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Le projet « Origin of Humanity » : explorer les origines de la lignée humaine
Le projet « Origin of Humanity » : explorer les origines de la lignée humaine
Partenariat INRAP – IPH
Réalisé en partenariat avec l’Inrap et mené sous la direction d’Anna Echassoux, directrice générale de l’Institut de Paléontologie Humaine (IPH), le projet « Origin of Humanity » ambitionne de mieux comprendre les origines de la lignée humaine entre 4,3 et 3,3 millions d’années. Il s’appuie sur les découvertes paléoanthropologiques majeures actuellement réalisées dans la région de Fejej, au sud de l’Éthiopie, une zone clé pour la compréhension des premières étapes de l’évolution humaine.

Un territoire-clé pour l’histoire des premiers hominines

© Fondation IPH
Située à l’est du bassin du Turkana, la région de Fejej occupe une position stratégique sur le plan paléontologique. Depuis plusieurs années, elle livre des restes fossiles d’hominines antérieurs à Lucy (Australopithecus afarensis, datée de 3,2 millions d’années), la célèbre représentante de notre lointaine lignée. Ces nouvelles découvertes plus anciennes, datées entre 4,3 et 4 millions d’années, ouvrent une fenêtre unique sur une période encore très peu documentée de notre histoire évolutive, située immédiatement avant les premières traces d’activités humaines connues (Lire : Une industrie lithique datée de 3,3 millions d’années au Kenya questionne l’origine de l’homme).
Une période charnière dans l’évolution humaine
La période étudiée par le programme « Origin of Humanity » correspond à une transition cruciale entre les derniers australopithèques et les premiers représentants du genre Homo. Elle coïncide également avec une phase majeure de transformations environnementales en Afrique de l’Est : changements climatiques, variations du régime hydrologique, et recomposition des milieux boisés et des savanes.
L’analyse croisée des données fossiles, géologiques, géomorphologiques et géoarchéologiques permet ainsi de reconstituer les milieux de vie des premiers hominines et de mieux comprendre comment les paramètres environnementaux ont pu jouer un rôle sur les dynamiques évolutives anatomiques et comportementales.
Des découvertes exceptionnelles à Fejej

© Fondation IPH
En novembre dernier, l’équipe conjointe de l’Institut de Paléontologie Humaine (IPH) et de l’Inrap a mis au jour, sur le site de Fejej, des restes fossiles d’hominines très anciens, datés entre 4,3 et 4 millions d’années.
D’une ancienneté exceptionnelle, ces vestiges figurent parmi les plus rares jamais découverts sur le continent africain. Leur identification et leur contexte géologique apportent des informations inédites sur les premiers stades de la lignée humaine.
Ces nouveaux résultats positionnent désormais Fejej comme un site de référence international, au même titre que d’autres localités emblématiques de la paléoanthropologie est-africaine, telles que Hadar ou Laetoli.
Des liens forts entre Fejej et Lomekwi 3
Cette recherche s’inscrit dans la continuité des travaux menés au site de Lomekwi 3, situé à l’ouest du bassin du Turkana, au Kenya.
Découvert en 2011 et daté de 3,3 millions d’années, Lomekwi 3 est aujourd’hui reconnu comme le plus ancien site archéologique connu au monde, témoignant des premiers gestes techniques attribuables à la lignée humaine (Lire : Les plus vieux outils du monde ont 3,3 millions d’années).
Depuis plus de dix ans, Xavier Boes, géoarchéologue à l’Inrap, co-porte le programme de fouille et de préservation de ce site, sous la direction de Sonia Harmand (CNRS, laboratoire TRACES), en partenariat avec le Musée National du Kenya et l’équipe de l’Inrap (notamment Vincent Arrighi, rattaché au laboratoire TRACES à Toulouse).
Xavier Boes est également depuis trois ans co-porteur du programme de recherche de l’IPH consacré à la période antérieure à Lomekwi 3, qui cherche à combler le vide chronologique et scientifique entre les australopithèques anciens et les premiers outils en pierre façonnés de l’humanité.


© Fondation IPH
La contribution de l’Inrap : la géoarchéologie au cœur du projet
Au sein de cette mission, Xavier Boes, géoarchéologue à la Direction interrégionale Nouvelle-Aquitaine Outre-Mer de l’nrap, met à profit son expertise pour analyser les processus de mise en place des dépôts sédimentaires et leur attribution chronologique. Ces analyses permettent de retracer l’histoire géologique des sites préhistoriques très anciens, d’identifier les processus de formation des sites, les phases de stabilité ou d’érosion et de comprendre comment les environnements ont évolué au fil du temps. En interprétant ces archives naturelles, il contribue à reconstituer les paléoenvironnements et les milieux de vie occupés par les hominines. Ses recherches offrent ainsi un éclairage essentiel sur les relations entre les hominines et leurs ressources à une période-clé de l’évolution.
L’Inrap, reconnu pour son savoir-faire en géoarchéologie appliquée, contribue également à la formation des étudiants et des officiers des Antiquités éthiopiens et kenyans. Ces sessions de terrain, encadrées par des chercheurs français et africains, participent activement au renforcement des compétences locales en archéosciences et à la pérennisation des capacités de recherche régionales.
Une coopération scientifique internationale exemplaire
Le partenariat entre l’Institut de Paléontologie Humaine, l’Inrap, le CNRS, le Musée National du Kenya, le Turkana Basin Institut et le Ethiopian Heritage Autority illustre la dynamique de coopération scientifique internationale autour des sites préhistoriques africains et de la question des origines humaines.
Ce travail collaboratif repose sur une complémentarité d’expertises : archéologie, paléoanthropologie, géoarchéologie, datations, paléobotanique, géochimie, et conservation du patrimoine de l’humanité. Il met en lumière la place centrale de la recherche archéologique préventive française dans les grands programmes internationaux consacrés à la préhistoire africaine et à l’évolution humaine, dans un contexte de protection et de préservation des sites du berceau de l’Humanité.

Un engagement au service de la recherche et du patrimoine
À travers sa participation au programme « Origin of Humanity », l’Inrap affirme son rôle dans la production et la transmission des savoirs scientifiques, tout en contribuant à la préservation et à la valorisation du patrimoine archéologique africain.
Cette implication s’inscrit pleinement dans la mission de l’institut : développer la recherche archéologique appliquée, favoriser la coopération internationale, et diffuser les savoir-faire français au service de la connaissance de l’humanité et de ses origines.
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