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KNM-ER 1470 est il un homme ? Homo rudolfensis ou Australopithecus rudolfensis... Page 2

KNM-ER est-il un homme ?ANTHROPIC PARK
ou KNM-ER 1470 est-il un Homme ?


Amosse Rémi - Borst Wolfgang - Guillemaut Fabien - Meignien Bruno
Juin 2007



  I. Avant-propos

II. ANTROPIC PARK ou KNM-ER 1470 est-il un Homme?

1- Le conflit Bromage-Leakey : Rudolf Pithecus ou Rudolf Homo?
2- Un nécessaire retour aux sources : 1972-1973
3- L'intérêt des Créationnistes pour la théorie d'Alexeev : Rudolf Rudolf ou Rudolf Amadeus ? : 1978-1985
  4- Les évolutionnistes à la reconquête de l'humanité de Rudolf : 1985-1989
5- Platyops affirme qu'il est frère avec Rudolf, le début d'une accalmie
6- Sandrine Prat convoque quatre-vingt quinze fossiles : le débat reste ouvert en
l'attente de nouvelles preuves…
7- Les enjeux de la controverse
8- Conclusion
  III. Annexes
1- Chronologie
2- Les acteurs de la controverse
3- Les fossiles, actants de la controverse
4- Bibliographie




Sur Hominides.com

ANTROPIC PARK ou KNM-ER 1470 est-il un Homme ? 2ème partie


Les évolutionnistes à la reconquête de l'humanité de Rudolf : 1985-1989

On était maintenant en 1985, Sam suivait l'affaire avec plus de recul, il savait désormais que Richard Leakey avait inconsciemment lancé l'hameçon. Walker lui-même, après quelques hésitations, l'avait croqué au vol. D'autres poissons avaient ensuite mordu, prenant le croûton pour le vers. Sam ne croyait pas que Richard Leakey avait mimé le scientifique honnêtement circonspect pour lancer le débat, il se disait plutôt qu'il aurait sans doute préféré qu'on lui assigne la découverte de Rudolf Fabulus! Mais notre biochimiste était de plus en plus curieux, les évenements s'enchaînaient en vérité très vite.

Certains créationnistes s'étaient ralliés derrière le Dr Gish et expliquaient qu'il n'existe pas de chaînon manquant, titre que les évolutionnistes attribuent à Rudolf par intermittence, et qu'en vérité Rudolf est Pithecus au même titre que tous les Homo Habilis et les Homo Erectus. Il n'existe donc plus de chaînon manquant, ce qui prouve que l'évolution n'a jamais eu lieu entre les singes et
les hommes (48) au même titre qu'il n'y a jamais eu d'évolution des invertébrés en vertébrés! L'état de la théorie de l'évolution était revenue au "point de départ" c'est à dire la découverte de Rudolf. Gish n'avait rien "perdu au change", tout au contraire, Rudolf Pithecus était devenu l'arme des créationnistes. Certes, à sa découverte, il avait été rapidement le héros de l'évolution, celui que les
paléoanthropologues avaient toujours cherché, imaginé, rêvé. Il semble que ceux-ci s'étaient trompés sur son compte, Rudolf ne correspondait pas à l'image qu'on s'était faite du maillon manquant : Rudolf Fabulus n'avait été qu'une passade. Et désormais, certains évolutionnistes grinçaient des dens à l'idée qu'ils auraient peut-être mieux fait d'accepter Rudolf Fabulus, ils étaient au pied du mur, et depuis 1972 les créationnistes avaient pris du poids aux Etats-Unis, ils étaient à craindre. Comment allaient-ils sortir de l'impasse? Une telle situation ne pouvait pas durer.
En effet, un an plus tard, revoici Alexeev, ce scientifique soviétique, qui crée l'espèce Homo Rudolfensis, et réaffirme que Rudolf Rudolf n'est pas une erreur.

Une erreur avait en effet été commise, et qui handicapait la décision des juges sur le sort de l'accusé Rudolf, d'après certains évolutionnistes, la datation des fragments étaient éronnée.

Cette histoire obsédait Sam de manière croissante, il était sujet à des visions, à certaines hallucinations très dérangeantes. Mais il avait décidé de ne plus rencontrer personne avant d'avoir retracé le fil de l'affaire jusqu'à nos jours. La dernière hallucination en date s'était justement déroulée au cabinet médical où Sam s'était rendu pour s'assurer de son état de santé. Le temps qu'il passa dans la salle d'attente fut terrible. Il vit deux médecins en blouses blanches s'affairer sur le pauvre Rudolf avec divers instruments, tandis que R. Leakey s'assurait du bon déroulement de l'entretien :

– Qu'en pensez-vous mon cher Lewin, cet individu prétend qu'il est vieux de 2,9 millions d'années alors que certains le disent de la famille homo!
– Cet individu ne prétend rien, Monsieur Feibel, c'est moi qui lui ait révélé son âge, rectifia R. Leakey. Mais continuez, je crains comme vous l'avez dit qu'il y ait quelques petites choses à revoir...
– Hmmm... il est vrai qu'il y a de quoi douter, je serais curieux de connaître le médecin qui vous suit...
– Le docteur A. Brock (49) , s'empressa de répondre Rudolf.
– Il a du y avoir une imprécision sur votre âge, c'est cela qui vous a mis dans cette triste situation Monsieur Rudolf.
– Si je puis me permettre Monsieur Feibel, déterminer l'âge d'un homme comme Monsieur Rudolf a toujours représenté un long et hasardeux travail (50).
– D'après cette nouvelle analyse que j'ai pu mener sur les lieux de votre découverte Monsieur Rudolf, il semblerait que vous êtes plus jeune d'un million d'années (51), n'est-ce pas magnifique? Soyez heureux, votre existence en tant qu'Homo est désormais bien plus évidente!
– Et surtout ne vous inquiétez plus Monsieur Rudolf!

Sam quitta la salle d'attente, en coup de vent, tout y était désormais, il allait boucler la boucle et revenir en 1992 où le choc de la reconstitution assistée par ordinateur du docteur Bromage avait été fatal. Sam s'inquiétait de savoir comment tout cela allait finir, à la manière d'un sociologue dont il ne se souvenait plus bien le nom, il avait commencé son "rapport de généalogie" qu'il destinait à Rudolf lorsqu'il aurait fini son enquête. Pour simplifier, ce rapport disait ceci :

Généalogie Rudolfensis selon evoltionnisme et creationnisme

"Rudolf, mon ami, tu n'es pas sorti d'affaire", se dit Sam, un brin désabusé. En observant bien l'évolution de la controverse depuis le début, il s'aperçut que Gish, représentant en quelque sorte le camp créationniste, avait changé de point de vue pour coller au plus près des arguments des évolutionnistes. Tandis que de l'autre côté, les évolutionnistes s'étaient étonnamment ravisés deux fois lorsque le point de vue des créationnistes coïncidaient avec le leur. "On ne peut pas rapporter le camp des créationnistes à la seule personne de Gish, remarqua Sam. Mais il est vrai que ce courant de pensée étant minoritaire, l'avis de ses représentants est plus homogène, et je n'ai pas observé de divergences d'opinions au sein de ce groupe!" Sam, après avoir analysé son schéma, le trouva stéréotypé, mais il ne faisait que rassembler ce qu'il avait pu entendre ou lire!

Après tant d'émotions et suivant les conseils de son médecin quant à son état de nervosité, Sam s'accorda un week-end à la campagne. Il se promit bien cependant de reprendre sa chronologie en 1992 dès son retour.

Il ne put s'empêcher d'aller visiter le musée de l'évolution (52), si proche de son lieu de villégiature. Il restait fasciné devant les portraits de notre célèbre ami Rudolf. Il était paticulièrement curieux d'observer comment les spécialistes ainsi que d'autres artistes s'étaient appropriés le personnage, le déclinant sous diverses formes.

Homo rudolfensis
Australopithecus rudolfensis
  Homo Rudolfensis ?
illustration parue dans le National
Geographic Magazine
  Australopithecus Rudolfensis ?
Illustration parue dans le sunday Times
du 12 novembre 1972
 

Ils semblaient avoir laissé libre cours à leur imagination. Chose pour le moins étrange, personne ne savait qui était Rudolf, mais tout le monde le reconnaissait! Une main posée sur son épaule vint alors interrompre subrepticement ses pensées.
– Regardez! S'écria l'inconnu en pointant du doigt Rudolf, n'est-il pas un Homo sapiens? Et lui, là, n'est-il pas de même un Homo sapiens? Et lui encore, comment pourrait-on lui refuser le titre d'Homo sapiens? Tenez, et celui-ci...
– Mais qui êtes-vous et que me voulez-vous? le coupa Sam, agacé d'avoir été interrompu dans ses rêveries -pour une fois qu'il n'avait pas sombré dans un cauchemar.
– Oh, excusez mes manières un peu brutales. Je suis le docteur Marvin Lubenow (53), théologue et paléoanthropologue. Rudolf m'intéresse au plus haut point. On l'a récemment daté à 1,9 millions d'années, or on a découvert il y a peu des fossiles humains bien plus anciens, jusqu'à quatre millions d'années! (54) Comment peut-on raisonnablement penser qu'il n'est pas un Homme?
– A vrai dire, je ne peux encore décider sur ce point.
– Et bien moi, j'avoue qu'il n'est pas chose aisée de décider de cela (55), mais tous les arguments sont là sous nos yeux et nous nous enfonçons dans le scepticisme : KNM-ER 1481 sont des os de jambes d'un Homme, le plus humain qui soit! Et ils ont été rattachés à Rudolf.
– Je comprends bien, mais comment se fait-il que tant hésitent à se décider sur le cas de Rudolf?
– C'est ce que je m'efforce d'expliquer dans mon livre, fraichement édité! (56) Les recoupements temporels entre espèces dérangent les évolutionnistes, car ils dénotent que la théorie de l'évolution n'est pas fondée (57)! Comment expliquez-vous justement qu'on retrouve des fossiles d'apparence humaine datés à 4,5 millions d'années, alors que cette date est censée représenter la date d'apparition des australopithèques?
– Ecoutez, je...
– Monsieur... Monsieur! Nous allons fermer le musée. Il se fait tard et vous avez eu tout le temps de contempler ces magnifiques échantillons depuis midi.
– Mais...Mais vous n'êtes pas le Dr. Marvin Lubenow?!

Sam réalisa qu'il s'était encore laissé prendre par le sommeil, qui l'avait amené cette fois en 1992. « Mais alors, pensa-t-il dans un éclair de lucidité, le pauvre Lubenow n'a pas eu de chance! La reconstitution du Dr. Timothy Bromage arrive juste après le livre de Lubenow ; et ce dernier se base sur les nouvelles découvertes de la période 1986-1992, à tendance très "Rudolf Homo", pour
soutenir que Rudolf est un Homme. D'autre part, Lubenow s'oppose à Duane T. Gish, qui a retourné sa veste en 1985 pour soutenir Rudolf Pithecus. Les allers-retours incessants des évolutionnistes ont semé la zizanie jusque dans les rangs créationnistes (58) »

1992! Sam n'y tenait plus, il refit ses valises et courut retrouver Rudolf. En 1992, celui-ci connaissait une période trouble. Le Dr. Bromage se proposait de prouver qu'il s'appelait Rudolf Pithecus. Cela, on le savait bien, tout le monde en parlait de cette fameuse reconstitution, elle remplissait des pages et des pages de "copier-coller", et mettait Bromage et Leakey sur le devant de la scène au point même de reléguer tous les autres protagonistes dans l'ombre, dans une masse informe sans voix. Mais pour la première fois, le débat se focalisait sur la méthode de reconstitution employée, fondamentale avant même toute observation pour déterminer les origines de Rudolf. Les résultats des uns et des autres rassemblés jusqu'alors ne valaient plus rien dans l'attente de confirmation de la justesse de l'une ou l'autre des reconstitutions.
Rudolf se sentait soudain schizophrène. Il avait maintenant deux visages. Un artiste aurait pu le dessiner tantôt s'arrachant les cheveux d'une tête humaine, tantôt s'arrachant les poils d'une face de singe.
Voulant mettre fin aux turpitudes de son protégé, Sam cherchait fébrilement un élément nouveau pour enfin décider des origines de Rudolf.
Passant les années en revue, il s'attarda sur le milieu des années 1990. Duane T. Gish d'abord en 1995 (59), puis en 1996, Hartwig-Scherer et Mehlert, simple théologiste mais néanmoins féru de géologie, suivaient alors la démonstration de Bromage et affirmaient que Rudolf s'appelait bien Pithecus. Ceci notamment, en s'appuyant sur le fait que la capacité de langage chez Rudolf n'était pas démontrée, et contrairement aux dires de certains spécialistes que l'existence de la zone de Broca ne suffit pas pour être capable d'un langage articulé (60).
Rudolf, qui n'avait pas « parlé » depuis longtemps, dit alors à Sam :
– Il y a des gens qui refusent de m'appeller Rudolf Homo, et d'autres qui affirment que je ne peux sûrement pas m'appeller Rudolf Pithecus. Est-ce que cela ne confirme pas l'hypothèse de celui qui m'a fait naître, R. Leakey? Si je ne peux être ni un Homme, ni un singe, pourquoi ne puis-je pas être tout simplement un intermédiaire, Rudolf Fabulus?
– Arrête, tu m'ennuies. J'ai déjà assez de problèmes pour te caser. Si on te trouve une famille, sois déjà content.
– Rudolf Fabulus, c'est ce qu'on aurait voulu que je sois, alors pourquoi me le refuser? Tu as vu tous mes portraits? Il y a des gens qui se passionnent pour Rudolf Fabulus. Et cela rend jaloux ceux qui disent qu'il n'existe pas.

Platyops affirme qu'il est frère avec Rudolf, le début d'une acalmie

Ne sachant que répondre, Sam avança dans le temps. 1999 : une voix lui parvint.
– Bonjour, on m'a dit que vous aviez des soucis. Je m'appelle KNM-WT 40000 (61) et je ressemble à Rudolf. C'est Meave Leakey qui me l'a dit, puisque c'est elle qui m'a trouvée (62)
– Et qu'est-ce que cela me fait? demanda Sam qui n'y croyait plus trop.

Mais il comprit vite que l'évènement était d'importance. Pour la première fois depuis longtemps, on retrouvait un nouvel élément concret qui touchait directement à Rudolf, puisque KNM-WT 40000 était peut-être de la même famille que Rudolf. On l'appela même Kenyanthropus platyops, l'homme à la face plate du Kenya. Cette nouvelle fit grand bruit, et parvint jusqu'aux colonnes du «New-York
Times»: sur sa couverture du 22 Mars 2001, le célèbre quotidien louait une découverte qui changeait l'image qu'on avait des premières étapes d'évolution de l'Homme.
Forte de son succès, Meave Leakey présentait une nouvelle généalogie pour l'Homme, plaçant Rudolf et Kenyanthropus dans une même branche, éteinte prématurément (63), tandis que l'Homo habilis, à la même époque, aurait continué son évolution, avec ses descendants les Homo erectus puis les Homo sapiens (64).
KNM-WT 40000
KNM-WT 40000

– Mais c'est affreux, s'exclama Rudolf. tu me racontes tranquillement que je n'ai pas d'enfants, même si je suis un Homo?!
– Ne me prends pas par les sentiments, cette théorie est peut-être valide, je ne dois pas l'exclure. Mais si cela peut te rassurer, elle ne fait pas l'unanimité.
– Il n'y a pas vraiment de quoi être rassuré, plus personne ne veut de moi. Il y en a déjà suffisamment qui me placent chez les singes, et maintenant d'autres me considèrent comme le représentant d'un groupe avorté, raté!
– Tu sais, c'est aussi un effet de mode, tout dépend du contexte. Avant, personne n'aurait songé à faire une généalogie « buissonante » de l'Homme (65). Aujourd'hui, cela ne dérange plus les scientifiques de créer une nouvelle espèce apparentée aux hominidés et qui se serait éteinte il y a plusieurs millions d'années. Mais c'est uniquement parce que tout le monde pense cela que la thèse de Meave Leakey a pu être assez largement acceptée. Vingt ans plus tôt, elle n'aurait jamais pu se faire entendre.

Sam avait pitié du pauvre Rudolf, soudain stérile. Mais il savait qu'il trouverait facilement des critiques. Rompu aux grandes tirades et petites piques, il ne trouva pourtant rien. Rien d'autre que de molles réserves quant à cette nouvelle généalogie pour l'Homme. Le doute s'était-il emparé des scientifiques? La lignée humaine était-elle devenue un sable mouvant pour quiconque aurait voulu y apporter la vérité (66)? Les paléoanthropologues semblaient étrangement calmes et réfléchis.
« Bien. Voyons si cette sagesse n'est que temporaire ou si elle se confirme sur la durée. 2002... rien. 2003... non plus. Ah! 2004, il y a des remous. Ca va cogner!

Sandrine Prat convoque quatre-vingt quinze fossiles : le débat reste ouvert en l'attente de nouvelles preuves...

Sam se rend sur l' "intertoile" où toute l'enquête avait débuté. Mais stupeur sur les blogs parallèles (67) ! Certains amateurs férus d'anthropologie en ont marre de tant de tergiversations sur l'identité de Rudolf. Qu'est-ce que ces quarante années de débat si intense ont apporté à la science?
Que des complications vraisemblablement, et pourquoi? Rudolf n'est rien si ce n'est quelques fragments d' os de crâne et un fémur insignifiants ne suffisent pas à créer une espèce. Au mieux peut-on considérer qu'un certain Rudolf Fragmentus a existé.
« Ce n'est pas avec ça que je vais aider Rudolf. Néanmoins je ne pourrais pas le lui cacher »

En l'année 2004 a lieu un très grand évènement, une scientifique française décide de mettre au clair la situation des familles Rudolfensis et habilis. Elle a donc convoqué pour cette étude quatre-vingt quinze fossiles (68) ainsi que Rudolf afin de déterminer exhaustivement les différents caractères de chacun.
Ce jour là, Rudolf et ses compagnons attendaient dans une ambiance survoltée de passer un par un au détecteur de mensonges. Les interrogatoires se prolongèrent jusque tard dans la nuit, et sur quelques jours encore... Qui aurait cru que cela prenne autant de temps! A peu près une semaine après le début des interrogatoires commencés avec les taxons OH 7,13,16,24 et 62, le verdict allait
enfin pouvoir être donné. Dans la salle se trouvaient Bernard Wood (69) et Mark Collard (70), les deux anthropologues qui avaient redéfini en 1999 les caractères d'appartenance à la lignée Homo (71), Sandrine Prat (72), l'hôte de cette conférence, et Meave Leakey, la femme de Richard Leakey, qui en 2001 avait décidé d'assigner Rudolf comme Rudolf platyops après la découverte du fossile KNMWT 40000 en 1999 par Justus Erus.

Le débat débuta par une présentation de Wood et Collard de leurs travaux publiés en 1999.
– Dans notre analyse cladistique réalisée sur de nombreux fossiles classés comme appartenant au genre Homo, nous avons redéfini ce qui pour nous devaient être les critères d'appartenance à ce genre, tout d'abord sur la masse corporelle...
– Sur ce point : les fossiles dits Homo habilis sont plus proches des Australopithèques que des Homo sapiens, continuez monsieur Collard
– Merci bien, mon cher Wood... La proportion des membres, une bipédie parfaite, la forme de l'appareil masticateur...
– Sur ce point, l'appareil masticateur d'Homo rudolfensis et habilis ressemblent plus à ceux des Australopithèques.
– A la vue des résultats obtenus à l'aide de notre cladogramme, nous décidons que les familles Homo rudolfensis et habilis sont imaginaires et doivent être exclus du genre Homo!

Sam, se faisant aussi discret que possible, s'étonnait que l'on puisse déterminer les caractères d'appartenance au genre Homo d'une telle manière. Mais cette stratégie ne semblait pas dénuée de sens, si jusque là personne n'avait réussi à trancher le cas de Rudolf, c'était peut être que les règles n'avaient pas été assez claires! Et cela se ressentait dans la généalogie selon Wood (collaborateur de Richard Leakey à l'origine, encore un qui s'était défilé d'ailleurs!) et Collard du fait que l'espèce Homo Habilis était devenue au fil des découvertes une « espèce poubelle » (73) .
C'était au tour de Meave Leakey de s'exprimer sur le cas Rudolf :
– D'après les dernières découvertes faites après votre étude, nous avons établi une forte ressemblance entre l'holotype de l'espèce Kenyanthropus platyops WT 40000 et Rudolf. Cette découverte détruit l'espèce Rudolfensis mais offre une nouvelle possibilité d'envisager le groupe de taxons rassemblés sous le nom vernaculaire de chaînon manquant.

De plus en plus intéressant, remarqua Sam, au paroxysme de sa concentration, Meave, la femme de Richard Leakey, venait de rétablir le nom de Rudolf Fabulus. Ce même Fabulus que Richard avait présenté en 1973, au détail près que Rudolf était transféré dans une famille d'adoption plus adéquate. Entre-temps, Sam avait pu constater que la reconstitution avait été finalement été
conduite par Meave et non pas par Richard Leakey.

Le docteur Sandrine Prat qui, jusque là était restée stoïque à l'annonce de chacun de ces deux points de vue décida alors d'intervenir.
– Les trente-deux qualifiés -comprenant entre autres Rudolf et WT 40000 (74) - pour le questionnaire final ont tous montré les preuves et l'évidence que les deux familles rudolfensis et habilis n'appartiennent pas au genre Australopithecus ni au genre Kenyanthropus (75) comme vous avez pu le dire à l'instant. Je me permets pourtant de préciser qu'au même titre que l'analyse réalisée par Messieurs Wood et Collard (76), le choix des caractères analysés est fondamental dans l'orientation des résultats obtenus.
– Et c'est d'ailleurs pour cela que nous désirerions savoir quels caractères vous avez pris en compte, nous avons été très clair sur ce point primordial comme vous avez eu le courage de le souligner! S'enquit Mark Collard.
– Un critère particulièrement important pour notre analyse a été la prise en compte de la racine cubique de la capacité crânienne moyenne multipliée par dix et divisée par la racine carrée de l'aire orbitaire moyenne (77), enchaîna Wood.
Un autre critère a été la taille absolue des dents et des mâchoires. Nous avons pu déterminer 11 variables métriques qui rapprochent plus Rudolf des Australopithecus.
– C'est justement ces points précis qui me semblent disctutables et c'est pour cela que je commencerai par énoncer les caractères que je n'ai pas pris en compte : mes collaborateurs et moi n'avons pas pris en compte la capacité crânienne et je suis désolée que vous ayez du vous astreindre à ces calculs fastidieux mais la capacité crânienne un élément douteux car trop de crânes sont endommagés. L'étude n'aurait pas été fiable de notre point de vue (78)
– C'est justement ce que nous avons constaté mais nous avons décidé de garder ce caractère dans le cladogramme, répondit Wood.
– D'autre part nous n'avons pas considéré la dentition comme un critère digne d'intérêt puisque la plupart des fossiles sont édentés.
– Enfin, vous jouez sur les mots! S'emporta Collard. Un point prête à confusion et je voudrais les citer aujourd'hui, les caractères déterminés pas L. Leakey, Napier et Tobias ne coïncident plus avec la réalité : nous pensions être tous d’accord sur le fait qu’un Homininé se déplace à pied , et il a été mis en évidence que Habilis ou encore Rudolf grimpait encore aux arbres et donc ne
présentait qu’une bipédie partielle (79) !
– Il est vrai qu'il reste des points à fouiller et notamment il faudra étudier de manière plus détaillée certains fossiles (80) et ceux à venir.

Sam finissait de gribouiller le dernier schéma qu'il allait remettre précieusement à Rudolf :

Généalogie - Lignées - Rudolfensis

– Vous avez bien redéfini ce qui pour vous était un Homo, conlut Sandrine Prat, mais il faudra
encore beaucoup de travail pour me présenter ce qui pour vous est un Australopithèque (81), il ne
s’agit pas de changer d’espèce poubelle pour une autre, pour cela je vous souhaite bon courage !
Mais attendons toujours l'arrivée de nouveaux collègues de Rudolf (82)...

Les enjeux de la controverse :

Il faut parfois savoir relativiser ce que prétend chaque acteur de la controverse car derrière les faits scientifiques rapportés, se cachent des idées qui peuvent influencer de quelque coté que se soit les interprétations et les conclusions de chacun. On peut penser à des personnes influencées par leurs sources de financement mais aussi par le mouvement de pensée dont ils sont les plus proches.
Prenons l'exemple des évolutionnistes et des créationnistes dans notre controverse.
Les premiers ont plutôt tendance à vouloir confirmer leur théorie donc qu'il y a des liens entre chaque fossile découvert et une évolution entre les prédécesseurs et les successeurs. Les seconds ont plus intérêt à montrer que certains éléments ne concordent pas afin d'en conclure que les faits conduisent à des explications moins rationnelles.

Pour les créationnistes :
Dans certains États d'Amérique, le fait que la théorie de l'évolution ne soit pas stable et totalement vérifiée a permis aux créationnistes de dispenser des cours sur leur théorie, la présentant plus fiable que celle née du Darwinisme. On voit ainsi qu'ils ont tout intérêt à ce que l'analyse du fossile de l'Homo rudolfensis mène à des conclusions déstabilisant le fait qu'il appartienne à une famille d'espèces, donc qu'il soit relié à l'homme.

Pour les évolutionnistes :
Les évolutionnistes possèdent une place plus reconnue à l'heure actuelle mais ils cherchent néanmoins à confirmer leurs convictions. C'est pourquoi ils sont sur la défensive et essaient de limiter le créationnisme à ce qu'il est en évitant d'apporter des faits pouvant semer le doute sur leur théorie.

Pour les fondamentalistes :
Ces derniers, pratiquant la lecture littérale de la bible, ne peuvent penser que l'on « descend du singe ». En effet, selon eux, l'homme est une création spéciale, à l'écart des autres espèces. Ainsi dans le sujet que nous traitons, le fait qu'il n'y ait pas de liens entre l'Homo Rudolfensis et l'homme serait à leur avantage.

Les effets des enjeux sur la recherche :
Dans certains cas litigieux, les scientifiques, apeurés par le fait d'obtenir des résultats favorable à la théorie des créationnistes préfèrent ne pas étudier des fossiles complexes qui peuvent nourrir le mouvement de pensée destructeur de leurs théories. Ceci peut pourtant être un comportement considéré comme anti-scientifique car bien souvent c'est sur des exceptions, qui ne vont pas dans le sens de ce que l'on pense depuis un certain temps, que l'on fonde de nouvelles théories indispensables pour avancer dans cette discipline. Ainsi par peur de parsemer des doutes dans la théorie qu'ils ont montée, les scientifiques partisans de l'évolution font eux-mêmes barrage à l'avancement de la science.

D'une manière plus générale la paléontologie joue un rôle important dans la religion et l'interprétation de la Bible par exemple. D'ailleurs on sait qu'au cours des siècles passés, la communauté religieuse a souvent donnée aux évolutionnistes un statut d'intrus (réactions de l'Église envers Darwin par exemple). Bien que le fait d'écarter des preuves scientifiques au profit de la religion paraisse actuellement peu probable, il faut le prendre en compte et donc se méfier d'informations qui auraient pour but de renforcer la crédibilité des fondamentalistes sans réelles vérifications scientifiques et donc rationnelles.

Au cours de la controverse, on se rend compte également de l'importance de la situation de chaque scientifique. Certains ont des finanements, d'autres pas. Si pour certains l'enjeu est de faire accepter leur théorie ou d'être reconnus, pour d'autres l'enjeu est simplement de pouvoir continuer à exercer leur métier de chercheur. Aux Etats-Unis mais pas seulement, il est nécessaire pour un chercheur de publier un certain nombre de publications chaque année, sous peine de perdre ses financements et son crédit aux yeux de la communauté scientifique. C'est ainsi que certaines thèses ne trouvent que très peu d'écho alors qu'elles ne sont pas moins argumentées que d'autres. De ce point de vue là, la communication joue un rôle prépondérant, surtout sur Internet où il faut savoir se
placer en lien priviliégié sur des sites biens référenés.


Conclusion

Le courant de pensée créationniste possède aujourd'hui une image souvent négative, en effet les créationnistes sont souvent critiqués pour la base même de leurs fondements qui allie croyances et sciences, ce qui est contraire au principe de laïcité tellement prôné dans un pays comme la France. Le courant ne réalise qu'une timide insertion dans le monde scientifique Français depuis
seulement quelques années tandis qu'il est déjà bien installé outre-Atlantique. Néanmoins, de nombreux évolutionnistes ou amateurs en anthropologie les considèrent comme mystiques ou encore moyenâgeux, tout en acceptant le débat aux Etats-Unis. C'est d'ailleurs à cause de cette ouverture d'esprit que les failles du système de pensée évolutionnistes ont pu être mises à jour, et
notamment sur la question du fossile KNM-ER 1470. L'exemple de cette controverse montre combien il est difficile pour toute une communauté scientifique de rester objectif, honnête avec soi même et envers ses collègues ainsi que le monde de la société.
On observe tout au long du récit, l'influence de chacun des deux courants de pensées évolutionniste et créationniste, pour ne prendre que l'exemple le plus parlant. Les créationnistes se veulent les détracteurs de la théorie de l'évolution, il se servent néanmoins essentiellement des arguments avancés par les différents scientifiques évolutionnistes. Ce qui, à premier abord peut paraître contradictoire. Et pourtant, l'exemple du Dr Duane T. Gish est révélateur ; celui-ci s'appuie sur les dernières découvertes évolutionnistes (en 1979 et surtout en 1985) dans un souci de crédibilité vis-vis des évolutionnistes pour adapter son discours et y voir -et montrer aux évolutionnistes- les preuves du créationnisme. En retour, le mouvement de pensée parmi les évolutionnistes en faveur de "Rudolf Pithecus" que représente le Dr Alan Walker en 1978 semble s'être intensifié de manière concomitante à l'intéressement des créationnistes pour la thèse de "Rudolf Homo". Chaque groupe influençe l'autre à sa manière, oriente ses découvertes et fait évoluer ses manières de penser.

On observe donc des aller-retours incessants d'un camp à l'autre depuis 1978 jusqu'en 1999 et 2001 ou Wood et Collard, deux évolutionnistes, décident de proposer une nouvelle description du genre Homo, c'est à dire de l'humanité pour certains créationnistes! Cette décision est-elle une réponse aux créationnistes, l'existence d'un courant de pensée s'opposant à la théorie de l'évolution n'offre-t-elle pas de nouvelles opportunités de se démarquer, d'inscrire son nom dans l'histoire ou tout simplement de se faire connaître? On observe ici l'exemple même de la théorie de l'acteur réseau développée par Bruno Latour dans le texte "Les trois petits dinosaures".
La découverte d'un fossile (1972) dont la classification est source de doutes et de questionnements (1973) chez les évolutionnistes éveille l'intérêt de leurs opposants (1979). Voyant ce phénomène se préciser, les évolutionnistes s'orientent alors dans la direction opposée de celle choisie par les créationnistes à l'époque (1978 et 1985). Si bien, que les créationnistes effectuent une pirouette
habile à 180° (1985) et suivent depuis de près un débat qui n'en finit pas au sein même du camp évolutionniste. A l'aube du XXIème siècle, certains évolutionnistes essayent tant bien que mal de sortir de l'impasse en jouant sur des termes techniques relatifs à la théorie elle-même (1999 Wood et Collard) ou encore en réévaluant à grande échelle l'état de la théorie (2004 Prat).
Un élément intéressant à signaler : les conclusions de Sandrine Prat en 2004, soit trente-deux ans après la découverte du crâne demeurent identiques à celles de Richard Leakey en 1973. Seule la découverte de nouveaux taxons pourra préciser le modèle, la paléontologie demeure inexacte, et la croyance aveugle en une théorie n'est que pure folie. Les créationnistes sont présents aujourd'hui pour nous le faire remarquer. Yves Coppens, en 2005, explique “que certains auteurs ne veuillent pas les[ premiers représentants du genre Homo] qualifier d’Homo, c’est leur opinion, mais ils ne peuvent pas les appeler Australopithèques", ceci pour dénoncer peut-être la dérive de la controverse au sein même du clan évolutionniste pour préserver l'intégrité de la théorie. Il ajoute qu' "il y a certes ce que l’on ne sait pas, mais il y a aussi ce qu’on le ne veut pas savoir (schémas traditionnels, difficulté à sortir, par exemple, de celui du chaînon manquant)", et la recherche -fondée sur le plan théorique mais insensée sur la plan pratique- du chaînon manquant a précipité les découvertes anthropologiques sans poser le débat à un niveau ne mettant pas en péril le modèle de base qu'est la théorie de l'évolution.
Yves Coppens ne met pas totalement de côté l'hypothèse de l'apparition de caractères de manière discontinue dans le temps, il est le représentant d'un courant de pensée appelé « néodarwinisme » se fondant sur la théorie de l'évolution tout en acceptant le caractère aléatoire biologique et environnemental sur l'évolution de l'Homme.


Notes :

48 "Les archives fossiles démontrent qu'il n'existe aucune relation évolutive entre les singes disparus et l'Homo, l'être humain, qui apparaît soudainement dans les archives fossiles." Harun Yahya, extraits de "Le mensonge de l'évolution" écrit en 2004

50 "Establishing the date and the species has been a long and often painful process. " Leakey et Lewin dans "People of the Lake",chapitre 2 : 1987

51 « Ce membre est limité à sa base par le KBS Tuff (environ 1,9Ma) et s’arrête juste au desus du Lower Koobi Fora Tuff (environ 1,65Ma) D’après les observations et corrélations stratigraphiques faites sur le terrain par Craig Feibel, ce site aurait un âge compris entre 1,65 et 1,9Ma » S. Prat et al. d'après Craig .S. Feibel et al. , "Stratigraphic context of fossil hominids for the Omo group deposit: northerh Turkana basin, Kenya and Ethiopia" , Am. J. Phys. Anthropol. Vol. 78 1989
lien :http://www.ivry.cnrs.fr/deh/prat/pratetal2003.pdf

52 Ce musée n'a jamais existé.

53 Marvin Lubenow est détenteur d’un master en anthropologie et en théologie et docteur à titre honorifique du Chistian Heritage College (San Diego, Etats-Unis).

54 "Lubenow claims that humans are found up to 4.5 million years ago, before any australopithecines" source : http://www.talkorigins.org/faqs/homs/a_lubenow.html

55 "Lubenow admits the difficulty but assigns them to H. Sapiens anyway" Jim Foley

56 «Bones of contention», 1992

57 "Lubenow continually resorts to the argument that overlaps between species falsify human evolution." analyse du livre de Lubenow "Bones of Contention" (1992) par Jim Foley

58 On observe une divergence d'opinions au sein des créationnistes, Gish restant sur l'idée que KNM-ER 1470 est un Australopithèque tandis que revient à nouveau l'hypothèse qu'il serait un Homme. Ces deux thèses trouvent leur explication dans le courant de pensée créationniste., un saut direct du singe à l'Homme restant un élément fondamental de leur pensée..

59 "Gish (1995) quotes passage from Bromage (1992) : stating that 1470's face would have jutted out considerably like
that of an ape" : Jim Foley sur le site "Talks of origins".

60 « Certainly no evidence exists for the presence of the lunate sulcus or Wernicke’s area in ER 1470. », « However, it is the smaller, less detectable Wernicke’s area, which is necessary for full speech » Melhert 1999 « The Rise and Fall of KNM-ER 1470 »

61 KNM-WT 40000 est l'abréviation de : Kenya National Museum (l'endroit où il est conservé) ; West Turkana (l'endroit où il a été trouvé) ; et 40000 (le numéro d'acquisition du musée). C'est Justus Erus qui retrouva ses restes.

62 Meave Leakey, l'épouse de R. Leakey, travaille pour le Kenya National Museum depuis 1969. En 1999, son expédition sur la rive Ouest du Turkana ramène un crâne et une mâchoire partielle datés de 3,5 millions d'années , qu'elle attribue à un nouveau genre en 2001.

63 « Mélange d'aspects humains et de caractères primitifs, le Kenyanthropus ne peut pas être rangé dans le genre Homo » ; « Sa face plate le rapproche d'un autre fossile exhumé au début des années 1970 sur l'autre rive du lac Turkana [Rudolfensis] ».
source : http://www.radio-canada.ca/radio/lumiere/archives/archives2001/avril2001.html radio canada

64 « Homo rudolfensis est, ou était, un Homo habilis un peu particulier qui est, ou était, considéré comme notre ancêtre »
. source : http://jeanlucvoisin.free.fr/pdfcours/La%20lignee%20humaine%20capes.pdf ; cours de Jean-Luc Voisin

65 A partir des années 1990, le modèle traditionnel d'une lignée directe de l'Australopithèque vers l'Homo sapiens est remis en cause au profit d'un modèle buissonnant, où des espèces se recoupent et où certaines branches s'arrêtent. Voir glossaire : « lignée humaine »

66 « La découverte de ce nouvel inclassable suit de peu celle du Millenium Ancestor, un hominidé vieux de six millions d'années. Cela confirme que plusieurs espèces d'hominidés ont pu coexister et que l'évolution de l'humain est plus complexe qu'on ne le pensait. »
source : radio canada (cf note 63)

67 Le blog de Kambiz Kamrani notamment pointait du doigt la faiblesse de la théorie d'une nouvelle espèce basée sur un seul individu ou plutôt sur une centaine de fragments osseux : ce blog n'est plus accessible.
http://anthropology.net/user/kambiz_kamrani/blog/2007/04/05/did_early_human_ancestors_have_more_non_human_ape_like_faces

68 « Quatre-vingt quinze restes crâniens d'hominidés fossiles originaux ont été étudiés , parmi lesquels 32 individus ont été sélectionnés. Ils correspondent aux spécimens accessibles pour études les mieux préservés » S. Prat source : « Les premiers représentants du genre Homo, en quête d’une identité. Apports de l’étude morphologique et de l’analyse cladistique », Bulletins et Mémoires de la Société d'Anthropologie de Paris Tome 16, Fascicule 1-2 (2004), p.3

69 Bernard Wood, paléoanthropologue américain, est directeur du Centre d’Etude Avancée de l’Histoire de l’Evolution Humaine à l’Université George Washington. Il a participé à l’expédition du docteur Richard Leakey en 1968.

70 Mark Collard, professeur auxiliaire au département d’anthropologie de l’université de Colombie britannique et professeur auxiliaire adjoint au département d’anthropologie de l’université de l'état de Washington. Il est spécialisé dans l’analyse phylogénétique des humains et autres primates.

71 « The human genus », Science 284 (1999) par Bernard Wood et Mark Collard Les critères classiques du genre Homo définis par R. Leakey, Tobias et Navier sont entre autres : un volume cérébral de 600cm3, capacité au langage articulé, supposé possible d'après l'aspect des reliefs endocraniens, la préhension précise du type moderne impliquant le développement d'un pouce opposable, et la trace de production d'outils.

72 La rencontre n'a pas eu lieu, du moins pas dans de telles circonstances mais le rapport publié en 2004 par Sandrine Prat s'adresse vraisemblablement aux deux paléoanthropologues Wood et Collard ainsi qu'à Meave Leakey.

73 Le terme semble être apparu pour la première fois dans les textes du docteur Lubenow, nous n'avons toutefois pas trouvé de source sûre, cependant ce terme est souvent évoqué, notamment dans les articles résumant les travaux de Wood et Collard.

74 « L’analyse cladistique , en intégrant les données issues de la description du nouveau spécimen kenyan KNM-ER WT 40000, holotype de l’espèce Kenyanthropus platyops met en évidence l’appartenance des spécimens 1470 1813 3732 OH 24 OH 62 Stw 53 au clade Homo »p.6

75 « L’Analyse cladistique des 122 caractères crâniens montre l’appartenance de ces deux espèces au genre Homo et non au genre Australopithecus ou Kenyanthopus » p.1 Sandrine Prat

76 « Du fait même des fondements méthodologiques de l’analyse cladistique, la fiabilité des résultats obtenus est influencée par le choix des caractères pris en compte » p.4, Sandine Prat

77 Sic : Thierry Koltes, article « Le genre humain » d’après Bernard Wood et Mark Collard, « The human genus », Science 284 (1999): 65-71. Source : http://ma.prehistoire.free.fr/wood.htm

78 Les données dentaires n’ont pu être incluses, du fait de la présence d’un trop grand nombre de spécimens édentés dans notre échantillon fossile. De même, la capacité crânienne, n’ayant pu être estimée que sur un nombre restreint d’individus, n’a pas été prise en compte dans l’analyse » p.4

79 « Les fossiles d'Homininés peuvent être classés en deux groupes sur la base des conclusions que la morphologie postcrânienne permet d'établir à propos de la locomotion : le premier groupe (Australopithecus, Paranthropus et Homo habilis) associe un type de bipédie et l'arboricolisme. » Tierry Koltes d'après « the Human Genus » Wood et Collard

80 « Une étude plus détaillée de l’holotype de Kenyanthropus Platyops est également indispensable pour confronter les résultats de l’analyse cladistique » Sandrine Prat, 2004


81 « Si comme le proposent ces auteurs [Wood et Collard], ces deux espèces appartiennent bien au genre Australopithecus, alors une redéfinition de ce genre s’avère indispensable » Sandrine Prat 2004

82 De nouveaux fossiles sont régulièrement découverts.

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Mise en ligne le 15/12/09