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Une statuette d'argile du Néolithique trouvée à Villers-Carbonnel

La dame de Villers-Carbonnel : une "Vénus" du Néolithique découverte dans la Somme

Lors de fouilles préalables au percement du canal Seine-Nord Europe, des archéologues de l'Inrap ont découvert, parmi d'autres vestiges issus de sites du Néolithique récemment mis au jour, une statuette en terre cuite d'environ 6 000 ans, représentant une femme stylisée, et rappelant, peut-être, les plantureuses ‘Vénus' du Paléolithique.  

Dame de Villers-Carbonnel, une vénus du néolithiqueLa découverte
Entreprises sous l'égide de la Direction des affaires culturelles de Picardie  préalablement aux travaux de construction du canal Seine-Nord Europe, des fouilles ont permis à une équipe d'archéologues de l'Institut national de recherche archéologique préventive (Inrap) de découvrir, à Villers-Carbonnel  (Somme, Picardie), dans un site néolithique, une statuette de terre cuite de 21 cm. Trouvée cassée en cinq ou six morceaux à l'intérieur d'un ancien four partiellement effondré, la statuette a pu être intégralement reconstituée : représentant une femme, elle a été surnommée "la dame de Villers-Carbonnel".

La statuette
Modelée à partir d'une plaque d'argile, elle montre des rondeurs suggestives : seins ronds, hanches larges et fesses proéminentes, mises en valeur par l'étroitesse de la taille. Pas de mains, et des bras symbolisés par de simples bourrelets prolongeant les épaules. Une tête conique, sans visage. Au global, stylisée et abstraite, elle présente « des lignes pures mais asymétriques », comme le souligne un communiqué de l'Inrap. « La statuette est très belle et remarquablement préservée. Nous avons parfois trouvé des fragments de telles statuettes, mais rarement une figurine entière », commente Françoise Bostyn, responsable scientifique des fouilles.

Culture locale, inspiration lointaine
Relevant de la culture néolithique dite chasséenne  (4300 à 3 600 avant J.-C, environ), à laquelle sont rattachés les vestiges des deux enceintes (palissades, fossés, bâtiment, trous de poteaux, fours) mis au jour par l'Inrap sur les rives de la Somme, cette effigie de femme est cependant peu représentative des habitudes artistiques du Néolithique moyen du nord de la France (Seine-et-Marne, Aisne, Oise, Paris). Selon Françoise Bostyn, de telles représentations sont connues (mais avec quelques différences) dans d'autres cultures, au Proche ou au Moyen-Orient, à la même époque. Une « unité stylistique qui (...) suggère un fonds idéologique commun dont l'origine est méditerranéenne », souligne l'Inrap.
Représentation symbolique de la fertilité, culte d'une « déesse-mère »... ? : les spécialistes sont aujourd'hui très prudents quant à l'interprétation de tels artéfacts...

Un tracé prometteur
Les 106 km du canal Seine-Nord-Europe, entre la Seine et l'Escaut, sont émaillés de pas moins de 77 sites archéologiques identifiés lors du diagnostic de l'Inrap. 31 ont déjà été (ou sont encore) fouillés, datant du Paléolithique au Moyen Age, avec un Néolithique bien représenté : enceintes de Villers-Carbonnel, maisons de Sauchy-Lestrée et habitat ancien de Languevoisin-Quiquery.

F. Belnet

Sources :
Inrap,
DailyMail

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