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Livre - La préhistoire des autres - Ed INRAP - La découverte

La Préhistoire des autres
Perspectives archéologiques et anthropologiques
sous la direction de Nathan Schlanger et Anne-Christine Taylor, coédition Inrap-La Découverte-Musée du quai Branly, 2012.


La préhistoire des autres


La préhistoire des autres
Présentation de l'éditeur
Longtemps, dans les représentations conventionnelles, la préhistoire a été celle de l'Europe occidentale, caractérisée par des industries lithiques et des grottes ornées emblématiques. A contrario, les sociétés non occidentales, en particulier les sociétés dites « primitives », sont appréhendées comme étant intemporelles, figées dans le moment de leur découverte.

Comment l'anthropologie prend-elle en compte le passé des sociétés dites « tribales » qu'elle étudie ? Comment ces sociétés se représentent-elles leur passé et comment l'archéologie peut-elle leur apporter une profondeur temporelle ? Dans quelles perspectives historiques et archéologiques les replacer ? Comment, en retour, l'anthropologie et l'archéologie des sociétés non européennes permettent-elles de donner des perspectives renouvelées à l'archéologie « occidentale » ?

Archéologues et anthropologues croisent leurs regards sur les cultures non occidentales et présentent ici les avancées récentes dans le champ de la recherche, en mettant l'accent sur la préhistoire de ces sociétés.


Les auteurs

Nathan Schlanger
, archéologue et historien des sciences sociales, a été chargé de la mission Recherche et développement international à l'Inrap de 2005 à 2011.

Anne-Christine Taylor, anthropologue spécialiste des sociétés amazoniennes, est directrice de la recherche au musée du Quai Branly.

Sommaire La Préhistoire

Sommaire

Préface
Introduction

PARTIE I ARCHÉOLOGIE ET ANTHROPOLOGIE SOCIALE
1 La préhistoire des autres, du déni au défi
2 Seuls les grands singes ont une « nature humaine »
3 L'imaginaire et le symbolique
4 Lascaux et la préhistoire de l'art non occidental
5 D'une histoire à l'autre. Retour sur une théorie des liens entre langues et techniques en Afrique

PARTIE II LES SOCIÉTÉS DANS LEUR ENVIRONNEMENT
6 Archéologie de l'innovation
7 Diversité linguistique et agrobiologique dans le passé amazonien
8 Little Foot : nouvelles études autour du fossile d'australopithèque le plus complet au monde
9 Utilisation des mollusques/coquillages dans les sociétés précolombiennes des Petites Antilles. Éléments de systèmes techniques, sociaux et culturels
10 La figure atemporelle du « nomade des steppes »

PARTIE III LES SOCIÉTÉS ET LEURS OBJETS
11 Les campements de Pincevent, entre archéologie et anthropologie
12 La percussion tendre organique dans l'Acheuléen d'Afrique orientale
13 Les industries lithiques de Blombos (Afrique du Sud). Apports de l'expérimentation à l'histoire des techniques
14 Comprendre les mégalithes de la Sénégambie. Généalogie des modèles explicatifs
15 La préhistoire de l'Égypte. L'unification culturelle de la vallée du Nil au IVe millénaire
16 Accéder au passé d'une région : l'exemple de la culture matérielle des sites néolithiques et protohistoriques en contexte dunaire au Sénégal

PARTIE IV L'IDÉEL ET LE MATÉRIEL
17 Des objets pour penser l'indicible. La nécessaire convergence des théories
de la culture matérielle
18 Des hameaux partagés par les vivants et les morts. Pratiques funéraires des premières sociétés sédentaires au Proche-Orient
19 Le nomadisme dans les steppes aux environs de notre ère. Culture matérielle et objets symboles
20 Momies chachapoyas du Pérou ancien
21 Un sanctuaire marin de l'Arabie néolithique
22 De l'« objet social total » à la « sociologie par l'objet ». L'igname comme contexte chez les Abelam de Papouasie-Nouvelle-Guinée

Quelques remarques en guise de conclusion
Table des matières

Un extrait de La Préhistoire des autres

Introduction
Archéologie et anthropologie : chemins parcourus et engagements partagés
Nathan Schlanger Inrap, UMR « Trajectoires » ; GAES, University of the Witwatersrand, Johannesburg.
Anne-Christine Taylor Musée du quai Branly

La diversité et la richesse des contributions rassemblées dans ce volume nous incitent à les mettre en perspective à partir d'une réflexion plus générale sur l'archéologie et l'anthropologie. Dans cette introduction, nous nous proposons d'explorer quelques-uns des liens tissés, et pour certains défaits puis renoués, entre ces deux disciplines au long des deux derniers siècles. En partant de questions terminologiques, conceptuelles et pratiques, en identifiant des affinités thématiques et des préoccupations partagées, notre intention est de mettre en lumière quelques-uns des enjeux et des responsabilités auxquels ces disciplines sont confrontées aujourd'hui.

Trajectoires
Les rapports entre archéologie et anthropologie n'ont pas toujours été clairs ni soutenus. Ces disciplines se sont elles-mêmes transformées aussi bien du point de vue de leurs finalités que de leurs traditions et de leurs champs d'action, en se reconfigurant et se repositionnant pour des raisons autant intellectuelles qu'institutionnelles et pratiques. Cette variabilité se perçoit déjà sur le plan de la terminologie. Le concept d'archéologie, appliqué à l'étude des vestiges matériels du passé, est relativement stable et homogène, même si, nous le verrons, les développements de cette discipline et les définitions du passé dont elle traite sont actuellement en cours de réévaluation. Plus complexe est le concept d'anthropologie, qui a fait l'objet de définitions et d'usages divers au cours du temps et en fonction des différentes traditions de recherche [Bonte et Izard, 2007]. « Anthropologie », en français, a longtemps désigné presque exclusivement l'étude physique ou biologique de l'homme, mise en rapport avec des vestiges paléontologiques ou des populations actuelles. L'étude des moeurs et des coutumes de ces populations, c'est-à-dire leur « ethnographie » (études ciblées ou monographiques) ou leur « ethnologie » (avec des visées plus généralistes et comparatives), correspond à ce que la tradition anglo-saxonne nomme « anthropologie sociale ou culturelle ». Sauf indication contraire, c'est à cette anthropologie que l'on se référera ici, ainsi que dans l'ensemble du volume.
Dans la tradition nord-américaine, cette anthropologie socioculturelle appartient au domaine plus étendu de l'anthropologie prise au sens large, qui inclut aussi les champs de la linguistique, de l'anthropologie biologique et de l'archéologie. Ce lien intellectuel et institutionnel a le mérite d'être clair et explicite, et l'on peut en apprécier les apports considérables. La Four field anthropology suscite aujourd'hui encore des démarches et des recherches collectives, en particulier au
sein de l'American Anthropological Association, ainsi que par le truchement de fondations internationales telle la Wenner-Gren Foundation for Anthropological Research. Cependant, cette cohérence disciplinaire est actuellement remise en question, notamment en raison de divergences méthodologiques et épistémologiques entre ses divers praticiens. En ce qui concerne plus particulièrement l'archéologie, son ancrage au sein de l'anthropologie a aussi pour conséquence
de la faire se détourner des recherches sur les « civilisations anciennes », classiques et orientales, et plus généralement des méthodes et des problématiques des disciplines historiques. Les implications de cette position sont plus évidentes encore quand on se déplace du Nouveau Monde vers l'Ancien. Pour s'en tenir à la France – mais des analyses similaires pourraient être faites pour les pays germanophones et scandinaves –, divers découpages disciplinaires font que l'archéologie classique reste encore associée à l'histoire ou à l'histoire de l'art, tandis que l'archéologie préhistorique comprend une forte composante naturaliste, en liaison avec les sciences de l'environnement [Biehl et al., 2002 ; Demoule et al., 2009 ; Thiébault, 2010].
Transposés dans notre paysage académique (Université, CNRS…), les rapports entre archéologie et anthropologie se révèlent moins fréquents en France qu'outre-Atlantique, mais peut-être aussi moins routiniers.
L'essoufflement de la Four field anthropology tient aussi à sa longévité. Aussi louables qu'aient été les visées scientifiques et relativistes qui l'ont fait naître au début du XXe siècle, cette conception unitaire reposait en fait sur des bases essentiellement évolutionnistes, héritées des décennies précédentes. Lorsque l'homme exotique est devenu un sujet colonisé, un sujet qu'il fallait apprendre à connaître autant pour le civiliser que pour l'administrer, lorsque, paléontologie et géologie aidant, s'est ouverte une vaste profondeur du temps pour les premiers âges de l'humanité, la science de l'homme qui s'ensuivit fut essentiellement une science de l'Autre – non civilisé, prémoderne, non occidental, préindustriel –, un Autre éloigné aussi bien dans l'espace que dans le temps. Cette affinité fondatrice entre préhistorique et primitif, entre hommes fossiles et hommes sauvages (pour reprendre le titre d'un ouvrage d'Armand de Quatrefages) a elle-même des antécédents dans la pensée occidentale. Après la découverte des Amériques, ses habitants indigènes ont été assimilés aux Anciens, et perçus en quelque sorte de la façon dont les barbares l'avaient été par les Grecs.
Par un effet de retour, les arts et coutumes de ces indigènes ont servi à éclairer les antiquités préromaines, celtiques et antédiluviennes que l'Europe commençait à exhumer de son sol, comme l'ont montré Alain Schnapp [1998] et François Hartog [2005]. Durant la seconde moitié du XIXe siècle, primitifs et préhistoriques ont les uns comme les autres servi de points de repère ou de bornes milliaires à une conception résolument évolutionniste qui aboutit, à travers différentes étapes de développement social, politique, économique, technique, artistique et religieux, à l'apogée que représente l'homme blanc occidental. Les schémas qui passent graduellement de
la « sauvagerie » à la « barbarie » puis à la « civilisation », tel celui élaboré par L. H. Morgan dans son Ancient Society de 1877, ont leurs pendants spatiaux et temporels. Voyager aux antipodes, observer les autochtones de la Terre de Feu, de l'Afrique australe ou encore du cercle polaire, c'est voyager vers les temps des origines. Ainsi, l'archéologie préhistorique donnait aux anthropologues et aux philosophes des éléments pour imaginer un état premier, tout en élaborant un cadre historique et un support empirique adéquats à la marche du progrès.
Pour ce qui est de l'anthropologie, cette proximité initiale s'est vue rapidement dépassée. Dès le tournant du XXe siècle et le premier conflit mondial, le paradigme évolutionniste et le diffusionnisme à sa suite cédèrent la place à des approches fonctionnalistes et culturalistes. Loin de chercher à positionner des groupes sur une échelle de développement nécessairement eurocentrique, ou à cartographier leurs aires d'origine et leurs routes de migration, l'enjeu consiste, avec Bronislaw Malinowski et A. R. Radcliffe-Brown, à comprendre le fonctionnement des sociétés, leurs structures de pouvoir et de parenté, chacune étudiée intensivement, par « observation participante ». Autour de Franz Boas et de ses élèves, l'approche culturaliste se concentre sur ces manières de faire et de penser que recouvre le concept de culture. Présente dans toutes les sociétés humaines et actualisée selon des modalités propres à chacune d'elles, chaque culture devrait être perçue et comprise dans ses propres termes et devrait être étudiée sans jugements de valeur.
L'anthropologie contemporaine adhère encore, pour l'essentiel, à cette conception, à ceci près que, dans le sillage de Claude Lévi-Strauss, elle conçoit la culture d'un collectif donné comme un effet de perspective lié à l'exercice du « regard éloigné » propre à l'ethnologue, plutôt que comme une propriété intrinsèque à telle ou telle société [Wagner, 1981 ; Strathern, 1988 ; Viveiros de Castro, 2009].
L'archéologie – et principalement l'archéologie préhistorique – a été bien plus lente à s'émanciper de ces affinités séduisantes entre l'« ailleurs » et l'« avant » [Fauvelle-Aymar et al., 2007]. Avec ses
données muettes et lacunaires, en manque d'acteurs vivants à observer et à interroger, elle s'est développée dans la dépendance de l'anthropologie.
La pratique de l'analogie directe lui a permis de puiser dans les sources ethnographiques un « référentiel » primitif, soit de façon générique, pour concevoir des groupes anciens à l'image de contemporains (des Bushmen, ou encore des Eskimos, comme modèles des groupes paléolithiques), soit, plus particulièrement, pour tenter d'expliquer tel ou tel vestige préhistorique (un certain type d'outil de pierre, une scène peinte sur une paroi de caverne…) en référence à des
observations actuelles.
C'est face à cette conception que se comprendront, dans ce volume, les commentaires résolument critiques d'Alain Testart sur les haches polies des Aborigènes australiens, de Margaret Conkey sur les interprétations de l'art pariétal à Lascaux et ailleurs, d'Augustin Holl sur les premières interprétations des « mégalithes » sénégambiens, ou encore ceux de Carole Ferret sur le nomadisme comme « stade » de développement. En dépit de ses limitations flagrantes – comparaisons hasardeuses et hors contexte, formalisme réducteur dans le choix des
traits, etc. –, ce genre d'analogie continue d'être utilisé tant par les médias que par le grand public : n'entend-on pas dire encore de nos jours que les Papous (dont nous parlent ici – et bien autrement ! – Pierre Lemonnier et Ludovic Coupaye) vivent à l'âge de pierre !
Ce n'est qu'à partir des années 1970, et grâce à l'ethnoarchéologie, que le recours aux données ethnographiques s'est inscrit dans un usage plus critique et mieux maîtrisé, sous l'impulsion notamment de l'anthropologue américain Lewis Binford et de l'approche « palethnologique » due à André Leroi-Gourhan et à son équipe. Évitant les solutions toutes faites et les comparatismes superficiels, le recours à l'anthropologie sert désormais à tester des hypothèses spécifiques, à concevoir des expérimentations pertinentes et à identifier des pistes à suivre, que ce soit pour mieux documenter les processus de formation des dépôts archéologiques ou pour interpréter les comportements des groupes humains qui les ont produits [Lane, 2005 ; Garrow et Yarrow, 2010].
Combinant justement des apports de Leroi-Gourhan et de Binford, Claudine Karlin et Michèle Julien reviennent ici de leur étude sur les nomades du renne en Sibérie avec des questions pertinentes pour la compréhension des comportements des Magdaléniens de Pincevent. L'interprétation que proposent Vincent Charpentier et Sophie Méry d'un amas d'os de dugongs néolithique dans le golfe Persique, à la lumière de ceux décrits dans les mers du Sud par les premiers explorateurs occidentaux, montre ce que de telles comparaisons, raisonnées et enrichies de sources historiques, peuvent avoir de productif. Posant sur l'ethnoarchéologie un regard plus critique, Olivier Gosselain cherche pour sa part à mieux cerner les pratiques et les engagements quotidiens des potiers et des potières de l'Afrique de l'Ouest, qui façonnent leurs identités en même temps que leurs traditions céramiques.

Objets
L'essor de l'ethnoarchéologie a donné lieu à une reconfiguration des rapports entre archéologie et anthropologie. Depuis qu'elle est devenue une pratique systématique, l'archéologie a adopté une forme de « matérialisme méthodologique », impliquant une attention soutenue aux vestiges tangibles du passé, à leur récolte exhaustive, leur description normalisée, leur classification et leur analyse détaillée, leur reconstitution, leur représentation et leur interprétation par l'image et
par le texte. Pour certains, cette focalisation sur les vestiges matériels répond à la nécessité de pallier l'absence des acteurs afin d'accéder aux aspects manifestement symboliques ou idéels du passé, qui leur semblent les plus dignes d'intérêt. Pour d'autres cependant, et de plus en plus nombreux, l'attention minutieuse prêtée au tangible découle aussi de la conviction que les aspects matériels des sociétés anciennes, les objets qu'elles manipulent, qu'elles échangent et qu'elles valorisent, les techniques et les relations qu'elles mettent en oeuvre pour produire et pour consommer, leurs interactions avec leur environnement, leurs cultures matérielles enfin, constituent des dimensions fondamentales de leur existence… que l'archéologie est particulièrement apte à appréhender et à mettre en valeur. Ces dernières décennies, l'intérêt pour les faits matériels propres aux archéologues s'est propagé à l'anthropologie, et plus particulièrement à l'anthropologie socioculturelle anglo-saxonne. Avec le déclin de l'évolutionnisme et du diffusionnisme, l'étude des objets s'est vue marginalisée en anthropologie, du moment où les faits matériels n'avaient plus à servir d'indices de progrès ou de marqueurs de contacts ou d'emprunts – un paradoxe, si l'on songe que c'est l'anthropologie boasienne qui a inventé la catégorie de « culture matérielle » (à côté de la culture sociale, religieuse, etc.). Diffusée depuis l'ethnographie arctique vers la Russie blanche puis soviétique, cette catégorie apparaît en France durant le Front populaire, puis refait surface dès les années 1980 dans son usage actuel. Par ailleurs, les grands musées ethnographiques de New York et d'Oxford, comme ceux de Paris ou
de Berlin, continuent au long du XXe siècle d'amasser dans leurs réserves et leurs vitrines d'innombrables pièces exotiques, spécimens hors du commun ou séries représentatives, fruit de collectes et d'expéditions coloniales aux quatre coins du globe. Néanmoins, l'anthropologie
socioculturelle alors naissante choisit délibérément de se focaliser sur les symboles, les langues, la pensée, les coutumes, c'est-à-dire, comme l'énonce Boas lui-même en 1902, sur « les activités humaines qui ne trouvent pas d'expression dans les objets matériels » [cité dans Schlanger, 1999].
Dans la tradition française, la part humaine des objets matériels n'a jamais été perdue de vue. Reste qu'elle a été prise en charge par des courants de recherche qui ont été relativement marginalisés durant toute la période – environ trente ans – où le structuralisme a dominé les sciences humaines. À la différence d'Émile Durkheim, mais aussi dans sa continuité, Marcel Mauss, son neveu, saisit dans les choses mêmes des faits sociaux à part entière. Ses études de morphologie sociale, de civilisation matérielle et de techniques du corps le mènent vers les dimensions les plus tangibles de l'« homme total », vers l'efficacité technique et sociale qu'incorporent les objets, y compris ceux qui font l'objet de dons [Mauss, 2012]. Sous l'influence de Mauss, André-Georges Haudricourt étudie l'araire, les rapports entre l'homme et l'animal, la technologie en tant que science humaine, tandis qu'André Leroi-Gourhan publie ses travaux sur L'Homme et la matière, Milieu et technique, Le Geste et la parole, pour ne citer que quelques-uns
de ses ouvrages les plus importants [Barbe et Bert, 2011]. C'est à partir de ces apports que s'est développée, sous l'impulsion entre autres de Robert Cresswell, d'Hélène Balfet et de Pierre Lemonnier, la technologie culturelle. Son objet est d'étudier l'ensemble des rapports qui se
tissent entre techniques et culture, pour reprendre l'intitulé de la revue fondatrice dans ce domaine, revue dont les textes les plus significatifs ont été récemment rassemblés dans une anthologie raisonnée [Bartholeynset al., 2010].
Dans cette lignée de recherches, à partir des années 1980, archéologues et anthropologues ont fini par se rejoindre autour des objets, chacun travaillant à sa façon pour analyser les manières dont les conditions d'existence s'articulent à la conscience dans la réalité sociale, et les différentes combinaisons de l'idéel et du matériel [Godelier, 1984]. Dans ce volume, Maurice Godelier nous rappelle la distinction entre l'imaginaire et le symbolique, c'est-à-dire entre les réalités
idéelles et leurs incarnations matérielles dans les objets et les pratiques. Cette incarnation, éminemment sociale, du symbolique est particulièrement présente dans le domaine de la mort. Au Levant, dans la période entre la sédentarisation et la domestication que présente ici Fanny Bocquentin, inhumations et habitations se superposent et en quelque sorte se soutiennent. En Sénégambie, une fois écartées les anciennes thèses raciologiques et diffusionnistes, Augustin Holl relie les coutumes funéraires et les modes d'inhumation qu'attestent les mégalithes à des pratiques religieuses bien spécifiques. Dans la haute forêt tropicale péruvienne, c'est par un processus complexe de momification, étudié ici par Sonia Guillén, que la société chachapoyas entretenait le culte des ancêtres, avant la conquête espagnole. Une matérialisation comparable est bien sûr attestée dans le monde des vivants, et notamment dans le domaine du pouvoir et du politique. L'exemple de l'Égypte ancienne qu'évoque Godelier est étoffé par l'étude que proposent ici Nathalie Buchez et Béatrix Midant-Reynes sur l'unification de la Haute et la Basse-Égypte au IVe millénaire, où des différences et des convergences en matière de culture matérielle (notamment céramique) permettent d'appréhender des processus d'acculturation et de rapprochement politique. La culture matérielle éclaire aussi les rapports, souvent tendus et conflictuels, entre nomades et sédentaires ; divers objets han chinois trouvés par Guilhem André et Hélène Martin dans des inhumations xiongnu mongoles, et notamment des chars, attestent l'existence de contacts
commerciaux et aussi symboliques entre ces populations. L'idéel qu'incorporent ces objets n'enlève bien sûr rien à leur matérialité.
Ces dernières années voient le rapprochement d'une tradition d'études empiriques de systèmes techniques et de « chaînes opératoires » – ces séries de transformations physiques et culturelles qui mènent de la matière première au produit fini – avec les material culture studies anglo-saxonnes, plus axées sur la consommation [voir notamment Hicks, 2010, et Coupaye et Douny, 2009, sur les liens entre les deux traditions]. Ce sont désormais les objets anthropologiques ou archéologiques comme « agents » ou « acteurs », et leur rôle constitutif dans la reproduction matérielle et dans la production du sens, qui focalisent les recherches dans les deux disciplines. Ainsi, Pierre Lemonnier nous rappelle ici que les objets, leur production et leur manipulation servent aussi – en même temps que leur efficacité matérielle – à penser et à reproduire des relations sociales, y compris dans leurs dimensions indicibles. Les objets, propose Ludovic
Coupaye, sont souvent leur propre contexte social : partir de l'étude de l'igname en Papouasie-Nouvelle-Guinée mène le chercheur vers des questions portant sur l'alimentation, l'environnement, la consommation et l'art. Une telle ouverture est recherchée aussi par les archéologues qui prennent comme point de départ les éléments matériels des systèmes de production. L'expérimentation et l'étude minutieuse des traces de fabrication permettent ainsi à Sophie Clément de mieux appréhender l'innovation que représente l'utilisation de percuteurs tendres dans la production de bifaces acheuléens en Afrique de l'Est. Vincent Mourre démontre pour sa part le haut degré de savoirfaire technique des populations du Middle Stone Age d'Afrique du Sud, qui ont façonné leurs pointes bifaciales en retouches par pression il y a 75 000 ans, c'est-à-dire bien longtemps avant que cette innovation technique ne soit attestée en Eurasie.

Engagements et responsabilités
Si l'archéologie comme l'anthropologie ont fait aujourd'hui de la culture matérielle leur objet de recherche de prédilection, c'est bien parce que celle-ci n'est aucunement confinée aux fossiles ou aux sauvages, à ceux d'« avant » ou à ceux d'« ailleurs ». Comme l'ont montré Bruno Latour et Pierre Lemonnier [1994], c'est en partant de la préhistoire pour aboutir à l'âge des missiles balistiques qu'il faut comprendre les techniques et l'intelligence sociale qu'elles mobilisent.
De fait, le débordement de cette notion de culture matérielle est symptomatique d'un rapprochement qui est tout autant méthodologique et théorique qu'idéologique et éthique, et qui bouscule les certitudes d'antan en ouvrant de nouvelles perspectives. À la suite d'une série de bouleversements historiques et politiques – les décolonisations et les indépendances, la mondialisation croissante… –, la pratique du « terrain », démarche fondatrice des deux disciplines, change de forme et de statut [voir Blanckaert, 1996 ; Fassin et Bensa, 2008 ; Weber, 2009].
Traditionnellement, la mission ethnographique, tout comme la fouille et la prospection archéologiques, supposait un voyage lointain et un séjour intensif d'où l'on revenait avec une moisson de notes, d'enregistrements, d'échantillons et d'objets divers. Or, de nos jours, il
devient impossible d'entreprendre de telles expéditions d'appropriation, de collectionner des données en prétendant ignorer le devenir du terrain et en faisant abstraction des intérêts et des forces en place.
Ces considérations éthiques et pragmatiques ont contribué à battre en brèche la vieille division du travail qui cantonnait l'anthropologie à l'étude des Autres, des primitifs, sans écriture et sans État. Du coup, ce sont de nouveaux terrains d'enquête, de nouveaux « peuples ethnographiables
», qui s'ouvrent à la discipline. Avec ses procédures spécifiques d'intervention et d'observation participante, l'anthropologie se trouve de ce fait « retournée ». Elle est rendue plus aiguisée et plus
performante en utilisant sa naïveté et son dépaysement méthodologique comme outil critique sur le « terrain » de notre propre modernité, aux côtés de l'histoire, de la sociologie et des sciences politiques.
Procédant par extensions du local au global, du tam-tam au téléphone cellulaire, des plantes médicinales aux cellules-souches, des apports nutritionnels chez les nomades du Kalahari à la malbouffe endémique des sédentaires occidentaux, des pratiques de transhumance dans le
sud de la Méditerranée aux déracinements migratoires à Nanterre et à Aubervilliers, l'anthropologie se forge ainsi de nouvelles problématiqueset de nouveaux champs d'étude.
Ces déplacements de frontières sont particulièrement nets pour ce qui est de l'anthropologie de la nature et de l'environnement. Comme le montre notamment Philippe Descola [2005], la connaissance de diverses conceptions et catégorisations « indigènes » qui relèvent du domaine que nous appelons la Nature permet de mieux appréhender nos propres cosmologies et notre propre « sens commun », qu'il s'agisse des rapports entre nature et culture, de la nature de la culture, ou bien encore des interactions entre sociétés, environnements, écosystèmes et autres entités « non humaines ». Ces questionnements sont poursuivis ici par Marshal Sahlins, qui combine des arguments historiques et anthropologiques pour suggérer l'idée que le propre de
la nature humaine réside dans… la culture. Et, comme le propose Sander Van der Leeuw, la culture autant que la biologie ont marqué l'évolution de la capacité humaine à traiter des informations, à s'organiser et à transformer le monde. À un niveau plus empirique, il semble que les rapports entre hommes et environnement aient été complexes d'emblée, dès l'époque des Australopithèques d'Afrique du Sud, chasseurs mais aussi proies, dont nous parle ici Laurent Bruxelles. Plus
proche dans le temps, on peut voir avec Nathalie Serrand comment les premiers habitants des Petites Antilles savaient intégrer les ressources de leur environnement – ses coquillages en l'occurrence – dans leur monde symbolique. De même, s'appuyant sur des données archéologiques et anthropologiques, Eduardo Góes Neves et Stéphen Rostain montrent à quel point la richesse biologique de la forêt amazonienne est à la fois le lieu et le résultat d'un véritable foisonnement culturel, manifeste autant par une grande diversité linguistique que par une
gestion diversifiée des ressources alimentaires.
Une diversification similaire à celle que connaît l'anthropologie se perçoit aussi en archéologie. Sans nous étendre ici sur les divers courants qui se développent actuellement en son sein – archéologie processuelle et postprocessuelle, positions herméneutiques et relativistes, thématiques de genre, d'« agency », de « matérialité », de paysages ou de longue durée, etc. –, signalons que l'archéologie aborde elle aussi des questions d'identité, de discipline et de temporalité [Lucas, 2005 ; Olivier, 2008 ; Boissinot, 2011]. Ce sont notamment ses limites chronologiques et thématiques traditionnelles qu'elle cherche délibérément à dépasser. Ayant déjà intégré les vestiges de la révolution industrielle, de l'expansion coloniale et de l'histoire récente
[Bellan et Journot, 2011], l'archéologie apporte désormais un éclairage original sur le « passé contemporain » [Buchli et Lucas, 2001], que ce soit celui des conflits mondiaux ou des camps de concentration [Desfossés et al., 2008 ; Gilead et al., 2009], ou plus prosaïquement celui des ordures ménagères ou du Déjeuner sous l'herbe de l'artiste « nouveau réaliste » Daniel Spoerri, enfoui en 1983 et fouillé en 2010 [Rathje, 1992 ; Demoule, 2011]. Consécration du « matérialisme
méthodologique » de la discipline, ces démarches témoignent aussi d'un changement d'attitude envers ce que l'on pourrait appeler sa matière première. Au-delà des belles et rares pièces destinées à enrichir des collections d'amateurs ou des musées d'art, et aussi au-delà de la
collecte de données ou d'échantillons qui relèvent de l'étude scientifique la plus poussée, l'archéologie reconnaît désormais que les traces matérielles du passé, quelles que soient leur nature ou leur ancienneté, s'appréhendent et se rendent intelligibles dans le présent, à la
lumière de nos présuppositions et de nos interrogations contemporaines. Qui plus est, ces vestiges présentent un intérêt pour l'ensemble des publics et des communautés concernés, au-delà des seuls spécialistes et professionnels. Matière à mémoire, ces vestiges participent à
un mode de construction identitaire aussi largement partagé que fréquemment contesté. Ressources à exploiter pour les connaissances qu'ils apportent, ces témoins deviennent dès lors un véritable patrimoine qu'il faut savoir protéger, partager et valoriser.
Cette prise de conscience s'est opérée principalement dans les décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale. Le besoin ressenti de préserver la diversité culturelle sous toutes ses formes, associé à la reconnaissance progressive de la vulnérabilité de notre planète, aboutit à l'émergence vise à intégrer des considérations sociales, environnementales et économiques. Dans cette perspective, de nombreux projets d'infrastructure et d'expansion urbaine mettent en danger des vestiges archéologiques qui ont survécu durant des siècles et des millénaires pour se retrouver d'un coup broyés sous les engins de terrassement. Face à cette « érosion de l'histoire », notamment dans les centres-ville historiques, la mobilisation des citoyens et des chercheurs a suscité la mise en place de cadres juridiques, financiers et intellectuels qui encouragent la protection du patrimoine archéologique (convention Unesco sur le patrimoine mondial de 1972 ; convention du Conseil de l'Europe, dite de Malte, de 1992). Au point qu'aujourd'hui, du moins en Europe et en Occident, l'essentiel des efforts gestionnaires et professionnels est dirigé vers une archéologie de sauvetage, ou archéologie préventive, qui ne choisit pas par avance son terrain ou
sa problématique, mais qui intervient autant que besoin en amont des projets d'aménagement, pour détecter, documenter et étudier les vestiges archéologiques menacés, veillant ainsi à ce que le futur ne se construise pas au détriment du passé [voir Cleere, 1989 ; Demoule, 2007 ; Fairclough et al., 2008].

Conclusions
C'est précisément ici, dans leur engagement en faveur de la sauvegarde des témoignages de la diversité culturelle, que l'archéologie et l'anthropologie se rejoignent. Cette dernière a d'ailleurs une bonne longueur d'avance en la matière. Bien que l'anthropologie ait souvent servi à produire un savoir utile à l'administration coloniale, il est également vrai que d'innombrables savants, voyageurs et philosophes ont aussi témoigné des ravages que pouvait causer le contact avec le monde occidental, porteur d'épidémies, destructeur de structures sociales et de valeurs culturelles : d'où le leitmotiv déjà ancien du sauvage en voie de disparition, et dont il faut sauver ce qui peut l'être
avant qu'il ne soit trop tard [Gruber, 1959]. Depuis les Lumières, cette responsabilité humaniste a indéniablement enrichi la mission éthique et l'agenda scientifique de l'anthropologie : on la retrouve notamment dans la vocation du musée de l'Homme des années 1930, conçu par Marcel Mauss, Paul Rivet et Georges-Henri Rivière pour héberger les « archives de l'humanité ». Il n'est donc pas étonnant que l'on retrouve aujourd'hui cette discipline au premier plan des processus et
des organisations liés à la mondialisation et au développement, présente sur le terrain, auprès des décideurs, des bailleurs de fonds et de ceux qui militent pour la prise en compte des droits et des intérêts des populations locales, indigènes ou « natives », dont ils se font les porte-parole, qu'ils soient mandatés ou non [voir Fassin et Bensa, 2008 ; Low et Merry, 2010].
Certes, les entités menacées que ces deux disciplines tentent de sauvegarder sont de natures diverses : des outils en silex, des sites et des stratigraphies pour les uns, des paysages, des cosmologies ou des pratiques sociales pour les autres. Cependant, tant l'archéologie que
l'anthropologie cherchent à documenter et à préserver l'étoffe de l'expérience humaine : pour l'une comme pour l'autre, l'un des risques de voir disparaître leur objet d'étude découle directement du développement et de l'aménagement du territoire, dont les conséquences, majoritairement bénéfiques aux plans social et économique, sont néanmoins souvent assombries par des effets destructeurs qu'il faut savoir anticiper, empêcher ou tout au moins atténuer [Coumans, 2011]. Pour que les normes et les mesures de gestion du patrimoine archéologique établies en Occident depuis plus d'un siècle puissent rapidement s'étendre et bénéficier aussi aux pays en voie de développement, en Afrique ou ailleurs [voir Naffé et al., 2008 ; Arazi, 2011], il faut dès à présent faire prendre conscience des menaces de plus en plus pressantes qui pèsent sur le patrimoine archéologique des sociétés non occidentales, sur ce que nous avons dénommé ici « la préhistoire des autres ».
De nombreux sites, découverts lorsque s'amorçait leur destruction, ont pu bénéficier de mesures de protection et d'exploitation scientifique : c'est le cas, dans ce volume, du site de Pincevent, classé peu après sa découverte, ou encore des grottes de Sterkfontein, près de Johannesburg, reconnues comme un site du patrimoine mondial de l'Unesco sous l'intitulé « berceau de l'humanité ». Infiniment plus fréquents sont les sites abandonnés à une destruction irréversible. C'est ainsi qu'en Égypte l'expansion urbaine atteint désormais les franges désertiques, celles-là mêmes où s'étaient implantées les toutes premières civilisations agricoles. Au Sénégal et sur la côte ouest africaine, les amas coquilliers sont particulièrement vulnérables dans la mesure où ils constituent des sources de matériaux de construction.
En Amazonie, ce sont des forêts entières qui fondent sous la pression de l'agriculture et des infrastructures. Au Pérou, au-delà d'importants enjeux de conservation, la découverte fortuite des momies chachapoyas a d'abord donné lieu à une campagne de pillage systématique – un problème récurrent à l'échelle planétaire, qui voit non seulement le patrimoine détruit et dispersé, mais aussi l'exploitation des populations locales par des trafiquants qui, depuis Genève, Bruxelles ou New York, vendent aux collectionneurs les pièces les plus belles et les plus rares.
Aussi bien l'aménagement du territoire que la commercialisation de la culture nous confirment, si besoin était, à quel point les sociétés humaines, si éloignées et distantes soient-elles les unes des autres, sont de fait bien ancrées dans les réalités contemporaines, et à quel point aussi la notion de « préhistoire » ne veut aucunement dire « hors de l'histoire ». Accordons-nous donc, avec Carole Ferret, avec Olivier Gosselain et avec Michael Rowlands dans son commentaire final, pour
affirmer que les « Autres » que nous allons rencontrer au fil de ces pages – en haut de la cordillère des Andes, sur les franges du Sahel, au coeur de l'Asie centrale ou encore au fond des îles mélanésiennes –, ces autres-là sont aussi des « Nous » à part entière, chacun avec ses histoires, ses historicités, ses relations avec l'environnement, ses cultures matérielles, ses productions idéelles, chacun avec ses patrimoines, archéologiques et anthropologiques, qu'il nous incombe à
tous, au nom de la richesse et de la diversité humaines, de chercher à valoriser et à faire connaître.
Les chapitres qui suivent peuvent bien sûr être abordés selon plusieurs parcours de lecture : chronologique, du Paléolithique à nos jours 1, ou encore géographique (fig. 1), de l'Afrique australe à l'Extrême-Orient en passant par l'Amérique du Sud. Nous avons choisi de maintenir l'enchaînement des textes tel qu'ils ont été présentés lors du colloque de janvier 2011, dans une organisation globalement thématique qui intègre au mieux les acquis récents et les perspectives
1 Selon les auteurs, les dates mentionnées dans les chapitres qui suivent sont données en référence au présent (avant 1950) ou à l'ère chrétienne. La plupart des dates radiocarbone
données ici sont calibrées, et tiennent compte des fluctuations atmosphériques
[voir Demoule et al., 2009].
complémentaires de l'archéologie et de l'anthropologie.
Une première partie, « Archéologie et anthropologie sociale », présente quelques pistes générales et problématiques partagées. La deuxième partie aborde « Les sociétés dans leur environnement ». La troisième partie, « Les sociétés et leurs objets », propose des études de techniques et de culture matérielle. Enfin, la quatrième et dernière partie porte sur « L'idéel et le matériel ».

La préhistoire des autres

Emplacements (parfois approximatifs) des terrains archéologiques et anthropologiques présentés dans ce volume. Les numéros indiquent les chapitres concernés.

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