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De nouveaux ossements de Dénisoviens en Chine
Une étude complète notre connaissance des Dénisoviens
Des ossements et des outils retrouvés dans la grotte chinoise de Bianfu ont été attribués aux Dénisoviens. Ils permettent de connaître plus précisément les capacités de l‘Homme de Denisova.

Une espèce dont la morphologie se dévoile au fil des années…
Les Dénisoviens ont été génétiquement identifiés en 2010 à partir d’un petit morceau d’os découvert dans une grotte du sud de la Sibérie. L’ADN qui en a avait été extrait appartenait à aucune espèce connue. C’est l’Institut Max Planck qui a pu l’attribuer à une nouvelle espèce… Homo altaiensis plus communément appelé Homme de Denisova. Une vraie bombe dans le milieu scientifique : c’était la première fois qu’une nouvelle espèce d’hominidé était identifiée par son génome. Jusqu’à présent c’était des ossements ou le crâne qui étaient significatifs pour déclarer une nouvelle espèce.
Depuis cette découverte quelques ossements ont été mis au jour sur d’autres gisements préhistoriques : le squelette a certes été complété mais sans arriver à dépasser les 20 % du poids total !
En 2019, une mâchoire de Dénisovien a été identifiée sur le plateau tibétain. Cette demi-mandibule est datée de 160 000 ans.
En 2021, un ancien crâne découvert en 1933 à Harbin (nord de la Chine) est finalement attribué à l’Homme de Denisova (et confirmé génétiquement en 2025)…
En 2024 une côte est exhumée de la grotte de Baishiya sur le plateau tibétain, en Chine.
Des restes humains et des outils, en Chine.
C’est dans la grotte de Bianfu, dans la province du Yunnan, au sud-ouest de la Chine que de nouveaux vestiges ont été identifiés.
L’archéologue Hao Li, de l’Institut chinois de recherche sur le plateau tibétain indique que la grotte renferme de nombreux ossements de Dénisoviens, ainsi que des outils rudimentaires en pierre et en os fabriqués par ces derniers et des traces d’animaux qu’ils chassaient.
Si les ossements ont été retrouvés en 2019 ce n’est que récemment qu’ils ont pu être identifiés grâce à un acide aminé caractéristique présent dans l’émail des dents. L’identification des échantillons par analyse d’ADN ancien était impossible, explique la généticienne Qiaomei Fu, de l’Institut chinois de paléontologie des vertébrés et de paléoanthropologie, qui a dirigé l’équipe de recherche. La grotte est très ancienne et relativement chaude : « Ces conditions étaient défavorables à la conservation de l’ADN », précise-t-elle.
De nouveaux ossements humains et fauniques
Les restes dénisoviens de la grotte de Bianfu sont composés de quatre dents, un fragment d’humérus et deux fragments de crâne humain.
Le premier fragment de crâne est daté entre 167 000 à 161 000 ans, le deuxième fragment crânien, un os du bras et des dents sont datées entre 142 000 et 134 000 ans. L’étude morphologique de l’humerus est particulièrement intéressante : elle montre que les os des Dénisoviens se rapprochaient plus de celle des humains modernes que de celle des Néandertaliens. Pour les chercheurs cela pourrait indiquer que la stature des Dénisoviens était peut-être plus proche des humains modernes que celle des Néandertaliens.
Ces découvertes portent à plus de 20 le nombre total de fossiles dénisoviens connus.
Environ 60 000 fragments d’os d’animaux ont également été mis au jour dans la grotte, ce qui indique que ces Dénisoviens chassaient principalement le cerf et les bovidés sauvages, notamment le buffle d’eau et le gaur.
Les outils de pierre de Bianfu ne sont pas considérés comme particulièrement techniques. L’archéologue Hao Li les décrit comme une forme de « technologie pratique », où l’utilisateur ne consacrait pas beaucoup de temps à leur fabrication.
Cela ne signifie pas pour autant que la technologie dénisovienne soit simple. Selon Li, il pourrait s’agir d’une forme d’adaptation flexible, adaptée aux besoins de survie de leur environnement..
L’analyse d’ossements anciens découverts dans une grotte chinoise offre un aperçu de la vie des Dénisoviens il y a plus de 130 000 ans. Ils chassaient de grands animaux vivant en forêt, notamment des buffles d’eau, des bisons, des cerfs élaphes et des cerfs axis. L’extraction de moelle osseuse, riche en graisse, a même été retrouvée sur certains ossements.
Sources
Denisovans from southwestern China and their subsistence strategies
Qijun Ruan, Hao Li, Song Xing, Keliang Zhao, Jianhui Liu, Clément Zanolli, Luc Doyon, Davide Delpiano, Marco Peresani, Francesco d’Errico, Fabrice Demeter, Jean-Jacques Hublin, Peiyuan Xiao, Yuqing Wang, Zhenxiu Jia, Qingjiang Yang, Qiaomei Fu, Qiyahui Sun, Yuhao Zhao, Sungui Lin, Anchuan Fan, Youping Wang, Qingfeng Shao, Bo Li & Fahu Chen
https://www.nature.com/articles/s41586-024-07612-9
Les études de l’Homme de Denisova
2025 Penghu 1 : une mâchoire découverte à Taiwan presque identifiée comme appartenant à un Dénisovien
2024 l’Homme de Dénisova sur le plateau tibétain pendant 160 000 ans
2022 Une dent de fillette au Laos datée de 130 000 ans appartient-elle aux dénisoviens ?
2020 L’ADN de Denisova dans la grotte de Baishiya au Tibet
2019 Denisova 195 000 ans
2019 Découverte d’ Homo longi… un dénisovien ?
2019 Une mâchoire de l’Homme de Denisova identifiée au Tibet et datée de 160 000 ans
2018 Hybridation Néandertaliens et Dénisoviens – Jean-Luc Voisin
2017 Dénisoviens … Un groupe humain fantôme ou une réalité biologique ?
2012 Génome décrypté pour l’homme de Denisova
2010 Denisova et Néandertal un ancêtre commun
2010 Une nouvelle espèce d’hominidé identifiée en Sibérie dans la grotte de Denisova


Préhistoire de l’Altaï
ouvrage collectif

Ludovic Orlando










