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Cannibalisme et crâne utilisé comme coupe en Angleterre, grotte de Gough (20/04/15)

Des pratiques cannibales en Angleterre il y a 14 700 ans
L'étude des ossements retrouvés dans la grotte de Gough dans le Somerset montre que les hommes ont servi de repas mais également de « vaisselle »

Restes humaisn grotte de Gough - SomersetLa grotte de Gough
La grotte de Gough a été découverte dans les années 1880. En 1903, des restes humains ont été mis à jour et rapidement popularisés en Angleterre  comme ceux de «  l'homme de Cheddar ». A l'époque, ces restes étaient considérés comme appartenant au plus ancien fossile humain anglais... D'autres fouilles de la cavité ont été entreprises de 1986 à 1992. Les restes humains extirpés présentaient des marques, des coupures, comme les ossements de mammifères découverts dans le même niveau archéologique.  Les éléments de squelettes humains devaient appartenir à 5 ou 7 individus, dont un jeune enfant âgé approximativement de 3 ans, et 2 adolescents.
Photo des restes humains retrouvés à la grotte de Gough ( The Trustees of the Natural History Museum).

Les études

En 2011, une étude est publiée concernant les restes humains présentant des marques et des coupures. Les scientifiques annoncent avoir identifié les plus anciennes coupes (pour boire) réalisées avec des crânes humains. Ils identifient également des preuves d'anthropophagie. Il faut noter que le cannibalisme humain au Paléolithique n'est pas une découverte et qu'il existe plusieurs sites européens sur lesquels des traces d'anthropophagie ont été détectées. Pour Sylvia Bello « ce sont les plus anciens exemples de « coupes humaines » et elles ont été réalisées en Angleterre ». 

Crâne humain utilisé comme coupeUne nouvelle étude approfondie des ossements
Les preuves de cannibalisme s'accumulent avec la mise en évidence de marques de dents humaines sur plusieurs ossements d'Homo sapiens.  En particulier, les chercheurs ont pu identifier des traces de mâchouillements des os spongieux et, pour finir, d'os brisés pour en extraire la moelle.
De manière plus large, les ossements montraient des marques de décharnement et de désarticulations, qui sont forcément préalables à l'anthropophagie...
Un seul type d'ossement ne portait pas de marques de mâchouille : la calotte crânienne. Mais les traces sur les bords de la calotte indiquent une utilisation de cette dernière comme verre ou coupe pour boire un liquide. Pour le docteur Sylvia Bello (Natural History Museum)  "La seule partie de squelette qui n'a pas été mâchée est la boite crânienne ; ils lui réservaient un traitement particulier : elle était consciencieusement transformée en coupe". 
Photo de calotte cranienne utilisée comme coupe.


Marques de dents sur les ossementsUne nouvelle datation

Parallèlement, les dernières techniques de datation au radiocarbone révèlent que les ossements ont été déposés sur une période très courte de temps, probablement lors d'une série d'occupations saisonnières, il y a 14 700 ans. Cela laisse penser que les paléolithiques sont venus à plusieurs reprises dans la grotte pour des activités de faible durée, comme une saison de chasse ou pour enterrer leurs morts...

Les chasseurs-cueilleurs  magdaléniens
Les premiers hommes modernes qui occupaient la grotte de Gough étaient Magdaléniens, un groupe de chasseurs-cueilleurs originaires du sud-ouest de l'Europe. Ils ont probablement colonisé la Grande-Bretagne en passant par la Belgique ou les Pays-Bas, quand le climat s'est réchauffé il y a 15 000 ans, après la période glaciaire.
Pour les scientifiques, les preuves de cannibalisme s'accumulent, mais elles montrent également que cette population de chasseurs-cueilleurs avait atteint un grand « savoir-faire » en termes de boucherie et de découpe de la viande humaine. L'équipe parle même de culture sophistiquée...
Photo : trace de "machouillage" sur des côtes.

Le cannibalisme n'est pas une spécificité des « Anglais » et d'autres sites ont délivré des preuves d'anthropophagie en Europe centrale et dans l'Ouest. Pour certains chercheurs, cette pratique pourrait  faire partie d'une sorte de cérémonial funéraire par lequel les vivants s'approprient le corps du défunt en le consommant et en buvant dans son crâne...

Nous sommes ici dans une vision particulièrement imaginative de pratiques qui ne peuvent malheureusement être validées... ou invalidées !

CR

Sources :
NHM,
ScienceDirect



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