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Homo floresiensis, atteint de trisomie 21 ? (08/08/14)

Homo floresiensis, la polémique relancée
Le « hobbit » ne serait pas le représentant d'une espèce à part entière mais plutôt un être humain atteint du syndrome de Down

Hoobit - Homo floresiensis trisomique
Il y a 10 ans la découverte de restes fossilisés dans la grotte de grotte de Liang Bua (Ile de Flores, Indonésie) avait été qualifiée de « découverte la plus importante dans l'évolution humaine depuis 100 ans" Les os fossilisés, dont un crâne complet, de plusieurs individus avaient conduit les chercheurs à conclure qu'il s'agissait de restes d'une espèce humaine éteinte jusque-là inconnue.

Les scientifiques australiens et indonésiens ont nommés cette espèce Homo floresiensis. De manière familière la presse et les médias en général l'on surnommé the Hobbit en référence au film tiré de l'ouvrage « Le Seigneur des Anneaux ». Avec une taille estimée d'un mètre et un volume crânien équivalent à celui d'un chimpanzé, Homo floresiensis a effectivement le profil d'un hobbit. De manière plus scientifique, avec les mêmes données certains se demandaient comment un être aussi éloigné de notre lignée pouvait avoir été capable de fabriquer et d'utiliser les outils de pierre trouvés dans la grotte.
Photo Beawiharta/Reuters

Presque immédiatement, la découverte a donné naissance une vive discussion entre scientifiques. Avaient-on suffisamment d'éléments avec un seul squelette pour créer une espèce à part entière ? L'individu était petit, certes, mais comment prouver qu'il était normal et non un homme moderne atteint d'une pathologie provoquant des troubles de croissance ?

Les sceptiques ont relancé le débat avec deux articles publiés dans les PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences).
Un premier article souligne les failles dans les rapports de recherche originaux. Ils concluent que les caractéristiques déterminantes de l'échantillon tel que décrit à l'origine "ne permettent pas d'établir l'unicité ou la normalité nécessaires pour répondre aux critères formels pour un spécimen de type d'une nouvelle espèce." L'article est signé de Robert B. Eckhardt et Alex S. Weller (Université Penn State), Maciej Henneberg (Université d'Adélaïde, en Australie), et Kenneth J. Hsu (Institut national des sciences de la Terre à Pékin)
Le second article tente de prouver que l'individu est né avec le syndrome de Down (mongolisme). Il est signé par le Dr Henneberg, professeur d'anatomie et de pathologie, et le Dr Eckhardt, professeur de génétique du développement et de l'évolution.

Des estimations erronées
Parmi les défauts, les critiques montrent que la taille du squelette le plus complet, LB1, a été sous-estimé de presque 20% : des 1,06 mètre la nouvelle étude arrive à 1,26 mètre. De la même façon la taille du cerveau de notre hobbit a été revue à la hausse : de 380 cm2 les nouvelles études estiment en fait le volume crânien a 430 cm2.
"La différence est significative, et les chiffres révisés tombent dans la fourchette prévue pour un homme moderne avec le syndrome de Down (trisomie 21) de la même région géographique», déclare  Eckhardt.

Les scientifiques ont également souligné l'asymétrie du crâne, un décalage gauche-droite des traits du visage, comme caractéristique des personnes atteintes du syndrome de Down, l'un des troubles du développement les plus courantes chez l'homme (cela représente une naissance humaine sur 1 000).

Crânes floresiensis trisomie 21
Le crâne de LB1 est représenté de trois façons différentes pour illustrer l'asymétrie faciale. A (à gauche) est le spécimen réels, B (au centre) est la droite a doublé sur la ligne médiane et en miroir, et C (à droite) est le côté gauche doublé et miroir. Les différences dans les architectures du visage latérales gauche et droite sont apparents, et illustrent des anomalies de LB1 de croissance.
Crédit : Image, E. Indriati; Image B et C; D.W. Frayer

« Cette étude n'est pas publiée sous la forme d'une histoire amusante, mais pour tester une hypothèse: les squelettes de la grotte de Liang Bua sont-ils suffisamment spécifiques pour justifier l'invention d'une nouvelle espèce humaine ?" déclare Eckhardt.
«Notre nouvelle étude démontre que ce n'est pas le cas. L'explication la plus simple est un trouble du développement. Et les indices nous font pencher assez clairement pour le syndrome de Down."

Etudes
Maciej Henneberg, Robert B. Eckhardt, Sakdapong Chavanaves, and Kenneth J. Hs. Evolved developmental homeostasis disturbed in LB1 from Flores, Indonesia, denotes Down syndrome and not diagnostic traits of the invalid species Homo floresiensis. PNAS, 2014; DOI: 10.1073/pnas.1407382111

Robert B. Eckhardt, Maciej Henneberg, Alex S. Weller, and Kenneth J. Hs. Rare events in earth history include the LB1 human skeleton from Flores, Indonesia, as a developmental singularity, not a unique taxon. PNAS, 2014; DOI: 10.1073/pnas.1407385111

Sources :
ScienceDAily 

 



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