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L’aiguille et la peau
L’aiguille et la peau
Exposition temporaire
Du 30 mai au 6 décembre 2026
Musée et Site archéologiques d’Argentomagus
Saint Marcel
Conçue par les musées communautaires, Musée archéologique d’Argentomagus et Musée de la Chemiserie et de l’Elégance masculine, cette exposition est consacrée à l’usage associé de l’aiguille et de la peau à travers les millénaires, depuis la Préhistoire jusqu’à la période contemporaine. Témoin de la pratique de la couture à chaque époque et parmi l’un des objets les plus fins de l’artisanat, l’aiguille à chas est emblématique dans les deux musées.

Expsoition Argentomagus
Visite de l’exposition Aiguille et peau
Bienvenue dans cette exposition consacrée à deux éléments qui, à première vue, semblent bien modestes : une aiguille et une peau. Pourtant, leur association a profondément accompagné l’histoire de l’humanité. En parcourant les millénaires, nous allons découvrir comment ces deux matières et ces deux outils ont permis aux hommes de se vêtir, de se protéger, mais aussi de créer, de décorer et d’affirmer leur identité.

Notre parcours commence à la Préhistoire. Imaginez les premiers artisans, travaillant des matières naturelles avec des outils rudimentaires, cherchant à assembler des morceaux de peau pour fabriquer des vêtements adaptés à leur environnement. Parmi les objets les plus étonnants de cette période figure l’aiguille à chas. Fine, fragile en apparence, elle témoigne pourtant d’une grande maîtrise technique.

Les plus anciennes aiguilles à chas connues aujourd’hui remontent à environ 40 000 ans avant le présent. Leur apparition constitue une véritable révolution : en permettant de faire passer un fil à travers la matière, elles rendent possible une couture plus précise et plus solide. Fabriquées principalement en os, elles accompagnent les populations préhistoriques dans la confection de leurs vêtements et de nombreux objets du quotidien.

En avançant dans le parcours, nous retrouvons ces témoignages dans notre région. Il y a environ 20 000 ans, les groupes badegouliens de l’abri Fritsch, à Pouligny-Saint-Pierre, utilisent déjà des aiguilles à chas en os. Quelques millénaires plus tard, vers 14 000 ans avant le présent, de nombreux exemplaires sont également retrouvés dans les habitats du coteau de La Garenne, à Saint-Marcel. Ces découvertes nous permettent de mieux comprendre les gestes et les savoir-faire des populations qui occupaient alors le territoire.
Poursuivons notre chemin jusqu’à l’époque gallo-romaine. À Argentomagus, l’aiguille évolue et les matériaux utilisés pour sa fabrication se diversifient. L’os laisse progressivement place à des alliages cuivreux, révélant les progrès de la métallurgie et l’adaptation des techniques aux nouveaux besoins. L’objet reste petit, mais son importance est considérable : il accompagne les pratiques de couture et participe à la transformation des matières.
Puis, changement d’époque et nouveau tournant technologique : nous arrivons au XIXe siècle. Avec le développement de l’industrie textile à Argenton, l’acier s’impose progressivement dans la fabrication des aiguilles. La production se mécanise, les usages se multiplient et l’aiguille devient un élément indispensable de l’industrie de l’habillement. Derrière cet objet devenu familier se cache donc une longue histoire d’innovations et de savoir-faire.

Mais l’aiguille n’a de sens que lorsqu’elle rencontre une matière à travailler. C’est ici que la peau entre véritablement dans notre histoire.
Avant d’être transformée en cuir, la peau est une matière brute, directement issue de l’animal. Pendant des milliers d’années, elle est préparée et travaillée manuellement. Le tannage permet de la rendre plus résistante et plus durable. Avec le développement des tanneries, puis leur industrialisation, ces opérations changent d’échelle et répondent à des besoins toujours plus importants.
Associée à un fil suffisamment résistant — tendon animal ou fibres végétales — la peau devient une matière particulièrement polyvalente. Elle permet de confectionner des vêtements, des chaussures ou des chausses, mais également des couvertures, des tentures et de nombreux objets nécessaires à la vie quotidienne.

Argentomagus, L’aiguille et la peau @Musée d’Argentomagus 2026

Argentomagus, L’aiguille et la peau @Musée d’Argentomagus 2026
En observant les pièces présentées dans l’exposition, on comprend également que le vêtement n’est jamais seulement destiné à protéger le corps. Il peut raconter une histoire. Par sa matière, sa forme, ses couleurs, ses ornements ou sa qualité, il indique une appartenance, un statut social ou une identité culturelle. S’habiller, c’est donc aussi se présenter aux autres et affirmer qui l’on est.
Cette importance de la peau dépasse largement le domaine de l’habillement. Dès les premiers siècles de notre ère, son utilisation se développe considérablement dans le monde romain. Les besoins de l’Empire sont nombreux : équipements civils, objets du quotidien, vêtements, accessoires, mais aussi matériel destiné aux militaires. La peau devient ainsi une ressource essentielle, exploitée et transformée selon des usages très variés.



© Musee archeologique d’Argentomagus
Au fil de la visite, l’aiguille et la peau apparaissent donc comme les deux fils conducteurs d’une histoire beaucoup plus vaste. Ils nous parlent de techniques, d’artisanat et d’industrie, mais aussi des relations entre les hommes, leur environnement et les animaux.
Avant de quitter l’exposition, prenez le temps de regarder à nouveau ces objets. Une aiguille, si petite soit-elle, peut sembler insignifiante. Une peau peut paraître n’être qu’une simple matière. Pourtant, réunies, elles racontent des dizaines de milliers d’années d’invention, d’adaptation et de transmission des savoir-faire.
Et aujourd’hui encore, l’utilisation de la peau et de la fourrure nous questionne. Elle nous invite à réfléchir à notre rapport à l’animal, aux ressources naturelles et à notre manière de produire et de consommer. Ainsi, au-delà de l’histoire de la couture et de l’habillement, cette exposition nous conduit finalement à nous interroger sur notre propre relation aux matières qui nous entourent.
Visite de l’exposition Les bijoux et ornements corporels les plus anciens
| En pratique L’aiguille et la peau au Musée et Site archéologiques d’Argentomagus Exposition du 30 mai au 6 décembre 2026 |
Lieu de l’exposition :
Musée et Site archéologiques d’Argentomagus
Les Mersans – 36200 Saint Marcel
Site officiel
Horaires
Du 11 février au 30 juin et du 1er septembre au 23 décembre 2026
Tarif :
Billet unique Argentomagus et Chemiserie : 8€
Billet unique tarif réduit: 5€ (* sur présentation d’un justificatif)
Le tarif réduit s’applique pour les enfants de 6 à 17 ans, les étudiants*, les demandeurs d’emploi* et les personnes en situation de handicap*.
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L’enfance de l’humanité
Pedro Lima


Sous la direction de Jean-Jacques Hublin


Bertrand Roussel







