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Trésors de la Préhistoire en Auvergne
Trésors de la Préhistoire en Auvergne
Une exposition temporaire musée d’art Roger-Quilliot
Du 13/05/2026 au 20/09/2026
Clermont-Ferrand
L’exposition Trésors de la Préhistoire en Auvergne est présentée au musée d’art Roger-Quilliot du 13 mai au 20 septembre 2026, à l’occasion du 30e Congrès préhistorique de France organisé à Clermont-Ferrand.

Issus des départements de l’Allier, du Cantal, de la Loire, de la Haute-Loire et du Puy-de-Dôme, les objets présentés dans l’exposition datent de la Préhistoire dans son acception la plus large, c’est à dire du Paléolithique ancien (-700 000 à -300 000) au 1er âge du Fer (- 800 à – 450). Ces objets étaient habituellement conservés dans différents musées nationaux et internationaux.
L’exposition met en lumière la richesse archéologique de l’Auvergne et l’importance de ces pièces, qui constituent de précieux témoignages pour comprendre l’histoire des premières sociétés humaines

L’Auvergne figure parmi les régions-clés pour identifier les plus anciens indices d’occupations humaines en France.
La découverte de sites stratifiés, datables grâce aux dépôts volcaniques, a mobilisé des générations de spécialistes, notamment en Haute-Loire. Si plusieurs sites ont pu être fouillés et relativement bien datés, peu d’entre eux ont fourni des outils en pierre indiscutables et des vestiges de faune clairement associés.
Parcours de visite
Le paléolithique
Les plus anciennes occupations humaines et les premiers artisans du Paléolithique
En l’état des connaissances, le site de Soleilhac (Haute-Loire) est celui qui offre les meilleures garanties d’authenticité. Il a livré des outils en quartz, basalte et silex qui témoignent d’une occupation humaine il y a environ 550000 ans, ce qui en fait le plus ancien gisement préhistorique connu du Massif central.

3. Biface et dents de rhinocéros – Grotte de Sainte-Anne 1, Polignac (Haute-Loire)
La chasse
Au cours du Paléolithique moyen (-300000 à -40000), l’Homme de Néandertal perfectionne son armement, sous la forme de pointes en pierre dont la production s’effectue suivant différentes méthodes de taille. La culture châtelperronienne (-43000 à -37500), qui marque en Europe de l’Ouest la transition entre le Paléolithique moyen et récent, se distingue du Moustérien qui précède par un débitage raffiné de lames en silex, supports d’outils à dos, ainsi que par la fabrication d’instruments en os. Avec l’arrivée d’Homo Sapiens (entre -55000 et -42 000), la panoplie des armes de chasse s’enrichit une nouvelle fois: des éléments de petites dimensions (microlithes), le plus souvent confectionnés à partir de lamelles retouchées et parfois utilisées en série, viennent désormais armer les projectiles pour renforcer leur efficacité.

Paléolithique récent (Châtelperronien) Silex

Paléolithique récent (Magdalénien) Bois de cervidé

Paléolithique récent (Magdalénien) -Schiste
Photo Kroko pour Hominides.com
Objets symboliques et artistiques
Les premiers bijoux connus à ce jour – des coquillages perforés, datés de plus de 140000 ans – ont été retrouvés en Afrique du Nord. Ils témoignent d’un besoin très ancien des humains – en l’occurrence ici, des Homo Sapiens – de transformer leur corps et d’embellir leur image. Pour autant, la parure reflète une variété de fonctions et de préoccupations : esthétique, cérémonielle, sociale, protectrice ou idéologique.Hommes, femmes et enfants portent sur eux les marques de leurs identités, collective et individuelle. Dès la période de transition entre le Paléolithique moyen et le Paléolithique récent, la parure semble se généraliser et se diversifie très vite. Véritable « langage sans paroles », elle déploie une très grande créativité artistique, à travers une variété de formes (pendeloques, colliers, bracelets, vêtements ornés et coiffes) et de matières (coquillages, dents animales, os, bois de cervidés, roches et ivoire de mammouth).

Polignac
Gravure figure schématique féminine
Photo Kroko pour Hominides.com

Gravure de cheval
Neschers
Magdalenien
Photo Kroko pour Hominides.com


Abri Durif, Enval Vic-le-Comte
Paléolithique récent (Magdalénien)
Photo Kroko pour Hominides.com

Abri Durif, Enval Vic-le-Comte
Relevé
Photo Kroko pour Hominides.com
Le néolithique

Néolithique Fibrolite
Photo Kroko pour Hominides.com
Les haches polies : des outils du quotidien aux objets : d’exception
La hache polie est l’objet emblématique du Néolithique aussi appelé « âge de la pierre polie » par opposition au Paléolithique qui est l’« âge de la pierre taillée ». Les haches polies, par la diversité de leurs formes, de leurs matières premières et de leurs statuts, constituent un élément déterminant dans l’analyse des sociétés néolithiques.
Outils du quotidien, biens de prestige à valeur symbolique et sociale, déposées dans les tombes ou sous la forme de dépôts isolés, entières ou volontairement brisées dans des gestes rituels, les haches ont circulé sur des distances parfois très importantes. En Auvergne, on en retrouve réalisées à partir de matières premières provenant de toute la France: cinérites du Rouergue, éclogites, jadéites et serpentinites des Alpes, silex du Bergeraquois ou du Grand-Pressigny… La région est, en outre, dans une situation particulièrement remarquable puisqu’il s’agit d’un carrefour possédant des matériaux locaux multiples : fibrolites de la basse vallée de l’Alagnon, grès, basaltes, amphibolites, éclogites…
Objets symboliques et artistiques
L’art, très présent dans les sociétés néolithiques, se développe sur différents supports: bijoux, poteries, statues… Les décors mêlent des motifs esthétiques et une symbolique forte, qui transcendent souvent les limites des groupes culturels et se retrouvent parfois sur de vastes territoires.
Rares sont les objets qui peuvent être interprétés comme ayant une vocation purement symbolique ou rituelle; les représentations sculptées humaines qu’elles soient mégalithiques ou figurées sur des statuettes en font partie. L’Auvergne a ainsi livré quelques-unes des plus remarquables de ces représentations féminines. C’est le cas de la stèle mégalithique du Douleix (Veyre-Monton) et des statuettes des sites de Pontcharaud (Clermont-Ferrand) et d’Aulnat.

Néolithique moyen. Noter l’empreinte de textile sur le tronc pour figurer le vétement. Probablement un dépôt votif.
Photo Kroko pour Hominides.com

Os et dents (sanglier, bovidé, chien)
Photo Kroko pour Hominides.com
La néolithisation de l’Auvergne
S’ils peuvent paraître modestes à première vue, les obiets du quotidien des populations néolithiques (vaisselle en céramique, outils en silex…) sont pourtant les marqueurs les plus pertinents de l’évolution des sociétés préhistoriques, de leurs progrès techniques et de leur organisation sociale. Ils permettent, par exemple, d’appréhender comment ces sociétés se sont développées à partir d’influences méditerranéennes et danubiennes, pour ensuite s’affirmer comme des entités culturelles a part entière
Grâce à l’étude des objets (la céramique notamment), on sait aujourd’hui que les premiers pavsans néolithiques arrivent en Auvergne depuis la Méditerranée, par la vallée du Rhône, à partir du 6e millénaire avant notre ère. Ils colonisent les territoires occupes par les chasseurs-cueilleurs du Mésolithiale Installant progressivement une économie de productior fondée sur l’agriculture et l’élevage. Le contact avec les derniers chasseurs-cueilleurs se manifeste par la découverte d’outils lithiques tels que l’armature tranchante de type « flèche de Montclus » découverte sur le site de Pevre à Lacanelle Barrèc (Cantall))

Néolithique – Silex – Photo Kroko pour Hominides.com

Néolithique ancien – Terre culte – Photo Kroko pour Hominides.com
Les âges des métaux
L’apparition des premières armes métalliques en Auvergne
L’âge du Bronze marque l’apparition des premières armes en alliage cuivreux, dont la fonction ostentatoire était peut-être plus importante encore que leur rôle fonctionnel. Objets de prestige réservés aux élites, les épées et poignards ouvragés sont de véritables chefs-d’œuvre de la métallurgie du bronze et leur couleur initialement proche de l’or devait renforcer leur valeur.
Au cours du Bronze ancien (-2200 à -1 600), les poignards en alliage cuivreux supplantent les productions en silex ou en cuivre héritées du Néolithique. Le plateau de Corent (Puy-de-Dôme) a livré trois exemplaires de poignards dits «rhodaniens », à poignée massive. Ces objets remarquables sont généralement découverts en contexte funéraire, et illustrent les connexions culturelles de l’Auvergne avec la vallée du Rhône au cours de la seconde phase du Bronze ancien.

2 – Épées – Aliès, Menet (Cantal) – Bronze final – Alliage cuivreux
Photo Kroko pour Hominides.com
Des objets pour l’au-delà
Objets du quotidien ou d’apparat, denrées alimentaires ou végétaux d’ornement, les humains ont de tout temps déposé du mobilier dans les tombes de leurs défunts. Destinés à guider les âmes vers le monde des morts ou à démontrer la puissance du défunt, les objets ont une place primordiale dans le rite funéraire et répondent à des pratiques culturelles codifiées. Ainsi, durant la Protohistoire (période qui regroupe les âges du Bronze et du Fer), la présence d’objets, de parures, ou d’armements peut traduire le statut privilégié du défunt. Le site du Petit Beaulieu (Clermont-Ferrand), qui regroupe un habitat et une nécropole datés du Bronze ancien (-2 200 à -1600), a livré au sein des tombes quelques objets, dont certains peu communs : parures en coquillage ou en céramique, poignards, épingles et alènes (poinçons) en bronze. L’une des tombes du site de Champ-Chalatras (Martres-d’Artière, Puy-de-Dôme), datée du début du Bronze final (-1 300 à – 1150), renfermait, quant à elle, un collier de 130 perles d’ambre et deux perles tubulaires en or.

Lair
Premier Age du Fer
Photo Kroko pour Hominides.com

Mons, Saint Georges
Ambre, verre et or
Photo Kroko pour Hominides.com
La céramique, reflet des diversités culturelles
Au cours de la Protohistoire, les sociétés ont produit quantité d’objets à partir de différents matériaux, qu’il s’agisse de métal ou de terre cuite. Motifs esthétiques et symboliques s’y mêlent. On les retrouve dans l’ensemble de l’Europe durant l’âge du Bronze (-2200 à -800) et l’âge du Fer (-800 à -52), témoignant d’une certaine homogénéité culturelle sur un vaste territoire s’étendant des Balkans à la façade atlantique et de l’Italie à la Scandinavie.
Les objets à vocation essentiellement cultuelle ou symbolique sont difficiles à caractériser pour l’âge du Bronze. Toutefois, certaines productions ne semblent présenter aucune réelle utilité fonctionnelle, comme les statuettes zoomorphes du Brézet (Clermont-Ferrand) et des Pradeaux (Pérignat-sur-Allier, Puy-de-Dôme). S’agit-il de jouets, d’objets fantaisistes, ou bien de productions à caractère symbolique? Autre objet énigmatique, le « masque » découvert au sein du site du Bronze final de Gerzat (Puy-de-Dôme). Quant au chenet exhumé au Brézet, richement décoré, sa fonction exacte nous échappe là encore. Hormis le « masque » qui est un unicum en Europe occidentale, les autres productions se rencontrent ponctuellement sur d’autres sites européens, laissant penser que ces objets répondent à des traits culturels bien précis.

Bronze final
Photo Kroko pour Hominides.com

Bronze final Terre cuite
Photo Kroko pour Hominides.com
Les dépôts métalliques : un phénomène à la croisée des pratiques économiques, culturelles et symboliques
L’âge du Bronze, et plus spécifiquement la fin de la période (-1300 à -800), marque un tournant dans la production de biens métalliques. Une profusion d’objets témoigne d’un développement remarquable des échanges et de l’affirmation des élites via le contrôle de ces biens à forte valeur marchande.
Des accumulations d’objets en bronze, en or et autres matériaux précieux (ambre, verre…) sont retrouvés sous forme de dépôts, dont la fonction est incertaine: dépôts votifs?
Réserves de matériaux précieux? Signe de richesse évident, le dépôt reflète également l’opulence, et sa pratique peut paraître surprenante: abandonner autant de métal interroge, surtout au cours d’une période où les ressources ne sont pas toujours facilement accessibles et exploitables.

Textes issus de l’exposition
Exposition « L’exposition Trésors de la Préhistoire en Auvergne » en pratique
du 13 mai au 20 septembre 2026
Adresse
Musée d’art Roger-Quilliot (MARQ) Clermont Auvergne MétropolePlace Louis-Deteix
Quartier Historique de Montferrand
63000 Clermont-Ferrand
Horaires
Du 13/05 au 20/09/2026 le mardi, mercredi, jeudi et vendredi de 10h à 18h. Les week-ends de 10h à 13h et de 14h à 18h. Fermé le lundi.
Tarif :
Plein tarif : 5 €, Tarif réduit : 3 €.



Sous la direction de Jean-Jacques Hublin


Bertrand Roussel

















Un livre de Jean-Jacques Hublin – Collège de France – Catalogues

Livre jeunesse















