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Aux origines du genre
Aux origines du genre
Sous la direction d’Anne Augereau et Christophe Darmangeat
Ont collaboré à cet ouvrage Oren Falk, Dominique Henry-Gambier, Katrhyn Kamp, Pascal Picq, Aline Thomas et John C. Whittaker.
PUF / Vie des idées

Présentation par l’éditeur :
L’irruption, dans l’actualité occidentale des dernières années, du thème des violences faites aux femmes et, plus généralement, les multiples obstacles auxquels se heurte l’égalité des sexes, ont stimulé l’intérêt pour l’histoire et la préhistoire des rapports de genre. Diverses productions, écrites ou télévisuelles, ont ainsi procédé à une relecture plus ou moins radicale des savoirs (ou des préjugés ?) sur ce thème, proposant généralement l’image d’une femme préhistorique active, libre et émancipée. Mais que sait-on réellement des rapports de genre dans la préhistoire des sociétés humaines ? Par quelles méthodes ces réalités sociales depuis longtemps disparues peuvent-elles être reconstituées ? Comment éviter de projeter des visions fantasmées sur le lointain passé ? Telles sont les questions auxquelles plusieurs spécialistes s’efforcent de répondre dans ce livre, qui revient notamment sur quelques célèbres découvertes archéologiques et sur les interprétations auxquelles elles ont donné lieu.
120 pages
12,5 x 18,9 cm
05 octobre 2022
Résumé
En ce début de XXIᵉ siècle, les droits des femmes et les inégalités de genre occupent une place centrale dans le débat public. Dans ce contexte, les sociétés préhistoriques font l’objet d’un intérêt croissant dans les productions destinées au grand public. Livres, documentaires, chaînes YouTube ou jeux vidéo proposent souvent l’image de femmes émancipées, suggérant un passé où la domination masculine aurait été absente. Mais sur quelles bases scientifiques reposent ces récits ? Les connaissances sur les rapports entre femmes et hommes dans les sociétés anciennes restent en effet fragmentaires et indirectes, laissant une large place aux interprétations et aux projections contemporaines. Le risque est alors de remplacer d’anciens stéréotypes par d’autres, tout aussi simplificateurs. Les chercheurs ont donc la responsabilité de restituer ces questions avec rigueur. Cet ouvrage propose d’y contribuer : une première partie examine les fondements, méthodes et usages de l’archéologie du genre, tandis que les chapitres suivants analysent plusieurs cas emblématiques ayant suscité d’importants débats méthodologiques.
L’autrice
Anne AUGEREAU est archéologue à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). Elle est spécialiste du Néolithique et, en particulier, de technologie lithique, d’archéologie minière, d’archéologie funéraire et d’archéologie du genre. Elle dirigé de nombreuses fouilles archéologiques et travaille sur la division du travail, l’apprentissage et la spécialisation économique et sociale. Elle a publié en 2021 un livre intitulé Femmes néolithiques. Le genre dans les premières sociétés agricoles (CNRS Editions) puis, avec Christophe Darmengeat en 2022 Aux origines du genre et en 2026, Une préhistoire des femmes (La découverte).
Sommaire de « Aux origines du genre »
Introduction
1. Le passé du genre et ses enjeux contemporains (Anne Augereau et Christophe Darmangeat)
2. Sexe et genre chez les singes (Pascal Picq)
3. La Dame du Cavillon : fantasmes et réalités (Dominique Henry-Gambier)
4. Les fusils roses : chasseuses d’antan et biais actuels (John Whittaker et Kathryn Kamp)
5. Faire parler les morts : comportements des hommes et des femmes néolithiques (Aline Thomas)
6. La hache de guerre d’Occam : quelques réflexions sur l’archéologie responsable inspirées par Bj 581 (Oren Falk).
Aux origines du genre
Le genre préhistorique : un récit instrumentalisé
Un spectre hante le féminisme : le spectre du matriarcat primitif. Aux yeux de bien de celles et ceux qui aspirent aujourd’hui à la disparition de la domination masculine, l’idée que celle-ci était inconnue des sociétés humaines du lointain passé apparaît en effet comme un point d’appui et un gage de succès futurs. Inversement, affirmer que cette domination masculine existe depuis des temps très reculés, voire qu’elle a constitué jusqu’à nos jours un trait culturel universel, est volontiers considéré comme une manière de la légitimer ou de suggérer qu’elle serait inéluctable.
Pourtant, il faut le souligner avec force : bien qu’elle paraisse de bon sens et qu’elle soit couramment admise, il n’existe aucune relation univoque entre la situation supposée des femmes de la préhistoire et le combat actuel en faveur de l’égalité des sexes. En particulier, ce n’est pas parce que la domination masculine serait, à l’échelle de l’histoire des sociétés humaines, un phénomène tardif, qu’elle peut pour autant être facilement abolie. Inversement, ce n’est pas parce qu’elle s’avèrerait aussi ancienne que l’humanité elle-même – voire, qu’elle s’ancrerait dans l’héritage biologique de notre lignée – qu’elle ne saurait être dépassée. En fait, sous les dehors d’un raisonnement, il n’y a là au fond qu’une simple – et abusive – association d’idées.
Pour s’en convaincre, on peut commencer par rappeler que la thèse d’une prééminence initiale des femmes n’est pas une spécificité moderne. Bien avant même d’être une théorie scientifique, elle fut un mythe fondateur pour de nombreux peuples. Et ce récit des origines était loin de s’inscrire dans une perspective féministe…


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