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Bacon Hole : des traits de peinture enfin reconnus comme préhistoriques
Découverts en 1912, les tracés de pigments dans la grotte de Bacon Hole avaient été invalidés en 1928 en tant que peintures préhistoriques. Une nouvelle étude utilisant la méthode Uranium-Thorium et la composition des pigments permet de reconnaitre l’origine humaine des tracés.

A droite photographie retouchée pour rendre les peintures plus lisibles.
Des peintures découvertes depuis le siècle dernier !
La grotte de Bacon Hole se trouve dans les falaises calcaires du sud de Gower, surplombant le canal de Bristol, en Angleterre.
Ces peintures rupestres ont été découvertes pour la première fois en 1912 par le professeur William Sollas et le préhistorien Henri Breuil, c’est, à l’époque « le premier exemple de peinture rupestre préhistorique jamais découvert en Angleterre »
Loin des figures représentatives de l’art pariétal de Lascaux ou d’Altamira c’est une série de 10 rayures horizontales rouges qui a été identifiée sur la paroi d’une cavité latérale de la grotte de Bacon Hole.
Mais, en 1928, la découverte de cet art rupestre est invalidée comme étant simplement « un écoulement de minéraux d’oxyde rouge à travers la roche et non de l’art préhistorique ». Les chercheurs de l’époque attribuent donc ces lignes à un phénomène géologique naturelle et rejettent l’origine humaine. Les peintures géométriques tombent dans l’oubli…
Les peintures de nouveau identifiées et datées d’au moins 17 100 ans.
C’est en 2022 qu’une équipe internationale sous la direction de l’archéologue George Nash (National Trust Cymru) se sont de nouveau intéressé à ces tracés. L’étude de la coulée de calcite qui recouvrait les peintures a permis d’en savoir plus sur la période ou les pigments ont été étalés. La datation uranium-thorium a été utilisée sur les coulées de calcite, pour effectuer des datations. La couche minérale de calcite a été datée- de 17 100 ans, ce qui indique que les peintures qui se trouvaient en-dessous sont plus anciennes.
Pour réaliser le pigment rouge, les analyses montrent que c’est un mélange de calcaire et de résidus d’argile. Cette « recette » n’est pas naturelle et démontre l’origine humaine de sa fabrication !
Ce sont bien des lignes volontairement peintes !
Pour les chercheurs, l’hypothèse de Breuil et Sollas en 1912 était la bonne !
Les lignes peintes sont disposées horizontalement et sont équidistantes les unes des autres, ce qui indique un motif délibéré et structuré. » Les études ont également montré que la peinture avait été appliquée au doigt, comme Breuil et Sollas l’avaient déclaré il y a plus de 100 ans !
George Nash indique « Nous, avec notre mentalité du 21e siècle, appelons cela de l’art, mais il y a 17 100 ans avant notre ère, c’était probablement un système de communication, par exemple. » Il rajoute que les bandes horizontales pourraient être des « marques de comptage ».
L’archéologue David Thomas (National Trust Cymru), a déclaré : « Nous savions depuis toujours que Bacon Hole était un site paléolithique extraordinaire, mais découvrir que l’art parietal le plus ancien de Grande-Bretagne se trouve ici, au Pays de Galles, est très excitant. »
Il y a environ 17 100 ans, lors de la création de ces marques, le paysage sortait tout juste d’une période glaciaire quasi inhabitable. À cette époque, Bacon Hole et d’autres grottes le long de la côte sud du Pays de Galles « auraient offert des sites d’habitation appropriés pour des groupes de chasseurs-pêcheurs-cueilleurs », écrivent les auteurs de l’étude.
Il est temps de classer et protéger la grotte de Bacon Hole.
C.R.
Sources
Rediscovered Late Upper Palaeolithic Painted Imagery at Bacon Hole, Gower Peninsula, South Wales
George H. Nash, Hipólito Collado, Hipólito Collado, Hugo Gomes, Sara Garcês, Virginia Lattao, Pierluigi Rosina, Elena Marrocchino, Negar Eftekhari, Barbara Oosterwijk, Alistair W. G. Pike, Dirk L. Hoffmann, Christopher D. Standish, John F. Hiemstra, Qingfeng Shao
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