Accueil / Livres et médias / L’Odyssée des humains
L’Odyssée des humains
L’odyssée des humains
Evelyne Heyer
Illustrations d’Alice Mazel
Chronique de Pedro Lima
Editions Albin Michel
Ce qui fait l'humain... petits tracas et grandes avancées...
Présentation de l’éditeur
Pourquoi tous les adultes ne digèrent-ils pas le lait ? Sommes-nous les seuls à enterrer nos morts ? L’Homme est-il par nature carnivore ou végétarien ? D’où viennent les humains qui peuplent la France ? Dans ce livre issu de ses chroniques à succès sur France Culture, la généticienne Évelyne Heyer passe en revue les fondements de notre humanité en une trentaine de textes courts joliment illustrés. Elle retrace à grands traits l’origine de l’Homme et surtout son évolution jusqu’à nos jours à travers les exemples de l’accouchement, de la couleur de peau, de la démographie, de la spiritualité, etc.
.
Parution le 23/09/26
14.5 x 21 cm
240 pages
La chronique pour Hominides de Pedro Lima, journaliste scientifique et auteur
Evelyne Heyer, dont la voix nous est familière pour ses chroniques sur France Culture déclinées ici en ouvrage, nous offre une suite à son précédent livre, l’Odyssée des gènes qui avait rencontré un grand succès.
La recette est la même, des textes courts, clairs, très pédagogiques et vivants, qui brossent le portrait d’une humanité considérée sous tous ses angles biologiques, culturels, affectifs, génétiques et sur la base des dernières connaissances. Outils, reproduction, apprentissage, alimentation, sexe et genre, lien entre culture et ADN, amour et sentiments au prisme de l’évolution… Cet ouvrage très complet, illustré des élégantes compositions graphiques d’Alice Mazel, est à mettre entre toutes les mains de celles ceux que notre histoire ancienne intéresse, jeunes et moins jeunes, pour comprendre d’où nous venons et ce qui nous a fait humains.
Pedro Lima
L’auteure, Evelyne Heyer
Évelyne Heyer est professeur d’anthropologie génétique au Museum national d’histoire naturelle. Commissaire scientifique du Musée de l’homme et productrice sur France Culture, elle cherche en particulier à évaluer l’effet de la culture sur notre évolution génétique. Elle est l’autrice de l’Odyssée des gènes (2020), distingué par trois prix et traduit en une dizaine de langues.
Du même auteur
On vient vraiment tous d’Afrique ? (avec Carole Reynaud-Paligot)
Une belle histoire de l’homme (sous la direction d’Evelyne Heyer)
Devenir humain
L’odyssée des gènes
La vie secrète des gènes
Sommaire de l’Odyssée des gènes
| De la même autrice Avant-propos Instant Zéro Non, l’Homme ne descend pas du singe ! Des singes parmi les singes Un petit pas pour l’Homme Pourquoi la reproduction est si difficile chez les humains. Le parcours du combattant Jusqu’au dernier instant Qui a fabriqué les premiers outils ? Un bricoleur méconnu Travail méticuleux Comment le feu a transformé l’humanité Étincelle. Embrasement À la préhistoire, les enfants allaient-ils à l’école ? Apprendre avant l’école Le gros cerveau des petits humains Y avait-il des médecins à la Préhistoire ? Médecine et mysticisme De glace et de champignons. Le rire, miroir de notre humanité Le ciment social Origine cognitive Monde invisible Quelles sont les premières traces de spiritualité ? Lénigme de la fosse. Le cannibalisme, une histoire bien plus rituelle que barbare L’ennemi au menu. L’humain, un artiste depuis toujours L’art entre en scène Le mystère des grottes Sommes-nous les seuls à enterrer nos morts? Les animaux face à la mort Des funérailles et des rites Depuis quand les êtres humains se donnent-ils des noms ? À vos marques, prêts, parlez ! L’espèce qui ne sait pas se taire. Ce que la musique dit des sociétés humaines. Symphonies du monde. Ancré dans ADN Une fourchette dans l’assiette Les humains sont-ils par nature carnivores ou végétariens ? Le goût de la diversité La révolution sucrée. Pourquoi les humains ont-ils domestiqué des animaux? Le meilleur ami de l’Homme Pourquoi les adultes ne digèrent pas tous le lait Une histoire de lactose …et de fromage Pas tous égaux devant la consommation d’alcool Le singe, le fruit pourri et nous.. Gueule de bois. Les plantes de nos assiettes : un sacré voyage Manger, c’est voyager La mondialisation de l’assiette Sortie d’Afrique Combien d’espèces humaines font partie de vous ? Des cousins dans nos gènes.. Une humanité, des branches. Pourquoi nous n’avons pas tous la même couleur de peau Les couleurs de l’évolution Les premiers Européens n’étaient pas blancs Quand ‘humain a-t-il peuplé ‘Amérique ? Le voyage vers l’Amérique Questions en suspens D’où viennent les humains qui peuplent la France ? Une histoire de migrations. Mélanges incessants…. La disparition de Néandertal : un cold case préhistorique De nombreuses hypothèses.. L’ADN parle. | L’héritage de la préhistoire Non l’humain n’est pas naturellement violent Premières guerres. Des liens à grande échelle Depuis quand l’humain « se fait-il beau »? Maquillage ou crème solaire ? À la mode Pourquoi mon ami Ingmar se cogne aux poutres du salon. Attraction contre adaptabilité Sprint vertical. Les langues sont aussi vivantes que nous Les mots qui nous dévoilent Vie et mort des langues Tous cousins – animaux et fleurs inclus Une très grande famille. Si loin… et si jeune ! La famille et l’amour Comment la culture a façonné notre ADN Savanturière La femme fait sa valise Programmés pour se reproduire mais libres de ne pas le faire : le paradoxe humain Usine à nouveauté Hors programme Sexe et genre, quand la science questionne nos certitudes. Entre nature et culture. Autant de genres que de societes Femmes préhistoriques : le vrai mammouth, ce sont nos préjugés. Des certitudes à revoir Traces incomplètes Les grands-mères sont exceptionnelles! De l’utilité de la ménopause.. La sagesse des grands-mères. L’homosexualité existe aussi chez les autres animaux Un arc-en-ciel de comportements Rôle social Quid de l’amour chez les autres animaux? Être(s) sensible(s) Tendres moments Aujourd’hui et demain Sommes-nous trop nombreux sur Terre? 10 milliards d’humains: et après ? L’humain pourrait-il devenir totalement imberbe ? Une affaire de regard.. L’humain du futur ne ressemblera pas à ce que vous croyez Une question de bénéfice Évolution en cours Allons-nous tous finir par avoir la même apparence ? La diversité gagne la loterie. Yeux bleus cachés. Quand l’espèce humaine va-t-elle s’éteindre ? Disparaître… ou se transformer.. L’humain de demain Ce que vous appelez « nature vierge » est un jardin Nature vierge ou nature sauvage? Réservoirs de biodiversité Races et génétique : ce que la science a tranché Aucune race. Aucune corrélation Remerciements Bibliographie |
Un extrait du livre « L’odyssée des humains »
NON, L’HOMME NE DESCEND PAS DU SINGE !
Au risque de fâcher les fans du film 2001, l’Odyssée de l’espace, non et non, nous ne descendons pas de chimpanzés ayant vécu un moment Eurêka ! et qui ont inventé l’outil.
La scène est devenue mythique et je parierais que jouer la bande-son Ainsi parlait Zarathoustra suffirait pour que les images défilent devant vos yeux. Dans l’ouverture du film 2001, l’Odyssée de l’espace, un singe-humain apprend à se servir d’un os comme d’un marteau, puis lance l’outil dans le ciel. Le plan d’après, l’os se mue en vaisseau spatial flottant dans le cosmos. L’aube de l’humanité, selon Stanley Kubrick : des grognements et un soupçon d’inventivité.
Cette idée ancienne, encore répandue, que l’humain descendrait du singe est totalement fausse. Alors je le répète comme de nombreux collègues avant moi : non, l’humain ne descend pas du singe, tout simplement parce qu’il est un singe… « C’est jouer avec les mots », vous en-tends-je déjà penser. Mais le choix d’un vocabulaire n’est pas anodin et révèle des modes de pensée. Alors, mettons un peu d’ordre dans tout cela.
Des singes parmi les singes
Les humains appartiennent au groupe des primates – babouins, chimpanzés, gorilles et autres. Plusieurs des caractéristiques communes à ces espèces sont visibles au-dessus des épaules : un assez gros cerveau, des yeux vers l’avant de la face, une vision en 3D et trichromatique (notre vision dépend de trois pigments dans la rétine, alors que la plupart des mammifères autres que les primates sont dichromates). Un autre trait saute aux yeux quand on ausculte les primates en les comparant à d’autres mammifères, comme les chiens ou les vaches : ils sont équipés d’un pouce opposable qu’ils utilisent comme une pince pour saisir des objets.
Parmi les primates figurent ceux que l’on appelle communément les « grands singes »: ce sont les Hominidés, qui regroupent les orangs-outangs, les gorilles, les bonobos ainsi que les chimpanzés, et bien sûr, les humains. Les individus de ces espèces sont tous de grande taille, et surtout n’ont pas de queue.
Tous les grands singes ont un ancêtre commun vieux de plusieurs millions d’années. Depuis ce lointain aïeul, les humains et les primates non humains ont évolué en des lignées différentes. Parmi les primates non humains, les plus proches de nous sont le groupe des chimpanzés et bonobos (l’autre espèce plus petite de chimpanzé, quelquefois appelée chimpanzé nain, et réputée pour ses rapports sexuels qui apaiseraient les tensions au sein du groupe). La séparation avec ces cousins s’est opérée autour de -7 millions d’années. Pendant longtemps, on a pensé que cet ancêtre commun était semblable aux chimpanzés et qu’il s’était peu à peu redressé, pour évoluer progressivement vers l’Homme moderne.
Mais c’est loin d’être le cas. En fait, ce lointain parent était un singe, ni humain ni chimpanzé, mais plutôt un intermédiaire entre les deux. Et les lignées divergentes, celles de l’humain et du chimpanzé, ont évolué ensuite chacune de leur côté. À quoi ressemblait précisément cet ancêtre commun ? Voici l’une des grandes questions de la Préhistoire.
Ainsi, même si nous partageons beaucoup, notamment presque 99% de notre ADN, avec le chimpanzé et le bonobo, ce ne sont ni nos pères ni nos frères, mais plutôt des cousins. Mais alors, si l’Homme est un singe parmi les singes, qu’est-ce qui nous distingue des autres membres du club très fermé des pouces opposables ? Qu’est-ce qui fait de nous des humains ?
Un petit pas pour l’Homme
Pendant longtemps on a pensé que la fabrication d’outils était un trait spécifique aux humains. Mais là encore, on s’est fourvoyé. Les recherches en éthologie, notamment sous l’impulsion de la primatologue Jane Goodall, ont montré ces cinquante dernières années que la fabrication et l’utilisation d’outils ne sont pas le propre de l’Homme.
Par exemple, les chimpanzés savent choisir un bâton, le travailler, l’écorcer et l’affiner, pour ensuite l’utiliser pour dénicher des termites.
D’accord, les chimpanzés ne remporteront pas la médaille du Meilleur Ouvrier de France : leurs compétences d’ébénistes restent sommaires et ne dénotent pas une anticipation de toutes les étapes de la confection, à l’inverse de nous. Ils savent aussi casser des noix en utilisant des pierres comme marteaux. Désolée, mon cher Stanley Kubrick, mais votre métaphore de la naissance de l’Homme en prend un coup!
Si les outils ne sont pas notre apanage, où se situe notre spécificité ? Les scientifiques ont tranché : c’est la bipédie. Un humain est un primate, et plus précisément un «grand singe » (ou Hominidé), qui est bipède et dont le corps s’est adapté à ce mode de locomotion.
Sur de courtes distances, tous les primates sont capables de marcher sur deux jambes, mais mettre un pied devant l’autre sur des kilomètres tout en gardant une bonne capacité respiratoire est l’apanage des humains. Le corps s’est transformé en lien avec ce mode de locomotion : un crâne bien à la verticale au-dessus de la colonne vertébrale qui est redressée, un bassin moins large qui maintient les or-ganes, des pieds avec une voûte plantaire…
Parmi les humains, on compte l’ensemble de l’humanité actuelle (les Homo sapiens) mais aussi les fossiles humains des espèces disparues. Énumérons-les : il y a ceux du genre Homo (Homo habilis, Homo erectus, Homo neandertalen-sis), puis ceux membres de la lignée humaine, que l’on qualifie aussi de préhumains : les Australopithèques (dont la célèbre Lucy), les Paranthropes, les Ardipithèques, Or-rorin et Sahelanthropus. Toutes ces espèces se tenaient debout et arpentaient la savane.
Ce sont finalement les pieds qui font l’humain !








Evelyne Heyer


Sous la direction d’Evelyne Heyer
Préface Yves Coppens


Yves Coppens
Les mémoires d’Yves Coppens
Odile Jacobs

Dir Yves Coppens /Amélie Vialet



