Azilien
| L’Azilien est une culture archéologique succédant au Magdalénien que l’on de retrouve en Europe occidentale dans un environnement tardiglaciaire. C’est le préhistorien Édouard Piette qui l’a identifié en 1889 à partir des découvertes dans la grotte du Mas-d’Azil, en Ariège. On retrouve ce courant culturel entre 14 000 BP et 11 500 BP au paléolithique final (ex epipaleolithique) . Elle se reconnait facilement avec ses galets peints de motifs simplifiés, ou les représentations animales sont en régression. |

De haut en bas et de gauche à droite : Lamelle à dos, Harpons, Nucléus à lamelles, Lame brute, Perçoir, Pointes aziliennes, grattoirs, Burins, Grattoir-burin
Une culture géographiquement assez restreinte
La culture azilienne s’étendait principalement du sud-ouest de la France jusqu’au nord de l’Espagne, vers le nord jusqu’à la Belgique, vers l’est jusqu’à la Suisse et le sud-ouest de l’Allemagne.
Cette répartition correspond largement aux zones où les groupes de chasseurs-cueilleurs se sont installés à la fin de la dernière période glaciaire, lorsque les glaciers se retiraient et que les forêts commençaient à recoloniser l’Europe occidentale. L’Azilien est souvent considéré comme une phase de transition entre les grandes cultures paléolithiques, comme le Magdalénien, et les cultures mésolithiques qui leur succèdent.
Pierre, os et bois de renne
L’Azilien se distingue par des changements techniques importants par rapport au Magdalénien. Les populations s’adaptent à un environnement tempéré, devenu plus boisé après la fin de la dernière glaciation. Les Aziliens utilisent toutes les techniques pour subvenir à leurs besoins : la chasse, la cueillette et la pêche. Les grands troupeaux de rennes se raréfient et la chasse devient plus diversifiée. Le cerf devient le gibier principal, les chasses devenant moins planifiées et les déplacements nomades plus fréquents au cours de l’année. Pour de nombreux scientifiques il apparait que « le mode de vie des Aziliens est marqué par un processus de sédentarisation partielle« .
« La sortie de l’époque glaciaire et la disparition du renne font que les Aziliens se tournent vers le bois de cerf, dans lequel il s fabriquent propulseurs, coins et baguettes. Cependant, la variété des objets produits diminue rapidement, soit qu’obtenir de ma matière première fût plus difficile en contexte forestier, soit que l’abondance des supports végétaux, plus aisés à travailler rendit cette dépenses en temps et en énergie totalement inutile. » Romain Pigeaud (La France de la Préhistoire 2024).

Mas d’Azil
Photo Neekoo pour Hominides.com

Mas d’Azil
Photo Neekoo pour Hominides.com
Les armes et outils lithiques évoluent avec le changement du milieu.
Pour Y.Taborin et J.P Mohen « L’azilien n’est pas une culture homogène. C’est un état de l’équipement des chasseurs qui devient différent celui des paléolithiques en développant deux tendances : la fabrication de nombreuses pointes d’armatures à dos et la réduction des dimensions des grattoirs tout d’abord , puis de l’ensemble des outils. »
Les Aziliens fabriquent principalement de petits outils en silex.
Microlithes : petits éléments de silex pouvant être emmanchés dans des hampes en bois ou en os pour former des outils composites.
Pointes aziliennes : petites pointes à dos retouché servant probablement d’armatures de flèches ou de javelots.
Grattoirs : utilisés pour préparer et nettoyer les peaux.
Burins : destinés à travailler l’os, le bois de cervidé ou le bois.
Lames et lamelles : servant de couteaux ou de supports pour d’autres outils.
Travail de l’os et du bois de cervidé
Cette industrie est plus simple que celle du Magdalénien.
On retrouve notamment des poinçons, des aiguilles (moins nombreuses qu’auparavant), des harpons plats en bois de cerf, généralement percés d’un trou à leur base et munis d’une seule rangée de barbelures, contrairement aux harpons magdaléniens souvent plus élaborés.




Les armes de chasse
« A l’Azilien les chasseurs-cueilleurs sont toujours aussi mobiles, mais parcourent des distances moins étendues. Plus « pragmatiques », les artisans ne recherchaient plus le silex de meilleure qualité, mais se contentaient des ressources locales, sauf exception… » Romain Pigeaud (La France de la Préhistoire 2024).
On apparait que les Aziliens utilisent davantage l’arc et les flèches, bien que les arcs eux-mêmes soient rarement conservés, des lances légères des harpons pour la pêche dans certaines régions.
Cette évolution correspond à la chasse d’animaux plus dispersés, comme les cervidés, les sangliers ou les petits mammifères, plutôt qu’aux grands troupeaux de rennes.



Art
L’art pariétal
L’art parietal semble avoir disparu à l’Azilien : fini les grandes fresques animalières ornant les parois des grottes. Pour une raison inconnue les Aziliens ont totalement arrêté ce mode d’expression, ou on n’en a pas trouvé la trace ! Evoquant l’art parietal à l’Azilien le préhistorien Boris Valentin, rappelle « qu’il est frappant de constater combien les rites qui l’accompagnaient se sont vite dissipés, entre 14 700 et 14 000 ans, au cour de l’épisode climatique du Bølling« .
L’art mobilier
L’un des objets les plus caractéristiques et le plus reconnaissable est le galet peint, découvert notamment au Mas d’Azil.
Ces galets sont décorés avec de l’ocre rouge : points, bandes, traits, cercle, zigzags et divers motif géométriques.


Leur fonction reste discutée. Ils ont pu servir de marqueurs symboliques, d’objets rituels, de supports de comptage ou d’identification, mais aucun consensus n’existe.


Photo Neekoo pour Hominides.com


L’art mobilier azilien est également représenté dans d’autres sites comme l’abri Murat (Rocamadour, Lot) sur lequel a été identifiée une séquence stratigraphique marquant la transition entre le Magdalénien et l’Azilien. Des plaquette animalière ou humaine ont été découvertes.
Le préhistorien Boris Valentin précise ‘Il est un domaine, en revanche, où l’on peut reconnaitre une continuité directe entre l’Azilien ancien et le Magdalénien qui le précède, celui de l’art animalier sur objet« .

Abri Murat (Lot) – Photo Kroko pour Hominides.com


C’est dans l’abri du « Rocher de l’Impératrice » à Plougastel-Daoulas, que les découvertes les plus étonnantes ont été faites. Plus de 80 plaquettes de schiste ont été gravées par un groupe appartenant à la culture Azilienne, et parmi elles, certaines représentent des chevaux, parfois en miroir, des aurochs…
A lire pour en savoir plus Des gravures préhistoriques datées de 14 000 ans en Bretagne à Plougastel-Daoulas (Finistère)

(photos N.Naudinot, relevé C. Bourdier).
Des strutures funéraires difficiles à identifier
Peu de sépultures ont été attribuées à l’Azilien. La transition climatique post-glaciaire et l’évolution des pratiques rendent les vestiges funéraires de cette époque exceptionnels et difficiles à identifier clairement dans les stratigraphies.
On peut citer La Cueva de los Azules (Asturies, Espagne) : un cas rare où la sépulture d’un adulte a été découverte dans un niveau stratigraphique azilien, accompagnée d’ocre rouge, de harpons, de coquillages et de galets.
La sépulture préhistorique des Hoteaux (Rossillon, Ain). « La datation 14C en SMA obtenue récemment sur un fragment de côte humaine interroge sur une stricte attribution au Magdalénien supérieur d’autant plus que la révision chronologique et typo-technologique de l’industrie lithique et osseuse soulève l’hypothèse d’une appartenance à l’Azilien ancien« .
La sépulture préhistorique des Hoteaux (Rossillon, Ain) : nouvelles données anthropologiques, chronologiques et discussion sur le contexte archéologique.
A la Madeleine (Périgord, Dordogne), la sépulture d’une jeune garcon de 4 ans a été attribuée, suite à une nouvelle datation au carbone 14 à du crâne à une période correspondant à l’Azilien – 10 190 ans. Le corps était recouvert d’une imposante parure funéraire composée de 1500 coquillages et recouvert d’ocre.
Les sites majeurs de l’Azilien
Mas d’Azil : le site éponyme qui a donné son nom à la culture azilienne. Il est célèbre pour ses galets peints, décorés de points, de traits et de motifs géométriques rouges.
Parmi les gisements emblématiques de l’Azilien on retrouve,
Grotte du Bichon, Grotte de Troubat (Hautes-Pyrénées), Rochedane, Pont d’Ambon (Dordogne), Abri Pagès (Lot) , Bois Ragot (Vienne). On peut aussi, sous réserve, citer Ekain (Espagne) et Errola (Espagne).

Musée d’Aquitaine à Bordeaux – Photo Kroko pour Hominides.com
| La grotte du Mas d’Azil Speluncae illustris 02 (2025) Jacques Azema, Myriam Cuennet | Acheter sur Edition Myc Art |
| La grotte du Mas-d’Azil, véritable « capitale » magdalénienne et berceau de l’Azilien, fait partie des gisements archéologiques majeurs de la Préhistoire. À la fois grotte ornée et lieu d’habitat ayant livré aux archéologues une quantité exceptionnelle d’objets décorés, la richesse de ce site incontournable des Pyrénées s’impose à travers ces œuvres les plus célèbres, telles le Faon aux oiseaux ou la Dent de cachalot. Après La grotte de Niaux, ce deuxième ouvrage de la collection SPELUNCAE ILLUSTRIS, propose un inventaire choisi de ses œuvres les plus caractéristiques et met en lumière l’avancée de la science. Ce deuxième volume confirme également la formidable richesse préhistorique du département de l’Ariège. En savoir plus sur le livre La grotte du Mas d’Azil 104 pages, éditions Myc Art, dépôt légal juin 2025 | ![]() |
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Laurent Carozza, Cyril Marcigny

de François Djindjian (Sous la direction de)






Boris Valentin




La grande aventure de la Préhistoire










