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Grotte El Pendo
La grotte El Pendo
Escobedo Camargo,
Cantabrie,
Espagne
Cette grotte se visite sur réservation préalable
Situation de la grotte El Pendo
La grotte d’El Pendo est située dans le secteur d’El Churi, à Escobedo de Camargo, à environ 10 km de Santander. Elle s’ouvre au fond d’une vaste dépression, à l’extrémité occidentale de la Sierra de Peñajorao. Cette chaîne de collines côtières, caractérisée par d’importants phénomènes de karstification, borde le sud-ouest de la baie de Santander. La grotte se trouve à quelques mètres seulement au-dessus du niveau de la mer. Depuis 2008, elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, au sein de l’ensemble des grottes ornées paléolithiques de la région cantabrique.
Découvertes et Fouilles
Marcelino Sanz de Sautuola entreprit les premières fouilles de la grotte d’El Pendo en 1878, soit un an avant la découverte des peintures rupestres d’Altamira. Il identifia alors le site archéologique et mit au jour de nombreux vestiges d’un grand intérêt. Ces découvertes incitèrent Herminio Alcalde del Río à explorer la grotte au début du XXe siècle, dans le but de rechercher des manifestations d’art rupestre comparables à celles d’Altamira. En 1907, il y découvrit les seules gravures connues à ce jour dans la cavité : deux figures gravées, dont au moins une représentant un oiseau, situées dans la partie la plus profonde de la grotte. Toutefois, ni Alcalde del Río ni le Père Jesús Carballo, lors de ses recherches dans les années 1920, ne parvinrent à identifier de peintures pariétales.
De nouvelles campagnes de fouilles systématiques furent menées entre 1953 et 1957 par une équipe internationale dirigée par Julio Martínez Santa-Olalla. En 1955, ces recherches accueillirent le deuxième cours international d’archéologie de terrain, placé sous la direction d’André Leroi-Gourhan et d’Armand Cheynier (González Echegaray, 1980). Ces travaux permirent de caractériser plus précisément la séquence stratigraphique du site, qui comprend 33 niveaux archéologiques couvrant une période allant d’environ 84 000 ans avant le présent, correspondant au Moustérien, jusqu’à environ 9 000 ans avant le présent, période représentée par l’Azilien. Au-dessus du dernier niveau archéologique, une croûte stalagmitique a contribué à la préservation des vestiges.Entre 1994 et 1997, une nouvelle étude multidisciplinaire fut conduite sous la direction de Ramon Montes Barquín et J. Sanguino (2001). Ces recherches aboutirent, en 1997, à la découverte fortuite de la frise des Peintures, sous une couche de mousses. Ce fût une découverte majeure qui renouvela la connaissance de l’art pariétal de la grotte d’El Pendo.
Configuration de la grotte El Pendo

Centro de Arte Rupestre de Cantabria Alberto I de Mónaco
Photo Neekoo pour Hominides.com
Située près d’Escobedo de Camargo (Cantabrie, nord de l’Espagne), la grotte d’El Pendo se distingue nettement des autres grottes cantabriques. Cette cavité est une doline composée d’une unique et vaste salle aux dimensions impressionnantes (22 m de haut, 45 m de large et 80 m de long). Son entrée colossale est aujourd’hui partiellement obstruée par d’énormes blocs de calcaire tombés de la falaise surplombant l’entrée il y a au moins 10 000 ans. La salle d’une superficie de 600 m2 est totalement chaotique du fait des nombreux blocs écroulés. Les restes d’artefacts néandertaliens et sapiens sont probablement encore enfouis sous les rochers…
A noter l’eau pénètre transversalement dans la cavité et non verticalement, ce qui explique l’absence de spéléothèmes. Au fond de la cavité s’ouvre un puits actif (impraticable) recueillant les eaux de la dépression canalisées par un ruisseau. En période de fortes précipitations, ce dernier inonde et érode périodiquement la dépression, et au-delà la cavité elle-même.
Datation
Ce gigantesque gisement archéologique recèle 33 strartes (Montes & Sanguino 2001). Les occupations humaines ont été datées par thermoluminescence, U/Th, ESR et 14C-AMS, entre 84 000 et 3 000 ans avant le présent, soit entre le Paléolithique moyen et la fin de l’âge du Bronze.
Compte tenu de leur thématique, de leur technique et de leur style, ces peintures peuvent être datées d’environ 20 000 à 25 000 ans ; elles sont donc contemporaines des représentations paléolithiques découvertes dans la grotte de Covalanas.
L’art pariétal
Une frise parietale de 25 mètres et datée de d’environ 20 000 ans
Aux temps paléolithique la frise était visible depuis l’entrée de la grotte. Des effondrement de la « visière » du porche il y a 10 000 ans empêchent maintenant d’accéder visuellement à la frise directement depuis l’entrée.
Depuis l’entrée vous descendez dans la cavité en marchant sur des escaliers et des plateformes métalliques. A 80 mètres de l’entrée vous découvrez une grand frise de 25 mètre de longueur sur 2,5 m de hauteur en moyenne. Des animaux et des signes de couleur rouge sont maintenant visibles sur la paroi et représentent une vingtaine d’unités graphiques.
Les biches sont l’animal le plus représenté avec une douzaine d’exemplaires, elles sont accompagnées d’un bouquetin, d’un cheval, de deux figures zoomorphes indéterminées et de plusieurs formes de signes comme les points, disques et lignes qui sont généralement situés en dehors des panneaux où se trouvent les quadrupèdes.

La technique associe la teinte à plat (avec la main), le pointillisme et le tracé simple ; certaines figures combinant les trois. L’homogénéité technique et stylistique de la frise des Peintures permet de rattacher cet ensemble à des grottes telles que Covalanas, La Haza , Pondra, La Pasiega et Arenaza, entre autres.

Les biches




Le bouquetin

Peintures, Grand Panneau.
Relevé A. Gómez Laguna.
Biche, cheval et vulve

Un signe

L’art mobilier
Dans les années 1920, le père Jesús Carvallo entreprit des fouilles qui mirent au jour une importante séquence stratigraphique d’occupation humaine. La collecte des artefacts et des œuvres d’art mobilier de grande qualité fut si riche que Jesús Carvallo put créer en 1926 ce qui s’appelait alors le Musée de la Préhistoire de la Province de Santander, aujourd’hui Musée de la Préhistoire et d’Archéologie de Cantabrie. Il s’agissait d’une unique couche datant du Magdalénien supérieur cantabrique, d’où furent extraits les objets les plus remarquables, tandis qu’une grande quantité de matériel fut rejetée comme déblais lors des fouilles.

Grotte El pendo – Photo Kroko pour Hominides;com

Grotte El pendo – Photo Kroko pour Hominides.com

Grotte El Pendo MUPAC – Photo Neekoo pour Hominides.com

Grotte El Pendo MUPAC – Photo Kroko pour Hominides.com


Parmi les exemples remarquables d’art portatif, on peut citer la figurine appelée Vénus d’El Pendo (taillée dans du bois de cerf), une spatule décorée en forme de poisson et un fragment de diaphyse gravée d’un cheval et d’un aurochs, ce dernier étant très rarement représenté dans l’art préhistorique.
Les chercheurs ont pu isoler 3 niveaux particuliers
- Dans les niveaux moustériens , des milliers d’e vestiges d’artefacts se sont accumulés sur 5 m : des outils en silex, quartzite et ophite, fabriqués par les Néandertaliens pour chasser et traiter les chevaux, les bisons et les cerfs…
- Dans les niveaux suivants, c’est Homo saiens qui prend le relais : de nombreux burins, grattoirs, pointes et d’innombrables restes de cerfs, proies principales de leur alimentation, ont été mis au jour. Le niveau inférieur, riche en outils (356), a parfois été classé comme solutréen ; cependant, sa position stratigraphique pose des problèmes d’identification et présente des points de contact avec des couches plus anciennes, ce qui fait que ces niveaux sont plus étroitement associés à l’ Aurignacien supérieur et au Gravettien (González Echegaray et al., 1980).
- Dans les niveaux plus récents, associés au Magdalénien supérieur , 200 objets d’art portables ont été mis au jour, dont 11 bâtons perforés. Outre le silex, on y trouve également de nombreux outils en os et en bois de cervidé : pointes de lance, harpons, aiguilles à coudre, poinçons, spatules, etc. Plusieurs outils sont ornés de bouquetins qui ont la particularité d’être représentés de face. Au total, 763 outils ont été découverts.

Grotte El pendo
Photo Neekoo pour Hominides.com

Grotte El Pendo
Photo Kroko pour Hominidés.com

Grotte El pendo
Photo Kroko pour Hominidés.com

Photo Neekoo pour Hominides.com


Photo Kroko pour Hominides.com
Les espèces humaines dans la grotte El Pendo
Les premiers habitants de la grotte d’El Pendo furent les Néandertaliens.
Il y a 84 000 ans, au début de la dernière glaciation, des groupes de néandertaliens arrivèrent dans la cavité et commencèrent à l’utiliser comme campement. De leurs occupations, il subsiste des milliers de vestiges accumulés sur une épaisseur atteignant 5 mètres de niveaux archéologiques successifs. Grâce à eux, nous savons que les néandertaliens fabriquaient des outils en silex — provenant du Monte Picota et de Rostrío —, en quartzite — issue de galets de la rivière Pas — et en ophite — extraite à Medio Cudeyo. La chasse aux chevaux, aux bisons et aux cerfs, ainsi que la cueillette de fruits sauvages, constituaient la base de leur subsistance.
Il y a environ 35 000 ans, les premiers Homo sapiens, arrivèrent dans la région cantabrique. Dès lors, et ce jusqu’au Moyen Âge, nos ancêtres n’ont jamais cessé d’occuper la grotte, tantôt comme lieu d’habitat, tantôt comme « sanctuaire » destiné à exprimer leurs croyances symboliques. Cette occupation humaine était possible du fait du gigantisme de la cavité permettant de faire du feu sans mourir intoxiqué.
Témoignages de ces occupations, on y trouve d’innombrables ossements de cerf (l’animal qui constituait la base de leur alimentation), des outils en silex (burins, grattoirs, pointes…), en os et en bois de cervidé (sagaies, harpons, aiguilles à coudre, poinçons, spatules…), des objets décorés en os et en bois de cervidé (plus de 200 pièces d’art mobilier, dont 11 bâtons percés), ainsi que deux ensembles d’art pariétal : les gravures situées dans la diverticule du fond et la frise de peintures rouges.
Sources :
El Pendo grotte (PDF)
La grotte d’El Pendo en bref…
| Type | Techniques employées | Périodes | Occupation | Restes Humains |
| Grotte ornée | Peintures de couleur rouge ou Sienne | Du Gravettien au Magdalenien | Datation 33 niveaux entre 84000 et 3000 ans BP | Non |
| Dimensions | Nombre de représentations | Outils / Artefacts | ||
| 24 figures animales sur la frise principale 3 gravures | Oui | |||
| Localisation | Accessibilité | Date découverte | Particularités | |
| Escobedo | Visite grotte ornée sur réservation | 1878 par Marcelino Sanz de Sautuola. | Seuls 150 visiteurs sont admis par jour ; la réservation est donc obligatoire. Le nombre de visiteurs par groupe est limité à 17 en hiver et à 20 le reste de l’année. |
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