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Qafzeh 25 : blessure au visage, cicatrisation et sépulture…
L’étude du crâne et du squelette de Qafzeh 25 apporte de nouveaux éclairages sur le mode des vie (et de mort) des Homo sapiens il y a au moins 92000 ans en Israël.

La grotte de Qafzeh , située dans l’actuel Israël, a été découverte en 1930 sous la direction de fouilles par René Neuville. Le gisement a rapidement delivré de nombreux fossiles humains : il a été dénombré 14 individus six adultes et huit enfants. Cet ensemble d’hominines daté de 92 000 ans est l’un des plus importants pour tenter de reconstituer les premiers pas d’ Homo sapiens hors de l’Afrique.
L’étude publiée dans Scientific Reports apporte un éclairage nouveau sur ces questions grâce à l’analyse de Qafzeh 25, un fossile humain provenant de la grotte de Qafzeh (Israël) et daté entre 92 000 et 145 000 ans.
Une nouvelle étude du crane Qafzeh 25
Un nouvel examen du crâne connu référencé Qafzeh 25 a permis de préciser son histoire. Les chercheurs du Centre national de recherche sur l’évolution humaine (CENIEH) et de l’Université de Tel Aviv ont découvert une entaille linéaire sur la mâchoire et une prémolaire inférieure. Ils ont interprété cette blessure comme le résultat d’un impact avec un objet pointu, une découverte qui figure parmi les rares preuves de traumatisme par arme blanche dans tout le Paléolithique moyen.
En effet la violence, les soins aux personnes blessées ou malades et les pratiques funéraires figurent parmi les aspects les plus difficiles à reconstituer de l’évolution humaine.

Une blessure qui avait commencé à cicatriser…
Pour cette étude, l’équipe a examiné le fossile par analyses macroscopiques et microscopiques à l’aide d’une microtomographie à rayons X à haute résolution (micro-TDM). Les chercheurs ont identifié une entaille affectant la mandibule et une prémolaire inférieure. Sa morphologie est compatible avec un traumatisme par objet tranchant. Des signes de remodelage osseux indiquent que la lésion avait commencé à cicatriser, suggérant que l’individu a survécu un certain temps après l’accident. Cette cicatrisation implique également une aide par les individus autour du blessé : protections, soins, alimentation…
Blessure accidentelle ou violence ?
Bien que la cause précise de la blessure ne puisse être établie, les chercheurs suggèrent que, même si une origine accidentelle ne peut être exclue, elle résulte très probablement de violences interpersonnelles. Quelle qu’en soit l’origine, cette découverte enrichit les connaissances, encore très limitées, sur les traumatismes par arme blanche recensés au Paléolithique moyen.
L’étude a également mis en évidence des affections dentaires jusqu’alors inconnues, apportant un éclairage nouveau sur la santé bucco-dentaire de l’individu. Parmi les découvertes figurent une carie cachée sur une prémolaire inférieure, détectée par microtomographie, ainsi que des défauts de l’émail. Ces résultats enrichissent notre compréhension de la biologie et des conditions de vie de certaines des plus anciennes populations d’Homo sapiens connues hors d’Afrique.
Probablement une pratique funéraire
Les recherches comprennent également une réévaluation taphonomique détaillée du squelette, permettant à l’équipe de reconstituer les processus ayant affecté la dépouille après le décès. Les résultats excluent les dommages causés par des carnivores ou une exposition prolongée du corps et montrent que la conservation anatomique du squelette est compatible avec un ensevelissement intentionnel. Ceci renforce l’importance de la grotte de Qafzeh comme l’un des sites archéologiques clés pour l’étude des premières pratiques funéraires d’ Homo sapiens .
L’ensemble des éléments mis en évidence – une blessure ouverte en phase de cicatrisation, de multiples pathologies dentaires et une sépulture volontaire – offre l’un des portraits les plus complets à ce jour de la vie – et de la mort – des populations humaines qui habitaient le Levant il y a plus de 90 000 ans. « Ces résultats apportent de nouveaux éléments au débat actuel sur les origines de comportements complexes tels que la violence interpersonnelle, les soins aux personnes blessées ou malades et les pratiques funéraires – des aspects fondamentaux pour comprendre l’évolution sociale et culturelle de notre espèce », déclare Ana Pantoja Pérez, première auteure de l’étude et membre du groupe de recherche DEATHREVOL
Sources
A taphonomic reassessment of Qafzeh 25 and its implications for violence, health and funerary practices
Pantoja-Pérez, A., Martín-Francés, L., May, H., Hershkovitz, I. et Sala, N. (2026).
https://www.nature.com/articles/s41598-026-58670-0
New clues to health, violence and funerary behaviour in early ‘Homo sapiens’
https://www.cenieh.es/en/press/news/new-clues-health-violence-and-funerary-behaviour-early-homo-sapiens
90,000-year-old Homo sapiens jaw wound points to possible violence in early human groups
https://archaeologymag.com/2026/07/homo-sapiens-fossil-healed-sharp-force-injuries
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