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Paléophonies – Sons fantômes et images hybrides
Paléophonies
Sons fantômes et images hybrides
Benjamin Bondonneau
Préface de Nathalie Fourment
Editions du Ruisseau / Compagnie Le chant du moineau
Présentation de l’éditeur
Une enquête sensible sur les sons disparus du Paléolithique récent, une plongée dans un monde sonore éteint, mais peut-être pas tout à fait silencieux. Car ce que je cherche, ce ne sont pas des certitudes, mais des résonances. Des échos d’un rapport au monde profondément différent du nôtre, où les humains vivaient en hybridation avec leur environnement par le son, tous les sons, vents, pierres, voix, animaux, silences même.
J’imagine que dans ce monde, le son était matière de relation, de perception, de rituel. Mes fusains, ma clarinette et moi interrogeons les représentations nées de cette hybridité : peintures, gravures, traces, empreintes, non comme des images muettes, mais comme des témoins d’une écoute active. Paléophonies explore cette mémoire enfouie, avec prudence et attention, pour écouter le chant des cavernes.
Collection Argile
Editions du Ruisseau / Compagnie Le chant du moineau
Benjamin Bondonneau
Livre + CD
Préface de Nathalie Fourment
Contributions de Sophie A. de Beaune, Claudine Cohen, Noël Coye, Jean-Paul Demoule, Nathalie Fourment, Jean-Michel Geneste, Philippe Grosos, Rémi Labrusse, Jean-Loïc Le Quellec, Michel Lorblanchet, Serge Maury, Marcel Otte, Mylène Pardoën, Marylène Patou-Mathis, Romain Pigeaud, Frédéric Plassard, Céline Tyssandier, Luna Valentin.
Musiciens : Beñat Achiary, Sophie Agnel, Jean-Yves Bosseur, Xavier Charles, David Chiesa, Julia Hanadi Al Abed, Géraldine Keller, Lionel Marchetti, Carole Rieussec, Anne-Julie Rollet.
La chronique pour Hominides de Pedro Lima, journaliste scientifique et auteur
Dans quel univers sonore étaient immergés les femmes, hommes et enfants qui vivaient il y a 20 000 ou 30 000 ans lors du Paléolithique supérieur ? Quel sifflement du vent dans la steppe, quels frottements des racloirs sur les peaux, quels impacts des percuteurs sur le silex, quels crépitements de flammes dans les huttes, quels brames de cerfs et grognements de lions et d’ours des cavernes au loin, quelles voix aux échos démultipliés dans les cavernes peintes, quelles notes émises par des flûtes, conques et lithophones, et tout simplement quelles paroles de leurs proches ? L’ouvrage Paléophonies et son auteur n’ont pas la prétention de faire revivre ces fragments d’un monde sonore à jamais disparu, que l’on ne peut qu’imaginer et restituer partiellement à partir des rares indices qui nous sont parvenus. Mais justement, les pages de ce livre réussissent à en capter une résonance, un esprit, un certain écho qui flotte dans les paysages actuels de la Dordogne et que le dessinateur et musicien Benjamin Bondonneau arpente inlassablement. Splendides dessins réalisés à la pierre noire et au fusain (ceux mettant en scène des grottes et des humains aux porches et aux visages transformés en oreilles sont saisissants) et textes d’une grande justesse dialoguent et se complètent, faisant émerger une atmosphère qui n’est peut-être pas celle des Paléolithiques, mais dont elle évoque l’épaisseur et la texture. Certaines analyses, comme celles portant sur le triptyque qu’auraient pu former dans la grotte ornée de Marsoulas les sons graves et rauques d’une conque perforée retrouvée sur place avec les ponctuations et les bisons tracés sur la paroi, comme une partition sonore et graphique à la fois, sont très stimulantes. Après un détour, passionnant, par la genèse du spectacle associé à l’ouvrage intitulé « Les Hybrides », centré sur la figure des thérantropes mi-humains, mi-animaux qui hantent l’art pariétal paléolithique, le livre donne la parole à 18 spécialistes, acteurs et témoins des champs de la préhistoire, de la médiation et du son. Chacune et chacun livre sa vision, ou plutôt son audition, de ce qu’a pu être cet univers sonore du Paléolithique évanoui, en admettant, parfois, que l’exercice peut mener à l’impasse de l’inconnu. Nous reste alors l’essentiel, c’est-à-dire la poésie et l’imagination… Voire, pour aller plus loin que Jean-Paul Demoule qui en ébauche l’idée à partir de celle émise en son temps par le physicien Georges Charpak, le rêve pour l’instant inaccessible mais que des technologies futures pourraient, qui sait, rendre possible (que l’on pense ici aux prouesses de l’ADN sédimentaire qui détecte dans le sol sableux des grottes le passage d’espèces animales et humaines il y a des millénaires) : restituer la voix et le chant d’une ou d’un artiste, le son d’une stalagmite percutée par une pierre pour qu’elle émette des notes, autant de vibrations de l’air infinitésimales mais enregistrées, miraculeusement, par l’argile molle des parois et des sols à la façon d’un microsillon dans le vinyle. En attendant pareil prodige, l’écoute, bien réelle celle-là du CD accompagnant le livre, quelle belle idée !, et des dix compositions originales qu’il renferme imaginées par autant de musiciens paléo-inspirés, suffit à notre bonheur auditif, nous transportant loin dans le temps et dans le son.
Pedro Lima
Date de parution : 20 décembre 2025
26 x19 cm
240 pages
20 €
L’auteur
Musicien et artiste plasticien, Benjamin Bondonneau puise dans les paysages périgourdins, et particulièrement dans la rivière Dordogne, une part de son inspiration. Auteur de plusieurs publications et CD, notamment avec sa compagnie Le Chant du Moineau.







par Jérémie Decalf,




Joël Polomski




de Antonio Pérez Henares.





– Tome 1

Un album écrit et illustré






