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Livre - La France du Paléolithique - Collection archéologies de la France - La Découverte

La France du Paléolithique
Pascal Depaepe
Editions La découverte

180 pages


La France du paléolithique



Présentation par l'éditeur
Couvrant plus de deux millions d'années, le Paléolithique est la plus longue période de notre histoire. En Europe occidentale, la présence de l’homme est attestée par des vestiges datés d’au moins un million d’années. Des premiers occupants venant d’Afrique par le Proche-Orient et l’est de l’Europe aux hommes modernes, les Cro-Magnon, en passant par l’homme de Néandertal, 40 000 générations de chasseurs-cueilleurs se sont succédé sur cette extrémité de l’Eurasie qu’est la France. Ces populations clairsemées ont vécu dans des environnements changeant au rythme des glaciations et des réchauffements climatiques.
Ils ont chassé ou côtoyé des animaux aujourd’hui disparus comme le mammouth, le lion des cavernes, l'aurochs et le rhinocéros laineux, ou d’autres, tel le renne, ne vivant plus actuellement qu'à des latitudes septentrionales. Ils ont aménagé leur habitat, inventé un outillage performant, enterré leurs morts, créé les splendeurs des grottes Chauvet ou Cosquer, et ainsi posé les fondamentaux de notre humanité. Les recherches sur le Paléolithique éclairent l'histoire des relations entre l’homme et la nature, son devenir face aux modifications climatiques, l’origine des inégalités sociales, et apportent un démenti catégorique aux théories néocréationnistes.




Notre avis :

Cet ouvrage propose une synthèse des connaissances sur le Paléolithique en France prenant en compte les découvertes les plus récentes, issues notamment des recherches archéologiques préventives, et les nouvelles théories sur la conquête de l'Europe par Homo erectus, la disparition des Néandertaliens, ou encore la naissance des expressions artistiques.

De nombreux sites préhistoriques français sont évoqués au fil des thématiques, même ceux qui ne se visitent pas (ou plus !), moins connus du grand public.

Sommaire La France Paléolithique

Avant-propos

Les plus anciennes occupations : le Paléolithique inférieur

Un homme nouveau : Néandertal

La France moustérienne

Inégalités sociales, violences : de la modernité du Paléolithique !

Néandertal et Cro-Magnon face à face

Vivre au paléolithique supérieur

L'art : une exception humaine

Conclusion

Bibliographie

Index.


L'auteur, Pascal Depaepe

Pascal Depaepe est archéologue, docteur en préhistoire (université de Lille I) et directeur scientifique et technique de l’Institut national de recherches en archéologie préventive (Inrap). Son principal thème de recherche concerne l'homme de Néandertal, et plus spécifiquement lse interactions homme-milieu, les dynamiques d'habitat et le rôle des fluctuations climatiques dans le peuplement de l'Europe.
Il est membre de différentes commissions scientifiques et anime des séminaires au Muséum d’histoire naturelle, à l’université de Paris-X et à l’Université de Tours. Il a publié en 2007 Le Paléolithique moyen de la vallée de la Vanne (Yonne, France) : matières premières, industries lithiques et occupations humaines. (Mémoire XLI de la Société préhistorique française).

Un extrait de la France du Paléolithique

Les prémices d’une société nouvelle
Longtemps les archéologues, avec plus ou moins de partis pris, ont considéré la chasse comme l’apanage de l’homme moderne, les autres étant réduits au charognage. Celui-ci a certes existé : pourquoi en effet se priver de la consommation d’une carcasse ? Mais la découverte des lances de Schöningen montre l’existence d’une chasse dès -400000. De plus, sur certains sites comme Tautavel (Pyrénées-Orientales) les restes osseux analysés montrent une sélection d’espèces propre à une activité cynégétique.

Le feu a joué un rôle important dans la conquête du nord de l’Europe, permettant d’affronter plus aisément le froid. Mais son rôle ne s’arrête pas là. Le feu est également un instrument efficace de protection contre les prédateurs. Il permet par ailleurs la cuisson de la viande, ce qui facilite sa mastication et sa digestion, ainsi que le fumage qui autorise sa conservation longtemps après l’abattage, même en considérant que les mesures d’hygiène de l’époque devaient être assez différentes de nos standards européens. Mais la maîtrise du feu dépasse ces considérations matérielles. Le feu fait reculer les bêtes sauvages, mais également la nuit, et les deux ne figurent-elles pas toujours au Panthéon de nos peurs primitives (la peur du loup, la peur du noir) ? Le feu, facteur de sécurité, est aussi le lieu du rassemblement, et le double sens du mot foyer en témoigne encore aujourd’hui. Et le rassemblement est le temps de la discussion, de l’échange d’idées, de l’invention d’histoires puis de mythes ; celui où l’on évoque ses souhaits, où l’on élabore ensemble des projets. Mais c’est aussi le lieu du plaisir collectif et partagé d’une agréable torpeur devant les flammes qui hypnotisent.

Quelle communication pouvait-il exister autour de ces foyers ? Il nous est impossible de connaître avec certitude l’aptitude au langage des Acheuléens, l’os hyoïde (l’os lingual), très fragile, n’étant qu’exceptionnellement conservé, et jamais pour ces époques. Néanmoins, vu le volume crânien moyen d’Homo heidelbergensis (1 200 cm3, contre 1 350 cm3 pour nous), on peut lui supposer certaines capacités en ce domaine.

Ces aptitudes se limitaient-elles au langage ? On ne peut à proprement parler de traces évidentes de préoccupations esthétiques. Le soin apporté au façonnage de certains bifaces dépasse largement les simples nécessités fonctionnelles et les charge de considérations esthétiques ou symboliques. Leur symétrie même pourrait en être un témoin. Quelques fragments osseux portent des stries dont l’interprétation est impossible, mais qui ne paraissent pas liées à des actions de décarnisation. Des objets insolites comme des fossiles découverts sur quelques sites sont peut-être des témoins d’une curiosité toute humaine, ou de préoccupations plus élevées. Peu de preuves donc, des indices tout au plus nous éloignant malgré tout de la vision trop réductrice d’un homme uniquement acharné à survivre.

Les manifestations rituelles ou cultuelles sont bien sûr difficiles à démontrer. Aucune sépulture n’a été découverte : soit elles ont été détruites au cours du temps, soit plus probablement n’ont-elles jamais existé. De plus l’absence de sépulture ne veut pas forcément dire absence de culte. À Atapuerca (Espagne) le site de la Sima de los Huesos pourrait être l’exception. Dans cet aven de 13 mètres de profondeur ont été découverts à ce jour (la fouille n’est pas terminée) les restes d’une trentaine d’individus, datés d’au moins 350 000 ans, et peut-être même de 400 000. Leur présence dans ce puits ne peut que difficilement s’expliquer de façon naturelle : ils y auraient été jetés dans le cadre d’un rituel funéraire, accompagnés dans leur tombe d’un seul outil de pierre : un biface très régulier et en quartzite rougeâtre.

Certains sites comme Tautavel témoignent de pratiques cannibales. La plupart des ossements humains présentent des stries de décarnisation dues au raclage des outils de pierre, et les os longs sont fracturés. À l’inverse des animaux ce sont surtout les restes crâniens qui ont été retrouvés, ce qui fait dire aux archéologues que ce cannibalisme était rituel (ou bien que les hommes de Tautavel appréciaient particulièrement la cervelle humaine).

Tous les ossements découverts ne portent pas de traces de cannibalisme. Le crâne de Salé, au Maroc, présente quant à lui une malformation congénitale qui s’accompagne de nos jours d’autres malformations ; la vie de cette femme aurait sans doute été impossible sans l’aide de son entourage. À Atapuerca encore deux cas similaires sont attestés : un homme sourd et un homme atteint d’inflammation osseuse, témoignages de solidarité et d’humanité.

Largement plongé dans ses racines africaines, l’Acheuléen se poursuit en France durant plusieurs centaines de milliers d’années, et son outil emblématique, le biface, lui survivra jusqu’à l’arrivée de l’homme moderne et du Paléolithique supérieur. L’Acheuléen, culture phare du Paléolithique inférieur en France, annonce clairement la phase suivante, le Paléolithique moyen, qui y plonge ses racines.

L’Acheuléen marque le début de la séparation, encore balbutiante, entre l’homme et la nature. C’est à l’Acheuléen que l’homme devient un super-prédateur en développant ses techniques de chasse. Et c’est à l’Acheuléen que l’homme met en place les caractéristiques de notre humanité.




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Cet ouvrage, auquel ont contribué les meilleurs spécialistes, est le bilan aussi complet que possible des connaissances actuelles. Centré sur l’Hexagone, il s’intéresse si nécessaire au reste de l’Europe, voire à l’Afrique et à l’Asie. Il comprend deux parties : les chasseurs-cueilleurs du Pléistocène et des débuts de l’Holocène ; puis les producteurs (éleveurs et cultivateurs), du Néolithique ancien.
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L'auteur Claude-Louis Gallien est professeur à l'Université René-Descartes de Paris V.
 
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Mise en ligne le 22/10/09