unité de l'espèce humaine.

Toutes ces tentatives de classification vont marquer les époques et notre façon de voir le monde. Nous en héritons et elles font partie de notre histoire. Certains utilisent encore ces théories (sans parfois les connaître !) à des fins racistes.
La science, la génétique nous prouvent que l'Homo sapiens est une race à part entière, sans sous-catégories... et nous ne pouvons pas faire de classification sur des critères aussi subjectifs que la couleur de la peau, la géographie, la culture ou la beauté d'un individu !


Définition de la race et de l'espèce
Dans la classification générale du vivant on parle d’espèce pour regrouper toutes les populations interfécondes et dont la descendance peut elle-même se reproduire.
La notion de race se base quant à elle sur la notion de « gènes communs et exclusifs à un groupe d’individus ».
François Lebas (Directeur de recherche honoraire de l'INRA) propose la définition suivante : ..."au sein d'une espèce, une race est généralement considérée comme une collection d'individus ayant en commun un certain nombre de caractères morphologiques et physiologiques qu'ils perpétuent lorsqu'ils se reproduisent entre eux..."

Des races humaines ?
Aucune population humaine ne possède exclusivement des gènes propres. Les Homo sapiens forment une seule et même espèce. Les différences anatomiques que l’on perçoit, par exemple entre un individu asiatique et un européen, ne sont que l’expression plus ou moins forte de gènes communs.
Cette mixité génétique dans l’espèce humaine est tellement importante que si vous avez besoin d’un don d’organe ( un rein par exemple) vous avez autant de chance de trouver un donneur compatible dans votre voisinage qu'à Dakar au Sénégal.
Pour André Langaney (ancien directeur du Laboratoire d'Anthropologie du Musée de l'Homme) : "En fait, il n'y a pas de marqueur génétique de la race. On n'a jamais pu en isoler un qui soit présent, par exemple, chez tous les “Noirs” et absent chez tous les “Blancs”. Dès qu'on commence à définir une race, en cherchant des critères de classification, on n'en finit plus. Certains sont allés jusqu'à 450 ! S'il fallait pousser la classification à son terme, il faudrait définir une race par individu, car nous sommes tous différents".
Les populations humaines forment un seul et même groupe taxinomique, une seule espèce.

L'espèce humaine, depuis quand ?

Les études génétiques démontrent que l'espèce humaine a une origine récente : il y a de très faibles variations génétiques entre les différentes populations humaines.
Pour illustrer cette petite différenciation, on peut comparer deux chimpanzés (pris au hasard) et deux humains. Les chimpanzés présentent plus de différences génétiques que les 2 humains entre eux... Leurs origines sont donc plus anciennes que la nôtre... (voir dossier Homme-singe)
Le nombre de gènes est sans rapport avec la taille ou l'importance que nous accordons à une espèce : 14 000 pour la mouche Drosophile et... 30 à 40 000 pour l'Homo sapiens...
Voir également : les évolutions d'Homo sapiens depuis 200 000 ans.

La couleur de la peau : une simple question de gène !
Quelle que soit la couleur de notre peau, nous possédons tous des mélanocytes, produisant de la mélanine (pigment naturel) sous contrôle de nos gènes. Suivant sa concentration, ce pigment fonce plus ou moins notre épiderme. Parallèlement, la quantité et l'intensité des rayons solaires influent sur notre corps qui, pour se protéger, produit plus ou moins de mélanine : c'est le phénomène de bronzage.

Les mélanocytes contrôlent la production de mélanine.


Distribution géographique de la pigmentation.
Toutes les nuances sont représentées...
Les populations exposées de façon continue au soleil développent un "bronzage permanent" ! Si vous partez à pied d'une région sub-tropicale vers le nord, vous rencontrez, au fur et à mesure, des populations de plus en plus claires, sans rupture...
C'est donc graduellement que cette variation se déroule... du brun foncé au blanc-rosé. Il vous est alors impossible de déterminer à partir de quel moment un individu est blanc, noir ou jaune car toutes les nuances sont présentes et s'enchaînent !
Du brun "chocolat" au blanc "cachet d'aspirine" (voir graphique ci-contre), tous les Homo sapiens ont la même origine (voir la galerie d'ancêtres).
Elle remonte à environ 7 millions d'années et se situe probablement en Afrique (Toumaï ?).
Tout laisse à supposer que notre ancêtre commun avait une peau brune (pour résister au soleil) et de nombreux poils... Malheureusement la peau ne se fossilise pas (!) et il y a peu de chance que nous retrouvions un jour des restes de l'épiderme de nos ancêtres !
Voir les travaux de Nina Jablonski sur les poils et la peau des hommes préhistoriques.

Proportion des couleurs humaines dans la population globale.
Peau et pils des hommes préhistoriques
Poils et peau à la préhistoire


A lire

Le soleil dans la peau
Jean-Marc Bonnet-Bidaud, Dr Alain Le soleil dans la peauFroment, Dr Patrick Moureaux, Dr Aymeric Petit
Le soleil joue le rôle principal dans le scénario de l'évolution de la planète, et de la vie. L'espèce humaine, elle aussi, est le résultat d'une longue évolution sous le soleil. Quelle était la couelur des premiers hominidés en Afrique ? Avions-nous des poils sur tout le corps ?
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L'humanité au pluriel
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L'humanité au pluriel La diversité génétique humaine existe, même si elle est bien moindre que dans la majorité des espèces animales, mais elle doit être considérée comme une richesse. Et le terme d’égalité ne doit pas être confondu avec celui d’identité ; au contraire, c’est parce que nous sommes différents qu’il est nécessaire de nous proclamer égaux.

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La Mal-Mesure de l'homme
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Un livre touours d'actualité malheureusement... En savoir plus sur La mal-mesure de l'homme




Pour adultes et adolescents.
 

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Homo - Histoire plurielle d'un genre singulierUn livre complet et documenté sur l'histoire de l'humanité. Tous les grands thèmes sur les origines d'Homo sapiens sont présentés : hominidés, préhistoire, colonisation, évolution...
Un ouvrage de référence, préfacé par Yves Coppens. qui mériterait d'être présent dans toutes les bibliothèques de France.
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L'odyssée
de l'espèce

Jacques Malaterre - Yves Coppens

Le document-fiction qui a permis à la paléoanthropologie de rentrer dans tous les foyers...
 






 

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Cette vision de la vie
Stephen Jay Gould

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Sources utilisées pour ce dossier : La Recherche, Wikipédia et Stephen Jay Gould (Cette vision de la vie)

12/05/04