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Des coquilles d’œufs d’autruche gravées et vieilles de 60 000 ans
Des coquilles d’œufs d’autruche vieilles de 60 000 ans gravées de lignes géométriques.
Ce type d’artefacts a été retrouvé sur 3 sites archéologiques : deux en Afrique du Sud (Diepkloof et Klipdrift) et un en Namibie (Apollo 11).
Ces gravures sont organisées et cohérentes, et témoignent d’une maîtrise des relations géométriques
On pourrait croire que notre fascination pour les formes géométriques est récente, apparue après que l’homme soit devenu maître dans la construction d’édifices aux lignes parallèles et aux angles droits. Pourtant, une étude récente publiée dans PLOS One et menée par des chercheurs de l’Université de Bologne montre que l’Homo sapiens raisonnait déjà de manière géométrique à l’âge de pierre.

Des morceaux de coquille d’œufs d’autruche gravés au paléolithique
Ce sont 112 fragments de coquilles d’œufs d’autruche datant de 60 000 ans, qui ont été mis au jour sur deux sites archéologiques sud-africains (Diepkloof et Klipdrift) et d’un site namibien (Apollo 11). Ils portent des gravures dont la structure s’est avérée construite et planifiée. « Il s’agit de populations qui ne se contentaient pas de tracer des lignes, mais les organisaient selon des principes récurrents : parallélismes, grilles, rotations et répétitions systématiques », a déclaré Silvia Ferrara, auteure de l’étude et chercheuse en philologie égéenne.
Ces coquilles d’œufs d’autruche utilisés depuis le Paléolithique moyen africain, servaient probablemelnt de récipients pour conserver de l’eau…
Ferrara et ses collègues des universités de Bologne et de Rome Sapienza ont analysé les gravures de 112 fragments de coquilles d’œufs, soit un total de 1 275 lignes et 1 405 intersections. Chaque dessin a été évalué selon son niveau de complexité et sa composition structurelle, et des analyses statistiques ont permis de déterminer s’il existait des différences significatives par rapport à un tracé aléatoire.


Des gravures contrôlées et organisées
Plus de 80 % des dessins présentaient des régularités géométriques, comme l’utilisation répétée d’angles droits et de lignes parallèles. Même les éléments plus complexes, tels que les bandes hachurées, les grilles et les motifs en losange, pouvaient être interprétés en termes géométriques. Ils étaient produits en effectuant des calculs cognitifs incluant la rotation, la translation, l’itération et l’imbrication. Par exemple, les motifs de bandes hachurées étaient créés en traçant un ensemble de lignes parallèles, puis en les croisant avec un autre ensemble de lignes parallèles inclinées jusqu’à 90 degrés.
Pour Ferrera « Ces gravures sont organisées et cohérentes, et témoignent d’une maîtrise des relations géométriques ; il ne s’agit pas simplement d’une répétition de signes : c’est une véritable planification visuo-spatiale, comme si les auteurs avaient déjà une image d’ensemble de la figure en tête avant de la graver. »
Cela suggère une remarquable capacité de pensée organisée et abstraite.
« Transformer des formes simples en systèmes complexes en suivant des règles définies est une caractéristique profondément humaine qui a marqué notre histoire pendant des millénaires, de la création de décorations au développement de systèmes symboliques et, finalement, à l’écriture », a déclaré Valentina Decembrini, doctorante et première auteure de l’étude.lombos et datée de 75 000 ans.
À tout le moins, ces motifs géométriques gravés sur coquille d’œuf constituent un témoignage saisissant de l’activité des premiers artistes graphistes.
Sources :
Earliest geometries: A cognitive investigation of Howiesons Poort engraved ostrich eggshells
Valentina Decembrini,
Ludovica Ottaviano,
Mattia Cartolano,
Enza Elena Spinapolice,
Silvia Ferrara
PlosOne

Bloc d’ocre – Grotte de Blombos – quadrillage gravé – 70 000 ans – Afrique du Sud
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